Son départ était inattendu. Cinq jours après son titre mondial, en 2016, Nico Rosberg a annoncé qu'il mettait un terme à sa carrière. Il en avait assez, après 206 courses, 23 victoires, 30 pole-positions et 57 podiums. Le pilote allemand était fatigué du stress permanent, de sa rivalité avec son coéquipier Lewis Hamilton, il voulait mener une autre vie.
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Son départ était inattendu. Cinq jours après son titre mondial, en 2016, Nico Rosberg a annoncé qu'il mettait un terme à sa carrière. Il en avait assez, après 206 courses, 23 victoires, 30 pole-positions et 57 podiums. Le pilote allemand était fatigué du stress permanent, de sa rivalité avec son coéquipier Lewis Hamilton, il voulait mener une autre vie. Il l'a trouvée. Depuis le début de cette saison, Nico Rosberg, âgé de 32 ans, est consultant de RTL+, qui retransmet en direct tous les GP, en plus d'un programme d'encadrement. L'Allemand apprécie beaucoup ce job. Il aime parler de son sport, il sait ce qui passe par la tête des pilotes et ce qu'ils ressentent en se livrant des duels à 300 km/h. Rosberg ne regrette pas d'avoir quitté l'arène. " J'ai pris la bonne décision au bon moment ", dit-il. C'étaient des adieux en beauté : vous aviez enfin battu Lewis Hamilton, ce que beaucoup pensaient impossible. NICO ROSBERG : Pour battre les meilleurs, il faut connaître leurs faiblesses. J'avais analysé Lewis à fond. Il ne me restait qu'à exploiter ses failles et à ne pas commettre d'erreurs durant ces moments. On remarque assez vite quand Hamilton n'est pas à 100 %. À la manière dont il se rend au circuit quelques jours avant la course, par exemple. Il peut être de très mauvaise humeur. Il a la bougeotte. Alors qu'entre deux courses, j'étais toujours avec ma famille, lui changeait constamment d'endroit. Il en a apparemment besoin, c'est inhérent à son style de vie. Quel est le meilleur pilote de F1 actuellement ? ROSBERG : Hamilton est un talent naturel. Il est le plus rapide. Mais Sebastian Vettel joue dans la même division. Et Fernando Alonso aussi. Il n'est peut-être plus aussi rapide qu'avant mais je le trouve impressionnant dans sa voiture moins compétitive, la McLaren. Il est très fort mentalement. Or, ce qui se passe dans la tête, est très important en Formule 1 ? ROSBERG : Pas seulement en Formule 1, dans d'autres disciplines sportives aussi. Il faut aussi exercer son cerveau. Quand j'ai été sacré champion du monde, je parvenais à me mettre dans la tête d'Hamilton. Il trouvait que ses victoires allaient de soi. Il fallait briser cette assurance. Comme le fait maintenant Sebastian Vettel. ROSBERG : Vettel est extrêmement concentré sur son sport. Il se prépare très bien à chaque course et il engloutit littéralement les informations. Il est donc très régulier. Il est très fort mentalement, ce qui est aussi son point faible : on l'a vu l'année dernière à Bakou. Quand il a heurté Hamilton qui freinait au moment où la safety-car arrivait sur le circuit. Dans ce genre de situation, Vettel tente de faire accuser les autres. Mais je peux comprendre ses réactions car les pilotes de F1 sont des égoïstes. Michael Schumacher l'était aussi. De ce point de vue, Sebastian lui ressemble. D'un côté, il a la volonté de retirer le maximum de sa carrière mais de l'autre, il risque de se laisser entraîner par ses émotions et de les laisser prendre le pas sur la raison, au moment où il prend des décisions. Avez-vous lutté autrement avec Hamilton qu'avec Vettel ? ROSBERG : Je n'ai pas livré beaucoup de duels à Vettel. C'était plutôt avec Hamilton et Max Verstappen. Je trouve que Lewis a beaucoup progressé dans les duels. Il est plus prudent. Ça ne doit pas être facile pour quelqu'un comme lui. Nos duels ont été rudes. Nous avions le même matériel et la même ambition. Aucun de nous deux ne voulait céder un centimètre à l'autre. Hamilton a la vie un peu plus facile avec Valtteri Bottas. Pourquoi y a-t-il une telle différence entre les deux pilotes ? ROSBERG : Il ne faut pas sous-estimer l'importance du passage de Williams à Mercedes. Bottas est un grand talent et il l'a souvent prouvé. Il est d'ailleurs significatif que Mercedes n'ait pas de numéro un fixe. Ne serait-ce que parce qu'on ne sait jamais dans quel état Hamilton va émerger de l'hiver. C'est différent chez Ferrari. Les Italiens jouent la carte de Vettel. Il doit devenir champion du monde et Kimi Räikkönen doit l'y aider. Les rapports sont très clairs. Vous êtes déjà remonté dans une voiture de F1 depuis votre retraite ? ROSBERG : Non. Même si ça me plairait, du moins pour quelques tours. Je pense que je serais encore rapide sur un tour. Ça ne s'oublie pas. Mais toute une course, ça n'irait plus : pour ça, je devrais m'entraîner. Il faut rendre sa rapidité au cerveau, renforcer et stabiliser ses muscles. Mais je n'ai plus la moindre ambition en ce sens. Je suis heureux d'avoir abandonné la F1 sans grave blessure. Je suis encore plus conscient de cette chance depuis que j'ai pris mes distances. Le sacre mondial était ma mission et je suis fier de ce que j'ai accompli. Et vous ne devez plus surveiller votre poids. ROSBERG : J'ai pris deux kilos. C'est un combat que je devrai toujours mener. Je fais du sport pour contrôler mon poids. Pour le moment, je me cherche un nouveau défi. Peut-être vais-je me remettre au tennis. J'avais un assez bon niveau pendant ma jeunesse : j'ai même été repris dans une sélection régionale. Ce serait un retour aux sources.