Le nouveau staff du Standard a été présenté, il y a maintenant deux semaines. Avec Frans Masson, Claudy Dardenne et Guy Namurois. Et dans le rôle de l'adjoint, Stéphane Demol, 39 ans, qui revient dans un club qu'il a déjà connu en tant que joueur (1991-1993). C'est l'heure du staff building. Pour nous recevoir, Demol abrège le dîner qu'il partageait avec le tout le staff. " Sauter le dessert et le café, cela ne peut pas me faire de mal ", dit-il en touchant un ventre qui a pris quelques rondeurs depuis la fin de sa carrière.
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Le nouveau staff du Standard a été présenté, il y a maintenant deux semaines. Avec Frans Masson, Claudy Dardenne et Guy Namurois. Et dans le rôle de l'adjoint, Stéphane Demol, 39 ans, qui revient dans un club qu'il a déjà connu en tant que joueur (1991-1993). C'est l'heure du staff building. Pour nous recevoir, Demol abrège le dîner qu'il partageait avec le tout le staff. " Sauter le dessert et le café, cela ne peut pas me faire de mal ", dit-il en touchant un ventre qui a pris quelques rondeurs depuis la fin de sa carrière. Après avoir déjà porté la vareuse rouge et blanche sous les ordres d'Arie Haan alors qu'il était encore joueur, le citoyen de Beersel a donc retrouvé la Meuse. Et ce, grâce aux amitiés qu'il entretient avec Luciano et Dominique D'Onofrio ainsi qu'avec Michel Preud'homme. " J'étais libre et les dirigeants me connaissent bien depuis longtemps. J'allais signer en Grèce comme entraîneur principal dans un club de D1 mais l'affaire ne s'est pas réglée. Je connais Luciano depuis mon séjour à Porto puisqu'il était le manager du club. Cela fait donc 20 ans que je le côtoie. Tout comme Michel Preud'homme avec qui j'ai évolué en équipe nationale. Comment je m'entends avec lui ? Bien sinon je ne serais pas là... Et puis, ce n'est que plus tard que j'ai fait la connaissance de Dominique D'Onofrio. Nous étions dans la même année aux cours du Heysel. Nous devions effectuer de nombreux exercices à trois. Je me retrouvais alors avec Dominique D'Onofrio et Michel Preud'homme. Ils me connaissent bien et ils ont estimé qu'ils avaient besoin de quelqu'un comme moi. Ils ont confiance et ils m'offrent de ce fait une opportunité que je ne pouvais pas refuser. Je gardais de bons souvenirs du Standard même si j'étais parti en mauvais termes avec la direction de l'époque. Je n'avais pas voulu resigner. Or, André Cruz restait et le club voulait absolument conserver sa charnière centrale. Mais moi, je ne désirais pas rester. L'arrêt Bosman n'était pas encore tombé et les dirigeants étaient encore tout puissants. Ils avaient bloqué mon transfert à Fenerbahçe et à Dundee United. Moi, je voulais absolument repartir à l'étranger. J'étais certes revenu en Belgique après un premier séjour productif à l'étranger mais cela ne se passait pas trop bien sur le plan extrasportif. C'est un choix de vie que j'effectuais. Néanmoins, les deux mauvais derniers mois à Liège n'effacent pas les deux bonnes années que j'y ai passées ". Si Demol possède déjà une certaine expérience dans le métier d'entraîneur, c'est la première fois qu'il officiera comme entraîneur adjoint. S'il s'agit d'un recul pour certains, lui préfère le voir comme une nouvelle expérience. " Je n'ai que 39 ans. Je suis encore jeune. J'ai eu la chance de débuter comme T1 et de vivre de bons moments pendant cinq ans. Je me trouvais à un tournant professionnel. J'avais deux options : soit être entraîneur principal dans un club plus modeste et tenter de gravir les échelons pas à pas, soit devenir entraîneur adjoint dans un grand club. Y passer quelques années et devenir meilleur dans mon approche du métier. Et j'ai finalement opté pour cette deuxième option. Je veux redevenir T1 un jour mais pas directement ". Le retour de Dominique D'Onofrio, flanqué de Stéphane Demol comme adjoint, aurait pu laisser les esprits imaginatifs penser que D'Onofrio préparait sa propre relève en amenant Demol à ses côtés. Une sorte de passation de pouvoirs en douceur. " Non, non. Je ne suis pas venu en successeur. Je suis adjoint. On m'a certes confié beaucoup de tâches mais les rôles sont très clairs. Je suis numéro 2 et Dominique est numéro 1. Cependant, c'est vrai que j'ai obtenu davantage de responsabilités qu'un autre adjoint, ça oui. Je dois soulager Dominique D'Onofrio dans son travail journalier. Je m'occuperai d'une grande partie des entraînements et de tout le travail concernant les relations dans les vestiaires. Mais c'est toujours Dominique qui aura le dernier mot. Il donne le thème de la journée, je prépare certains trucs et ensuite on en discute et il me laisse carte blanche ou il corrige le tir. Guy Namurois a élaboré un plan général pour la préparation mais Dominique et moi pouvons intervenir car on sait ce qu'on peut demander aux joueurs en matière de charge de travail grâce à notre diplôme UEFA ". Est-ce Dominique D'Onofrio qui a demandé qu'on lui enlève un poids trop pesant ? " C'est surtout la direction qui a voulu décharger l'entraîneur. Une meilleure répartition des tâches pour en définitive avoir un meilleur résultat en bout de course ". Demol précise également que son travail n'entrera pas en concurrence avec celui de Frans Masson. " Il prend la responsabilité du scouting. Pour le moment, il travaille tous les jours avec nous car on veut d'abord qu'il sache comment fonctionne le Standard pour qu'il puisse connaître les besoins de l'équipe. Et si l'entraînement s'effectue en trois groupes, Frans Masson prendra un de ces groupes en charge ". Pas trop difficile à comprendre, tout cela, pour les joueurs ? " Pierre François leur a expliqué le premier jour les attributions de chaque personne du staff, et lors du stage, Dominique D'Onofrio dévoilera aux joueurs ce qu'on attend d'eux ". En signant au Standard, l'ancien Anderlechtois déménage dans son sixième club comme entraîneur. Difficile de dire si sa carrière penche du côté de la réussite ou de l'échec. " A Turnhout, j'ai vécu une très belle expérience. Le vendredi où on nous a annoncé que le club n'avait pas la licence, nous étions en tête du tour final. Nous avions un pied en D1. Et puis le club a connu la faillite. A Geel, le club était descendant et je l'ai sauvé. Ou plutôt, on s'est sauvé. Puis, à Malines, j'ai connu six premiers mois enthousiasmants. C'est le seul club du nord du pays qui dispose de supporters chauds comme dans le sud. J'étais bien en place et les gens étaient satisfaits de mon travail mais j'ai choisi d'arrêter car on ne me proposait plus le même défi que celui de départ. A Denderleeuw, alors que René Desaeyere était parti à l'Antwerp juste avant la reprise, ils recherchaient quelqu'un et ils m'ont contacté. Je me suis laissé tenter car on m'avait promis une équipe capable de disputer le tour final. Finalement, ils ont usé trois entraîneurs et ils sont descendus en D3. Enfin, après tout cela, j'ai pris le chemin de la Grèce. J'ai été limogé alors que l'on était quatrièmes, après avoir réussi à qualifier l'équipe pour les poules de la Coupe UEFA. J'avais eu des mots avec le président car il voulait s'occuper de la composition de l'équipe. Je n'ai pas voulu continuer comme cela. Un matin, je n'ai pas suivi ses recommandations et j'ai été renvoyé ". Depuis son retour d'Egaleo, Demol attendait un nouveau défi. " Je n'ai envoyé ma candidature que dans un seul club : Mons. Car il avait un projet susceptible de m'intéresser. J'ai été reçu par Jean-Paul Colonval et Alain Lommers mais ils ont choisi une autre personne ". Et ce n'est pas la première fois qu'il se sentait attiré par les clubs hennuyers puisqu'il y a un peu plus d'un an, il avait avoué son attirance pour Charleroi et La Louvière. " J'habite au sud de Bruxelles et ces clubs-là sont plus proches de chez moi. Et puis, j'aime les publics chauds car j'ai joué dans de nombreux clubs du sud ". Dans le microcosme du football belge, Demol fait figure de mercenaire. Il a évolué en Italie (Bologne en 1988-1989), au Portugal (Porto en 1989-1990 et Braga en 1994-1995), en France (Toulouse en 1990-1991, Toulon en 1997-1998), en Grèce (Panionios en 1995-1996, et entraîneur à Egaleo en 2004) et en Suisse (Lugano en 1996-1997). Mais pourquoi tant de voyages ? " Ce n'était pas une fuite. Je suis bien en Belgique mais je voulais découvrir autre chose. Et puis, il s'agissait d'une façon de gagner plus d'argent. Maintenant, les clubs belges peuvent payer de bons contrats aux joueurs belges, mais il y a 15 ans, ce n'était pas le cas ". De découverte en découverte, Demol a pris goût aux pays méditerranéens. " J'ai bien aimé le Sud et rien ne dit qu'après ma carrière d'entraîneur, je ne retournerai pas m'y établir. Je me suis bien plu partout... sauf en Grèce. Je n'aime pas les Grecs. Je ne sais pas si maintenant, je vais rester en Belgique dix ans. Je suis tellement fixé sur ma tâche au Standard que je ne pense pas à l'avenir. Je ne vois que cette saison ". Si l'ancien défenseur des Diables Rouges ne fait pas le plein de sollicitations, il le doit sans conteste à un caractère qui a gommé la langue de bois de son vocabulaire. " J'ai vraiment été charmé par ce que les dirigeants du Standard m'ont dit : ûOn te connaît bien. On t'a choisi car on t'aime avec ton franc-parler et on ne veut surtout pas que tu changes. Beaucoup de gens me connaissent mal, alors ils hésitent à m'engager et à me faire confiance à cause de cela. Si Malines n'avait pas fait faillite, je serais peut-être resté trois ans là-bas et j'aurais pu contribuer à changer mon image. Mais après tout, cela n'est pas ma première pensée. Si à la fin de mon année à Sclessin, on est content de mon travail, cela constituera la meilleure publicité possible. Et alors, les autres personnes ouvriront les yeux ". Comme entraîneur, Demol traîne également une image de sévérité. " Je souhaite donner une telle image. Cela me vient de mon expérience de joueur. J'ai retiré beaucoup de tous les entraîneurs que j'ai côtoyés et j'ai remarqué que je gardais un bon souvenir et un profond respect de ceux qui étaient les plus sévères : Arthur Jorge, Arie Haan, Emerich Jenei (qui est devenu ministre en Roumanie). Toutes des fortes personnalités. Avec certains autres coaches, je peux tout jeter. Enfin, pas tout car ils m'ont montré ce qu'il ne fallait surtout pas faire... Finalement, mêmes des plus mauvais, j'ai appris quelque chose ". " Quand je suis parti du Standard, je n'ai pas mené la vie qu'il fallait pour rester au plus haut niveau. J'aurais dû faire plus d'efforts ", consent-il honnêtement. " Bon vivant ? Un certain moment, j'ai eu cette étiquette et peut-être qu'elle s'avérait exacte à l'époque. Mais les années folles sont révolues. J'ai maintenant trois enfants et je suis devenu plus vieux. Attention, être bon vivant, ce n'est pas toujours négatif ". Et lui qui connaît les pièges, il tentera de les faire éviter à ses ouailles. " De 15 à 25 ans, j'ai mis tout en £uvre pour réussir dans mon sport. Je n'ai pas ménagé mes efforts et j'ai eu l'occasion de jouer au plus haut niveau. J'ai même été retenu à trois reprises dans des sélections mondiales. Et quand je n'ai plus fait cet effort, je n'ai plus été à niveau. C'est le discours que je tiendrais à un joueur que je vois commettre certains excès. Je suis désormais au stade où je dois apprendre certaines choses aux autres et malheureusement, je peux leur citer mon exemple. Faire la fête de temps en temps : il y a des moments oui, il y a des moments non ". Et ce n'est donc pas le moment de faire la java au Standard. " On a décidé de faire un trait sur la saison passée. On nous a demandé de ne plus en parler. Le groupe est conscient qu'il a travaillé beaucoup l'année dernière. Mais parfois, beaucoup, ce n'est pas assez ". Stéphane Demol, c'est 38 sélections nationales, deux Coupes du Monde, 119 matches en D1 belge et plus de 90 matches de D1 à l'étranger. " Tout le monde me parle du Mexique mais ce n'est pas nécessairement mon meilleur souvenir. Je n'ai pas de meilleur moment, seulement des moments très forts : mes débuts en D1 sous le maillot d'Anderlecht, mon but lors du test-match contre Bruges avec le Sporting, mon titre de champion avec Porto. Et puis, il faut dire que mes débuts ont été effectués dans une grande équipe d'Anderlecht. A l'époque, j'ai été lancé aux côtés de Morten Olsen, Luka Pe- ruzovic, Frank Arnsen, Frankie Vercauteren, Hugo Broos. Il suffit de voir ce qu'ils sont devenus. Tomber dans une équipe avec tous ces anciens, cela a permis aux jeunes comme Enzo Scifo ou moi d'apprendre en six mois ce qu'un garçon comme Vincent Kompany mettra peut-être dix ans à assimiler car il n'a pas la chance d'être aussi bien entouré que nous à l'époque ". n Stéphane Vande Velde" JE NE SUIS PAS VENU EN SUCCESSEUR. Je suis adjoint "