La Coupe du Monde est toujours présente à l'horizon mais l'heure sera bientôt aux championnats nationaux. Nos clubs se préparent et les joueurs retrouvent le sacro-saint ballon qui, demain, deviendra leur ami ou leur ennemi, le moyen d'atteindre leurs buts ou le sujet de leurs malheurs. Les innovations découvertes en Asie auront-elles un impact sur les styles de jeu que nous découvrirons bientôt sur les pelouses belges?
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La Coupe du Monde est toujours présente à l'horizon mais l'heure sera bientôt aux championnats nationaux. Nos clubs se préparent et les joueurs retrouvent le sacro-saint ballon qui, demain, deviendra leur ami ou leur ennemi, le moyen d'atteindre leurs buts ou le sujet de leurs malheurs. Les innovations découvertes en Asie auront-elles un impact sur les styles de jeu que nous découvrirons bientôt sur les pelouses belges?JohanCruijff a beau s'égosiller en affirmant que le football n'a pas avancé d'un pas durant un mois en Asie, l'équité nous permet d'affirmer le contraire. Si nos publics pouvaient être aussi positifs que ceux d'Asie, ce serait déjà cela d'acquis. S'il n'y a pas eu de renouveau tactique, les petits formats jaunes (leur dynamisme fit merveille) ont prouvé que le football était fait pour tout le monde: utile à rappeler quand on met d'abord l'accent sur la taille (nécessaire) en oubliant parfois que de fameux artistes (encore plus nécessaires) n'étaient pas grands. Une équipe équilibrée est un creuset où les qualités de chacun s'unissent. Exercice difficile. Art sportif qui doit de plus en plus se doubler d'une énorme compétence budgétaire. Or, les nuages sont nombreux dans le ciel du foot belge. Les surfaces financières des clubs se sont réduites et les nécessités de la licence prouvent que le gâteau est petit. Johan Vermeersch est intéressé par la reprise du RWDM dans une nouvelle enveloppe à la dimension de la capitale. A l'ombre d'Anderlecht, il veut unir les autres clubs bruxellois tout en gardant les différentes écoles de jeunes sous leur appellation présente. Nous avions déjà souligné l'utilité de l'idée: le temps et l'économie nous en rappelleront souvent l'urgence. Pour la concrétiser, il faut une volonté politique. Elle devra aider le privé qui a peut-être atteint les limites de ses compétences. Les télés sont moins généreuses, la vente des joueurs ne rapporte plus autant d'argent, les bourses sont incertaines, etc. Le foot professionnel garde un capital impayable: sa popularité. Une étude a prouvé que le Standard jouit d'une énorme couverture médiatique dans la partie francophone du pays. Il n'y a pas beaucoup de moyens de communication plus performants. En tissant de plus en plus de fils vers les décideurs de sa région, ce club leur a doucement fait comprendre que sa légende pouvait leur être utile. Liège veut se situer sur l'échelle de l'Europe via une communauté urbaine qui partira de Herve à Flémalle. Le Standard en sera un des navires à condition d'être soutenu (comme pour la construction du stade) et la présence de l'ALE (Association Liégeoise d'Electricité) sur les maillots prouve que des choses bougent. Dans l'Europe en formation, les grandes intercommunales (électricité, eau, etc) ne jouiront bientôt plus d'aucun monopole et devront se définir face à la concurrence internationale . Le foot leur offre une belle tribune... L'ALE s'y manifeste, d'autres auront intérêt à le faire à Liège, Bruxelles, Namur, Charleroi, Mons ou La Louvière. Un dirigeant en vue nous a dit récemment: "Les intercommunales ont des coffres pleins à craquer. L'Europe va les obliger à sortir du bois. Le sport doit leur proposer des solutions qui arrangent tout le monde". Les intercommunales reprendront-elles un jour des clubsperformants? Pas impossible.Autrement dit, l'avenir des clubs passe peut-être par une plus grande affirmation des réalités régionales dans l'espace européen. Même si c'est dur partout, si La Louvière, Mouscron et Charleroi cherchent un second souffle dans le sud du pays , il y a de bonnes nouvelles. Tout ne se résume pas à des difficultés de trésorerie, aux malheurs du RWDM ou à un marché des transferts très calme et plus marqué par les mouvements d'entraîneurs que de joueurs. Ainsi, l'AEC Mons se démène, travaille, trouve des solutionsafin que son équipe tienne la route pour ses débuts en D1. Les Dragons donnent ainsi une image dynamique de leur terroir qui n'a pas souvent rigolé depuis belle lurette. Vincent Van Gogh s'était arrêté entre Mons et le Borinage, durant la deuxième moitié du 19e siècle. La pauvreté des gens le toucha et imprégna ses toiles. S'il pouvait revenir, il serait impressionné par la fierté des Montois: Van Gogh serait supporter de l'Albert. Tous les tableaux ne sont pas noirs. Pierre Bilic