"Dans les années 80 et 90, la police éprouvait maintes difficultés à canaliser ce problème ", explique Patrick Crabbe, responsable de la cellule des spotters d'Anderlecht, " On ne pouvait pas arrêter ces hooligans car il n'y avait pas vraiment de poursuites judiciaires. Puis est arrivé une nouvelle loi en 1998 qui fut une réelle aubaine. On pouvait poursuivre les hooligans et pour la première fois, on a senti qu'on pouvait avoir un contrôle sur les supporters à risques. Cette loi a eu une incidence sur le nombre de bagarres dans le stade. Celles-ci ont chuté et se sont déplacées à l'extérieur du stade. Mais, une nouvelle loi fut votée en 2003 : la loi football était élargie à un périmètre de cinq kilomètres autour du stade. Et cela a abouti à une diminution des faits de hooliganisme ".
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"Dans les années 80 et 90, la police éprouvait maintes difficultés à canaliser ce problème ", explique Patrick Crabbe, responsable de la cellule des spotters d'Anderlecht, " On ne pouvait pas arrêter ces hooligans car il n'y avait pas vraiment de poursuites judiciaires. Puis est arrivé une nouvelle loi en 1998 qui fut une réelle aubaine. On pouvait poursuivre les hooligans et pour la première fois, on a senti qu'on pouvait avoir un contrôle sur les supporters à risques. Cette loi a eu une incidence sur le nombre de bagarres dans le stade. Celles-ci ont chuté et se sont déplacées à l'extérieur du stade. Mais, une nouvelle loi fut votée en 2003 : la loi football était élargie à un périmètre de cinq kilomètres autour du stade. Et cela a abouti à une diminution des faits de hooliganisme ". Les émeutes récentes d'Anderlecht relèvent du hooliganisme si on se réfère à leur origine (match-aller après la finale de Coupe de Belgique et retour une semaine plus tard, devant le stade Constant Vanden Stock) et aux hooligans d'Anderlecht dans un camp contre une bande d'allochtones. Mais la police d'Anderlecht se braque. " Je refuse d'évoquer cela. C'est beaucoup plus complexe ", explique Crabbe. Patrick Crabbe : Non, mais il faut remettre cela dans son contexte. Des bandes d'allochtones attendaient les supporters à la sortie de la finale. Et des bagarres ont éclaté. Pendant la semaine, la tension n'a fait que monter entre les riverains de la place de Linde et les allochtones. Devant l'afflux de ces derniers, les riverains ont fait appel à des renforts rameutés par les cafés avoisinants. On a pu lire tout et son contraire dans la presse mais on ne peut pas schématiser en disant que d'un côté, il y avait des hooligans et de l'autre des allochtones. Un supporter aime se trouver près du stade. Il n'aime pas s'en éloigner. Les lois votées en 1998 et 2003 ont rendu la situation plus contrôlable mais il y a encore des incidents. Le hooliganisme n'est pas éradiqué. Il est toujours là. C'est un phénomène latent. Les derniers événements dans le stade remontent au début de saison lors d'Anderlecht-Fenerbahce, au tour préliminaire de la Ligue des Champions. Lorsque Anderlecht fut mené au score, les gens se sont laissés aller. Là, on a senti que la situation nous échappait. On n'arrivait plus à contrôler cette horde de supporters et ce sont nos collègues en uniforme qui ont dû intervenir. Pourtant, avec les caméras, ces hooligans savent qu'ils vont être repérés et condamnés dans les six mois. Avec une amende administrative à la clé. Après des événements comme ceux-là, on sait qu'on va avoir une période plus calme. Car on a touché à leur portefeuille, via l'amende. Celle-ci a parfois un pouvoir de persuasion plus fort que l'interdiction de stade. Quand un supporter à risques est privé de stade pendant six mois, il surmonte assez facilement. Par contre, quand il s'agit d'un récidiviste et que l'interdiction de stade est systématiquement doublée, là, il le vit mal. Un spotter reste un policier. Notre rôle n'est pas de nous infiltrer dans un groupe mais d'établir un contact avec ce groupe. On veut les contrôler, rester près d'eux. On veut casser l'anonymat. Par exemple, comme on commence à bien les connaître, on les appelle par leur prénom. De la sorte, ils savent qu'on les connaît. Au fur et à mesure, une relation de confiance est nouée mais, j'insiste, on doit toujours rester un policier. On travaille en civil et on essaie de les calmer. Comme les interdits de stade vont dans les cafés environnants, on contrôle également ces établissements. On maintient le contact pendant la semaine. Avec le RSCA, avec les clubs de supporters, avec les tenanciers des cafés dans lesquels ces supporters se rendent. Pas à Anderlecht. Il n'y a pas vraiment de notion politique qui intervient ici, comme cela peut être le cas au Germinal Beerschot et à Bruges où les supporters sont plus radicaux. Ou encore au Standard où le phénomène ultra, et de gauche, est plus ancré. A Anderlecht, il y a un véritable mélange entre francophones et néerlandophones, entre Belges et étrangers. Parce que la loi football ne porte que sur notre territoire. Mais nous voulons que les interdits de stade restent en Belgique lors des déplacements européens. Ce qui n'est pas le cas pour le moment. Attention, il ne faut pas tout mettre dans le même sac. Lorsque les supporters anderlechtois se déplacent à l'étranger, ils le font en nombre (4.000 à 5.000 personnes) et en car. C'est une fête et comme toute fête, elle génère une grande consommation d'alcool. A l'arrivée, tout le monde se lâche, éructe et crie. Cela véhicule une image négative mais, dans cette masse-là, le pourcentage de supporters à risques est minime. Les vrais hooligans se déplacent en voiture et ne boivent pas d'alcool. Eux partent pour obtenir un contact avec l'un ou l'autre noyau dur adverse. Non. La police suit internet et les supporters à risques le savent. S'ils l'utilisent, ils sont grillés. Par contre, le GSM est fort présent. C'est un outil pour fixer des rendez-vous entre bandes adverses. Non. On trouve toujours de tout. Cela va de l'ouvrier au... journaliste. La seule évolution vient de l'entraînement : on a affaire de plus en plus à des gens entraînés physiquement, des gens qui fréquentent assidûment les salles de fitness. Non. Ces pays ne disposent pas de la loi football. Vous savez, quand dans les huit jours, un huissier sonne à la porte pour récupérer l'argent de l'amende, ça calme. par stephane vande velde