" Quand je pense à Sclessin, une date me revient en tête : le 3 février 1971. Ce soir-là, le stade, debout comme un seul homme, a ovationné Paul Van Himst avant, pendant et après Belgique-Ecosse : 3-0 avec deux buts du Mauve soutenu par un Rouche de légende, Wilfried Van Moer. J'ai pris part à ce match du grand retour de Van Himst en équipe nationale. Il avait claqué la porte des Diables Rouges après la tension qui les divisa lors de la phase finale du Mundial 70 au Mexique. ...

" Quand je pense à Sclessin, une date me revient en tête : le 3 février 1971. Ce soir-là, le stade, debout comme un seul homme, a ovationné Paul Van Himst avant, pendant et après Belgique-Ecosse : 3-0 avec deux buts du Mauve soutenu par un Rouche de légende, Wilfried Van Moer. J'ai pris part à ce match du grand retour de Van Himst en équipe nationale. Il avait claqué la porte des Diables Rouges après la tension qui les divisa lors de la phase finale du Mundial 70 au Mexique. Après Belgique-Ecosse, Van Himst a précisé dans un livre ( Monsieur football de Camille Fichefet, Vic Vermeir et CharlesBaete/Editions Arts et Voyages, 1971) : " Jamais, je n'ai connu un tel enthousiasme populaire. Des tribunes, des gradins, j'entendais jaillir des milliers de cris. Au début, je craignais que ce soient des sarcasmes... Mais non ! Il m'arrivait même de percevoir des Allez Popol ! Allez Popol ! Je remarquai vite que ces encouragements retentissaient chaque fois que j'avais le ballon, que je dribblais, que j'adressais une bonne passe.(...) En seconde mi-temps, c'est le stade tout entier qui scandait mon nom. Vous ne pouvez vous imaginer l'impression que cela m'a fait ! Etre ainsi acclamé par un public liégeois qui, au départ, est pro-Standard et... anti-Anderlecht, cela effaçait d'un seul coup tous les ennuis, tous les affronts, toutes les vexations dont j'avais été si longtemps victime ! Le public de Sclessin ne saura jamais tout ce qu'il a fait pour moi ce soir-là. Mais moi, je le sais. Et jamais je ne l'oublierai. Qu'il en soit mille fois remercié. " Paul venait de traverser des moments éprouvants. Au Mexique, tout avait capoté parce qu'Anderlechtois et Standardmen touchaient une prime de leur marque de chaussures pour chaque match, pas les Brugeois. Je suis intervenu, avec le soutien de Roger Petit, le patron des Rouches et nous avons trouvé une solution. Mais le ver était dans le fruit et un dirigeant en vue aurait alors même écrit dans un rapport que " la carrière internationale de Van Himst peut être considérée comme terminée ". Incroyable. Très déçu et en pétard avec Raymond Goethals, coach national, Paul a envoyé une lettre recommandée à l'Union Belge le 21 septembre 1970 : il quittait les Diables Rouges. Trois mois plus tard, un lundi de décembre, le Sportif '70 (ancêtre de Sport/Foot Magazine) invita Van Himst et Goethals sans leur dire que " l'autre " serait aussi présent ( voir photo) : la glace était rompue, Popol se remit au service des Diables Rouges dans une ambiance assainie et Sclessin fit le reste. C'est à rappeler après ce qui s'est passé lors du dernier Clasico. " PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE BILIC