Vous êtes au courant que la Belgique a un nouveau sélectionneur ?
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Vous êtes au courant que la Belgique a un nouveau sélectionneur ? Daniel Van Buyten : Il paraît... ( Il s'arrête). On parle du même ? Georges Leekens, hein ? Oui, oui. Je suis content même si j'étais persuadé qu'avec Advocaat, on allait faire une bonne campagne. Comment avez-vous vécu ce départ d'Advocaat ? Je ne me sens pas trahi. Il y a eu un premier travail de préparation bien fait et Leekens, en y ajoutant ses qualités, a la possibilité de continuer ce travail et de faire progresser ce groupe. Il a la capacité de mener cette équipe vers les grands rendez-vous. Il a la poigne, il sait tenir un groupe et il connait la maison. Et il sait qu'il entre en possession d'un groupe qui a de l'ambition. Beaucoup d'entraîneurs pensent que les Diables ont un plus grand potentiel que beaucoup d'autres formations présentes à la Coupe du Monde. Fallait-il choisir un entraîneur belge ? Cette décision incombe à l'Union belge... mais il y a aussi de très bons entraîneurs étrangers. N'est-ce pas une sorte de retour en arrière ? L'Union belge avait la possibilité de miser sur un grand nom et elle ne l'a pas fait. Le meilleur exemple était Louis van Gaal. Il aurait pu être entraîneur de la sélection belge et la Fédération n'a pas voulu. Etait-il vraiment intéressé ?Oui. Vraiment. Et je pense que financièrement, il était abordable. Il faut savoir ce qu'on veut. Si tu veux des résultats et un palmarès, tu investis car tu sais que tu vas récupérer et récolter en retour. Cela fait deux ans qu'on parle de génération dorée. Ne faut-il pas désormais conclure et faire des résultats ?Oui et on va travailler pour cela. On a de plus en plus de joueurs qui évoluent à l'étranger et on a une équipe qui a de la gueule mais il faut trouver l'équilibre sur le terrain. Pourquoi ne le trouvez-vous pas ?Il faut déjà qu'on trouve un bon système. Est-ce qu'il n'y a pas une question de mentalité ?Il y a aussi cela. La première chose qui m'a impressionné au Bayern, c'est la mentalité. J'ai compris pourquoi je n'avais pas gagné le titre dans mes autres clubs. Ici, on ne parle que de cela. Tout un club ne travaille que dans cette optique. On n'est pas satisfait avec une place sur un podium. Il y a une obligation de gagner des trophées. Et cette chose-là, on doit l'acquérir en Belgique. On a du potentiel mais on passe à côté de choses. On est en train de perdre des années. Et tactiquement, je le redis, il y a des progrès à faire. A ce niveau-là, entre le Bayern et l'équipe nationale, c'était le jour et la nuit. Mais je suis persuadé que Leekens a l'étoffe pour nous qualifier. Est-ce que finalement il n'y a pas un déséquilibre dans cette équipe où les bons joueurs évoluent au même poste (défenseur central et médian défensif) ?S'il faut, je peux jouer ailier ( Il rit). Plus sérieusement, je pense que de nombreux joueurs sont polyvalents. Certains grands joueurs ont fait une carrière internationale à un poste qui n'est pas le leur en club. Il suffit de prendre l'exemple de Ribéry. Comment avez-vous pris le choix du nouveau capitaine, Thomas Vermaelen ? Je ne vais pas le cacher, j'étais déçu. Je me suis toujours investi dans la sélection et beaucoup me disaient qu'il y avait de grandes chances pour que je sois le prochain capitaine. Je l'avais été à Marseille et à Hambourg. C'est une fierté de porter ton équipe. Finalement, Advocaat a opté pour Thomas pour une question linguistique puisqu'il ne parlait pas le français. Mais mon rôle dans le groupe restera toujours le même. Que je sois capitaine ou pas. Je continuerai à faire mon boulot. On a parlé aussi de lacunes dans les structures de l'Union belge ? Vous voulez vraiment que je lâche des trucs, hein ( Il rit) ? On est tous à la recherche de solutions pour faire progresser cette équipe. Vous croyez que la Belgique peut se qualifier pour le prochain Euro en terminant devant l'Allemagne ? Ici, ils rigolent. Ils me narguent en disant qu'ils hésitent à mettre les -21 ans contre la Belgique. Moi, je fais semblant de rien mais je vais motiver les troupes. Et on sera là !