La remise du Soulier d'Or est parfois propice à une bouffée de nostalgie. La nostalgie de l'époque où cet événement se déroulait dans le cadre fermé d'un restaurant bruxellois, journalistes et arbitres réunis autour d'une table. On ouvrait les enveloppes, on lisait à haute voix les suffrages et on téléphonait ensuite au lauréat, pendant que la compagnie savourait un délicieux dîner arrosé des meilleurs crus. Pendant le banquet, le lauréat s'empressait de rejoindre la capitale.
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La remise du Soulier d'Or est parfois propice à une bouffée de nostalgie. La nostalgie de l'époque où cet événement se déroulait dans le cadre fermé d'un restaurant bruxellois, journalistes et arbitres réunis autour d'une table. On ouvrait les enveloppes, on lisait à haute voix les suffrages et on téléphonait ensuite au lauréat, pendant que la compagnie savourait un délicieux dîner arrosé des meilleurs crus. Pendant le banquet, le lauréat s'empressait de rejoindre la capitale. On a rédigé des histoires fantastiques sur les vainqueurs de ce referendum. Par exemple sur Jean Janssens, l'extérieur gauche de Beveren, lauréat en 1979, une année où un docker était donc élu meilleur footballeur de Belgique. Quand il devait disputer un match en déplacement en semaine, Janssens se rendait directement de son travail à l'hôtel où l'équipe dînait. Avant un déplacement à Beringen, il était arrivé sale et pas rasé dans un établissement d'Herentals, il avait rapidement écouté la tactique, puis marqué trois buts dans un match enlevé 1-5 par les Waeslandiens. Jean Janssens était heureux comme un gosse d'avoir remporté le Soulier d'Or. Tous les vainqueurs n'ont pas fait état de la même joie. Par exemple, en 2010, le Standard a boycotté l'événement, officiellement parce qu' Axel Witsel avait été dépeint sur le site du quotidien organisateur, Het Laatste Nieuws, comme une des figures les plus détestables de 2009, suite à son horrible agression sur Marcin Wasilewski. Il figurait sur la même liste que Kim De Gelder, le tueur de la crèche de Termonde. Un fait très malheureux. Milan Jovanovic avait gagné. Un hélicoptère était prêt à emmener le Serbe de Liège au casino d'Ostende mais, obéissant à l'ordre de son club, le gagnant s'en était tenu à une conférence de presse le lendemain. À laquelle il était arrivé avec trois quarts d'heure de retard. Cette fois, les convenances seront respectées. Hans Vanaken, le principal favori à sa propre succession, ne manque pas de correction. Le médian continue à marquer le jeu brugeois de son sceau. Il n'est pas le plus explosif des footballeurs, mais il pense et agit vite. Il aurait été intéressant de savoir si Vanaken, qui n'est pas vraiment un leader-né, aurait pu s'imposer dans le rude climat de l'Ajax, qui s'était intéressé à lui en été. Bien que Vanaken, par sa technique et son physique, semble mieux convenir à la Bundesliga. Il y a un an et demi, il a éveillé le bref intérêt du Borussia Dortmund. Un deuxième Soulier d'Or le placerait sur la carte internationale. Le Club Bruges souhaite évidemment conserver le Limbourgeois, maintenant qu'il creuse un fossé de plus en plus profond entre lui et ses concurrents. Et qu'il s'arme en prévision de l'avenir. Le triste feuilleton du stade semble enfin approcher de son dénouement. L'arène va être érigée sur le site du Jan Breydel. On a dévoilé les premiers plans de ce projet il y a exactement treize ans. C'est tout simplement scandaleux, mais c'est inhérent à un pays où une sorte de sur-démocratisation permet à n'importe qui de tout bloquer. De son côté, Ostende risque de tomber en mains américaines. C'est la suite de la reprise de nos clubs par des investisseurs étrangers. Si le deal est conclu, treize de nos 24 clubs professionnels seront sous tutelle étrangère. La débâcle financière du KVO semble plus conséquente que le club ne veut bien le dire et il cherche fiévreusement une bouée de sauvetage. Pendant ce temps, une lutte interne pour le pouvoir s'y déroulerait. Depuis longtemps, en football, des personnes s'estiment plus importantes que leur club. Celui qui dirige un club a du mal à se passer des feux de la rampe. Même dans les temps les plus sombres.