Que Fernando Alonso (né le 29 juillet 1981 à Oviedo). gagne deux des trois premiers GP de la saison de F1 n'a rien d'anormal. Ferrari a pris le départ de ces courses avec un bolide délabré et il fallait bien que quelqu'un gagne, en attendant des temps meilleurs pour Michael Schumacher. Renault s'était évidemment préparée avec enthousiasme et professionnalisme à cette campagne.
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Que Fernando Alonso (né le 29 juillet 1981 à Oviedo). gagne deux des trois premiers GP de la saison de F1 n'a rien d'anormal. Ferrari a pris le départ de ces courses avec un bolide délabré et il fallait bien que quelqu'un gagne, en attendant des temps meilleurs pour Michael Schumacher. Renault s'était évidemment préparée avec enthousiasme et professionnalisme à cette campagne. Dans sa courte carrière, Alonso n'a pas encore connu de revers. Il a même connu le succès très tôt. En remportant le GP de Hongrie en 2003, il a battu un record qui tenait depuis 44 ans : celui du plus jeune vainqueur de GP. En Hongrie, il avait 22 ans, un mois et 25 jours. En 1959, le Britannique Bruce McLaren avait gagné le GP d'Amérique à 22 ans, quatre mois et 13 jours. Depuis le GP de Malaisie 2003, Alonso est aussi le plus jeune pilote à avoir pris le départ en pole position... En F1, le nombre de points est rarement en rapport avec le score d'un pilote à l'échelle de la sympathie mais Fernando Alonso constitue une exception. Toujours d'excellente humeur, l'Espagnol écoute poliment ceux qui l'interpellent et fait visiblement de son mieux pour fournir des réponses sensées. Il ne plane pas, même si la presse ibérique semble disposer d'un stock inépuisable de superlatifs sur son phénomène national. Fernando est gentil et discipliné, il ne supporte pas l'arrogance et dans la vie de tous les jours roule en Renault Clio. Quand a-t-il remarqué qu'il avait assez de talent pour aspirer à une place en F1 ? Réponse : " Jamais. Je ne me suis pas laissé aveugler une seule seconde par l'espoir de pouvoir émerger en F1 ". A-t-il la mentalité requise ? " Ma période en karting m'a permis de l'acquérir ", rétorque Alonso. " J'y ai appris tous les aspects du métier. Parfois, tous les éléments se goupillaient à la perfection et je gagnais. D'autres fois, j'ai été poursuivi par la poisse et je n'ai obtenu aucun résultat alors que j'étais resté le même pilote, avec les mêmes atouts ". Le réalisme d'Alonso est stupéfiant. Dans la famille Alonso, tout tourne autour des ambitions automobiles du fils depuis ses... trois ans. Son père, un coureur amateur, n'a pu attendre que son gamin ait atteint une taille suffisante. Il lui a fait aménager un mini kart spécial en munissant les semelles de Fernando de talonnettes pour qu'il puisse toucher les pédales. Le talent du jeune Fernando a sauté aux yeux. Il a été champion d'Espagne de karting Juniors de 1993 à 1996 sans interruption. L'Espagne était déjà trop petite pour lui et il a déménagé en Italie, où il a été sacré champion du monde Junior en 1996. Deux ans plus tard, il a pu tâter de l'élite et dès 1999, à 18 ans, il a gagné le championnat d'Europe en Formule Nissan. Il s'est ensuite tourné vers la F 3000. Là, il s'est emparé de la quatrième place au classement général 2000. Renault lui a offert un contrat. Bien que pilote Renault-Benetton, il a effectué ses débuts en F1 en 2001 chez Minardi où il n'a pas engrangé le moindre point. En 2002, il devient pilote d'essai chez Renault. Une année que l'Espagnol assure qu'il ne regrettera jamais : " Je suis devenu un meilleur pilote. Durant ces douze mois, j'ai assimilé tout ce qui me faisait encore défaut ". Ensuite, sa percée a été foudroyante. Il a rapporté deux points à Renault dès sa première course en 2003, en Australie. En Malaisie, lors du deuxième GP de la saison, après avoir conquis sa première pole position, il est monté sur la troisième marche du podium. A ses yeux, sa deuxième place au GP d'Espagne en 2003 constitue la charnière de sa carrière. " A Barcelone, je me produis devant mon public. Tous les yeux sont tournés vers moi. Dès la première course, j'ai senti ce que les gens attendaient de moi. Avoir terminé deuxième dans ces conditions m'a convaincu que mes résultats précédents ne relevaient pas du hasard ". Dimanche, le circuit s'est fixé rendez-vous à Barcelone. Fernando Alonso n'est plus un débutant. Il a terminé sixième lors de sa première saison en F1. L'année dernière, il a atteint la quatrième place. Dimanche, il prendra le départ en tant que leader du championnat du monde. Peter Hess" A 3 ans, il conduisait son kart avec des talonnettes POUR ATTEINDRE LES PéDALES "