" La réussite de Gand s'explique en partie par l'excellence du travail de sa cellule scouting. Erwin Vandendaele (65 ans) en fait partie et, avec ses collègues, il parcourt le monde entier. Les Buffalos dénichent du talent partout, que ce soit dans les Balkans, l'Amérique centrale ou en Thaïlande. Leur taux de réussite est exceptionnel et le Club Bruges a essayé de transférer ces experts qui rapportent beaucoup d'argent. Après quelques saisons, les pépites sont vendues à prix ...

" La réussite de Gand s'explique en partie par l'excellence du travail de sa cellule scouting. Erwin Vandendaele (65 ans) en fait partie et, avec ses collègues, il parcourt le monde entier. Les Buffalos dénichent du talent partout, que ce soit dans les Balkans, l'Amérique centrale ou en Thaïlande. Leur taux de réussite est exceptionnel et le Club Bruges a essayé de transférer ces experts qui rapportent beaucoup d'argent. Après quelques saisons, les pépites sont vendues à prix d'or. C'est une des raisons de la réussite financière et sportive des Gantois. A mon avis, les analyses d'Erwin doivent faire la différence. VDD était un joueur de grande classe, élégant, technique, propre, intelligent. Quand on a son pedigree, on ne s'intéresse pas à des bourrins qui feraient tache en D1. Son regard est forcément attiré par des gars comme Bryan Ruiz, YassineEl Ghanassy ou Pelé Mboyo. C'est son football. Erwin, pour moi, c'est le Comte de Flandre. Issu du Racing Gavere, il a éclaté au Club Bruges (1964-1974) où il débuta comme attaquant avant de reculer dans le jeu et de devenir milieu de terrain et surtout arrière central haut de gamme. C'est lui qui prit la succession du monument suédois Kurt Axelsson. En 1974, ses relations ont subitement tourné au vinaigre avec Ernst Happel. Il avait déjà gagné le Soulier d'Or (1971) et un titre (1973) et j'ai été étonné par sa dispute avec le coach autrichien. Erwin avait eu des mots avec Henk Houwaart et Happel s'énerva après une arrivée tardive à l'entraînement. Erwin avait une excuse valable : il avait dû se rendre à l'hôpital pour essayer des semelles orthopédiques. L'entraîneur ne mesura pas ses mots et le qualifia de footballeur de merde. Entre eux, c'était fini pour toujours. Happel était un génie mais sur ce coup-là il se fourra le doigt dans l'£il. Constant Vanden Stock était au courant de la brouille et il transféra Erwin en 1974. Ce gentleman trouva directement ses marques chez nous. Au Mexique, en 1970, les Brugeois ne s'étaient pas sentis à l'aise en équipe nationale. Il y eu une exception : Vandendaele, qui avait l'avantage de s'exprimer aussi bien en français qu'en néerlandais. A Anderlecht, il a étalé sa classe de 1974 à 1977. Ce seigneur eut la malchance de se blesser avant la finale de la Coupe des Coupes contre West Ham en 1974 (4-2). VDD perdit la suivante contre Hambourg (2-0). Avec le recul, je considère toujours qu'Erwin (qui évolua ensuite durant deux ans à Reims avant de terminer sa carrière à Gand en 1980) est un des plus grands arrières centraux de l'histoire du foot belge. " PIERRE BILIC