Onze formations du WorldTour, parmi lesquelles Lotto-Soudal et Etixx-Quick-Step, ont fièrement annoncé leur regroupement au sein de Velon, une joint-venture qui espère générer des rentrées supplémentaires grâce à des innovations technologiques : caméras sur les vélos, appli qui permet de suivre la position de son coureur préféré, les conversations avec les directeurs d'équipes et données des coureurs (wattage, vitesse) en temps réel.
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Onze formations du WorldTour, parmi lesquelles Lotto-Soudal et Etixx-Quick-Step, ont fièrement annoncé leur regroupement au sein de Velon, une joint-venture qui espère générer des rentrées supplémentaires grâce à des innovations technologiques : caméras sur les vélos, appli qui permet de suivre la position de son coureur préféré, les conversations avec les directeurs d'équipes et données des coureurs (wattage, vitesse) en temps réel. Wim Lagae, spécialiste en marketing de la KUL, n'est pas très enthousiaste. " Se tourner vers les plates-formes digitales est positif. Il aurait même fallu s'y prendre plus tôt. D'autre part, ce n'est qu'un phénomène marginal. On ne s'attaque pas aux vrais problèmes : le dopage, qui continue à opérer des ravages - regardez Astana - et le manque de suspense. Presque toutes les étapes plates se déroulent selon le même scénario : une échappée précoce, le contrôle du peloton et un sprint massif. Même des classiques comme Liège-Bastogne-Liège ne se jouent que dans l'ultime ascension. Les heures qui précèdent sont ennuyeuses et placer des caméras sur les vélos n'y changera rien. Il faut rendre le produit plus attractif avec des courses plus courtes et des équipes moins nombreuses, pour que les courses soient moins contrôlées. Il faut équilibrer le calendrier pour réunir plus de ténors. Ce n'est qu'ainsi qu'on séduira les jeunes de notre temps, qui veulent du spectacle. Ce n'est pas un hasard si le BMX a été la discipline cycliste la plus suivie aux derniers Jeux olympiques. Le cyclisme sur route perd son intérêt. En l'espace de cinq ans, l'audimat du Tour a chuté de 20 %. Le Mondial sur route est également nettement moins suivi. Les Belges sont tellement férus de cyclisme qu'ils se font des illusions sur sa popularité. Même un monument comme le Tour des Flandres n'attire que cinq à sept millions de téléspectateurs dans le monde. Une étape du Tour est suivie par huit à dix millions de personnes. C'est nettement moins que les chiffres fournis par les organisateurs et les équipes. En plus, le public amateur de cyclisme est relativement âgé. Il s'intéresse donc moins aux réseaux sociaux et aux techniques digitales, sans parler de payer pour les utiliser. Velon ne va donc pas générer beaucoup d'argent avec ses applis et ses technologies. Le mode de paiement est d'ailleurs très vague. Ce sera difficile à réaliser sans le soutien d'un grand groupe de presse. J'espère donc que Sky va investir dans ce projet. Encore faut-il qu'ASO accepte mais il est conservateur et il profite de son monopole pour freiner les développements. Quel intérêt ont ces caméras au Tour Down Under ou au Tour de Suisse si elles ne sont pas présentes sur le Tour de France ? Enfin, quelle crédibilité a Velon avec seulement 11 des 17 équipes du WorldTour ? Les équipes françaises n'en font pas partie, pas plus que Movistar, Astana ni Katusha, qui sont les écuries aux plus gros budgets, avec Sky et Etixx-Quick-Step ? C'est un peu comme si Anderlecht et le Club Bruges ne faisaient pas partie de la Pro League... L'initiative est louable, donc, mais elle ne va certainement pas booster la popularité du cyclisme ", conclut Lagae. PAR JONAS CRÉTEUR" Quelle crédibilité a Velon avec 11 des 17 équipes du WorldTour ? "