Werner Deraeve (responsable du scouting à Anderlecht)
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Werner Deraeve (responsable du scouting à Anderlecht)" Nous n'avons en réalité pas découvert Dieumerci Mbokani, il nous a plutôt été proposé. En 2006, nous avions un scout à la Coupe d'Afrique des Nations parce qu'on nous avait renseigné le Congolais Trésor Mputu. Nous voulions l'inviter à passer un test au Sporting et le président du club, Moïse Katumbi, nous a appelé : - Prenez ce joueur aussi en test : il n'a pas joué à la CAN parce qu'il était blessé mais il est encore meilleur. Ce joueur, c'était Mbokani. Les deux joueurs ont été testés pendant un mois ici, avant de retourner au Congo. C'est alors que les problèmes ont commencé. Mbokani jouait à Mazembe, à Lubumbashi mais son club d'origine était à Kinshasa. Et le président de ce club l'avait déjà plus ou moins vendu à Strasbourg. J'ai directement pris l'avion et je l'ai en quelque sorte kidnappé. Cela se passait lors du fameux week-end des élections présidentielles mouvementées au Congo, ce qui n'a pas facilité les choses. Avec son père, je l'ai emmené avec moi à l'hôtel. Mbokani ne voulait pas aller à Strasbourg. Il avait bien signé un papier, mais il ignorait précisément quoi. Il avait peur qu'on porte atteinte à sa famille. Je lui ai alors dit : - Tu ne peux pas partir, tout va rentrer dans l'ordre. Le lundi à six heures du matin, Moïse m'appelait : - Ils vont venir le chercher. Vous avez une demi-heure pour venir à Lubumbashi. Nous nous occupons de trouver un avion. Nous avons réveillé Mbokani et avons roulé jusqu'à l'aéroport où un avion appartenant au frère du président Kabila nous attendait. Un énorme appareil, seulement pour nous. Nous avons logé deux jours chez Moïse Katumbi avant de rallier Bruxelles via Johannesburg. Anderlecht l'a acheté pour un an avec option. Comment expliquer son départ ? Mbokani ne rentrait pas vraiment dans le moule de joueurs appréciés par Frankie Vercauteren : il est un peu compliqué comme garçon. Chez Frankie, il faut être sage et silencieux, sinon on ne reçoit pas sa chance. Nous avons toujours insisté pour le garder mais le staff technique ne voulait plus de lui : ses retards à l'entraînement n'arrangeaient rien. Ce n'était pas un mauvais garçon mais bien quelqu'un de distrait. La direction a alors décidé que si on ne l'alignait pas, mieux valait le vendre. Il était tellement malheureux de ne pas jouer que son attitude était terriblement je m'en-foutiste. Il ne demandait qu'une chose : qu'on lui montre qu'on croyait en lui. Bien sûr, aujourd'hui, on le regrette. A la cellule de scouting, nous avons toujours cru en lui. Mbokani sait tout faire. Et nous n'étions pas vraiment très fournis en attaque. Que fallait-il de plus ?" Ariel Jacobs (entraîneur actuel d'Anderlecht)" Herman Van Holsbeck s'en veut toujours à l'heure actuelle de n'avoir pas passé outre les consignes de Frankie à l'époque. Après Standard-Liverpool, je lui ai dit : Herman, nous cherchons un attaquant et j'en ai vu courir un à la télé qui a toutes les qualités dont nous avons besoin. Comme personne extérieure à la situation de l'époque, ce n'est qu'un constat. Il est très costaud sur ses appuis, dégage de la force dans les duels, est fort de la tête, doué balle au pied, rapide, attiré par le but et prolifique. J'ai trouvé qu'il a évolué à un très haut niveau contre Liverpool. D'après ce que j'entends, il s'était rendu impossible à vivre pour le reste du groupe au Sporting. Il se fichait des règles de vie. Au Standard, ils ont semble-t-il connu les mêmes problèmes mais il est de notoriété publique que les Rouches sont moins regardants à ce niveau-là qu'à Anderlecht. Je pense que Mbokani aura très vite besoin d'un nouveau défi. J'ai senti cela chez Mémé Tchité aussi. Lorsqu'il quitta le Parc Astrid, il était plus que temps. " Frank Vercauteren (son ancien entraîneur à Anderlecht)" Si d'autres mettent la responsabilité sur Vercauteren, alors ils se voilent la face. Mais je ne suis pas là pour confronter des gens avec la réalité. Je ne veux et je ne peux pas parler de cela. "