Comment se sent Roger Vanden Stock ? Presque toutes les fondations sur lesquelles Anderlecht a été bâti ces dernières années ont été sapées, comme si aucun élément du passé n'avait de valeur. Il était évidemment nécessaire de moderniser et d'épousseter le club. À terme, son ancrage familial n'était pas une bonne chose. Mais on a rarement vu un club changer de style de manière aussi grotesque.
...

Comment se sent Roger Vanden Stock ? Presque toutes les fondations sur lesquelles Anderlecht a été bâti ces dernières années ont été sapées, comme si aucun élément du passé n'avait de valeur. Il était évidemment nécessaire de moderniser et d'épousseter le club. À terme, son ancrage familial n'était pas une bonne chose. Mais on a rarement vu un club changer de style de manière aussi grotesque. Et comment se sent Hein Vanhaezebrouck si, seul chez lui, il opère le bilan d'une année presque complète à Anderlecht ? Il est bizarre que cet entraîneur sans conteste compétent ne parvienne pas à faire passer son message auprès de ses joueurs alors qu'à Courtrai, tout le monde lui mangeait dans la main, comme à Gand, où il a acquis le statut de monument, après avoir coulé l'équipe dans le moule qu'il avait en tête. Certes, Vanhaezebrouck a parfois lassé en déclarant une fois de plus qu'il avait raison mais les succès balayaient ce sentiment. Jusqu'à ce que le système cale et que les joueurs ne fassent plus bloc derrière lui. Son départ était alors inévitable. Hein Vanhaezebrouck donne l'impression de ne jamais chercher en lui les motifs de ses échecs. Il traîne cette image depuis longtemps, de même que le sentiment qu'il irrite certains joueurs. Les entraîneurs qui dénient toute faute se meuvent sur le fil du rasoir au sein de leur noyau. Les footballeurs, qui ne sont déjà pas des champions ès autocritique, sont vite touchés dans leur ego. Les entraîneurs font de la corde raide entre fermeté et diplomatie. Vanhaezebrouck ne peut évidemment pas avoir perdu les qualités affichées à Gand, celles d'un entraîneur dont la tactique piégeait souvent ses adversaires, qui disposait des pions en parfait stratège et surtout avait un message clair. Mais c'est nettement plus difficile à Anderlecht. Après le douloureux dérapage de la semaine dernière au modeste Spartak Trnava, Vanhaezebrouck a subitement repris Ryota Morioka, qu'il avait classé. C'est un indice d'incertitude. Tout le monde devrait aussi se regarder dans le miroir. Combien de fois n'a-t-on pas entendu cette réflexion à Anderlecht ? De même que les joueurs sous-estiment leur adversaire ou affichent trop peu d'engagement. C'est ancré dans l'âme du club et ça ne change pas, que le président ait pour nom Roger Vanden Stock ou Marc Coucke, que ce soit Herman Van Holsbeeck qui s'occupe des transferts ou Luc Devroe. Mais surtout, que ce soit Hein Vanhaezebrouck ou un autre qui entraîne et quels que soient les joueurs enrôlés, le Sporting dégage une forme de dédain. C'est un mal impossible à soigner. Dimanche, Anderlecht a entamé son choc contre le Standard avec des bleus à l'âme. Sa victoire 2-1 a repoussé la crise à l'arrière-plan. On a de nouveau tenu des propos fiers, en oubliant les longs concerts de sifflets. Il en va ainsi en football : le résultat le plus récent détermine l'ambiance. Comment va le Standard ? Ricardo Sa Pinto aurait certainement été cloué au pilori vu son bilan actuel mais dans le cas de Michel Preud'homme, on se demande si ses joueurs valent pareil entraîneur. C'est une question de palmarès et de perception. Yves Vanderhaeghe y est confronté. L'issue la plus aisée pour un club en difficulté est de renvoyer son entraîneur alors que, parfois, les dirigeants devraient se donner la carte rouge. Peut-être peuvent-ils expliquer quelle est leur vision de l'avenir ?