Loin d'être assez avancé dans son football pour se rendre au stade Arc-en-ciel avec la possibilité de contester la possession de balle du Essevee, le Club d'Ivan Leko débarque à Waregem avec un plan sans ballon. Une défense à cinq, et deux attaquants épaulés par Hans Vanaken, capable d'épancher la soif de profondeur d'Emmanuel Dennis et de Jelle Vossen face à une défense locale adepte de la prise de risques.
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Loin d'être assez avancé dans son football pour se rendre au stade Arc-en-ciel avec la possibilité de contester la possession de balle du Essevee, le Club d'Ivan Leko débarque à Waregem avec un plan sans ballon. Une défense à cinq, et deux attaquants épaulés par Hans Vanaken, capable d'épancher la soif de profondeur d'Emmanuel Dennis et de Jelle Vossen face à une défense locale adepte de la prise de risques. Les hommes de Francky Dury ne jouent pas avec un rétroviseur. L'épine dorsale de son onze a changé, mais les principes restent les mêmes. Brian Hamalainen et Davy De fauw jouent à hauteur de leur attaquant de pointe, et leur position permet à Onur Kaya de créer des triangles, à gauche comme à droite, avec ses latéraux épaulés par Peter Olayinka ou Nill De Pauw. Et si la triple présence sur un flanc ne suffit pas à libérer une position de centre, c'est un des milieux défensifs qui s'en mêle. La formule idéale de Zulte Waregem reste cependant celle qui place trois hommes sur le côté et cinq autres dans le rectangle, laissant les seuls Timothy Derijck et Michaël Heylen protéger l'équipe d'un contre. En face, le plan brugeois s'articule autour de Vanaken. Leko lui a ménagé une place, dans un milieu de terrain en triangle, dont l'hyperactif Marvelous Nakamba occupe la pointe basse. L'ancien de Daknam est installé côté gauche, et devient rapidement le meilleur ami d'Ethan Horvath, privé de solution courte à la relance par le pressing impressionnant du trio offensif du Essevee sur ses trois arrières centraux. Le gardien américain envoie tous les ballons sur la tête de Vanaken, dont les duels gagnés finissent inévitablement par un hors-jeu ou une perte de balle de Dennis, toujours virevoltant mais rarement réfléchi. Les victoires aériennes de Vanaken permettent toutefois à Bruges d'éviter la succession de centres dans une surface bondée qu'aime tant installer Dury. Le numéro 20 permet au Club de respirer, même quand le ballon est au sol, par ses qualités pour conserver et bien distribuer le ballon. À la 22e minute, il vient jouer une relance courte avec ses défenseurs, porte le ballon de l'autre côté de la ligne médiane en effaçant le pressing local, puis le dépose dans la course d'Anthony Limbombé, qui offre l'ouverture du score à Dennis. Après le but de Vossen, Bruges recule pour offrir de l'espace à Dennis, qui multiplie les positions hors-jeu et empêche les siens de tuer le match. Leko envoie la vitesse d'Abdoulaye Diaby, puis Wesley sur le terrain pour écrire la fin de l'histoire, mais Liam Bostyn confisque le stylo des pieds du Brésilien, envoyé en face-à-face par Nakamba. Entre-temps, Zulte Waregem a eu le temps de réduire l'écart, profitant des problèmes de coulissement défensif de Bruges entre sa ligne de trois et sa ligne de quatre : Timmy Simons est trop loin de Brandon Mechele, effacé par Olayinka et Hamalainen, et Aaron Leya Iseka en profite pour ponctuer une prestation agitée. " Pour le moment, nous jouons pour le résultat ", concède Ivan Leko après le match. Le Croate attend sans doute des recrues pour y ajouter la manière. En attendant, ses hommes ont déposé 6 tirs cadrés au bout de leurs 44 % de possession. Ceux de Dury ont été plus actifs (10 tirs), mais moins précis (3 frappes cadrées). Le plan de Francky a séduit, celui d'Ivan a gagné. Guillaume Gautier