Le peloton du Tour de France a laissé les Alpes dans les rétroviseurs mais songe déjà avec effroi à ce qui l'attend dans les Pyrénées. Chacun fait le point de ses ambitions, prépare un plan pour un succès d'étape, qui vaut son pesant d'or, songe au podium final, à Paris. Il y a peu encore, juillet était réservé aux forçats de la route. Le football ne reprenait ses droits qu'après la remise du dernier bouquet dans la Ville Lumière. Cette époque est révolue car il n'est pas encore question du Galibier que les footballeurs de D1 s'entraînent déjà ou se mesurent à des équipes de Bosnie-Herzégovine ou du Kazakhstan en Coupe Intertoto.
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Le peloton du Tour de France a laissé les Alpes dans les rétroviseurs mais songe déjà avec effroi à ce qui l'attend dans les Pyrénées. Chacun fait le point de ses ambitions, prépare un plan pour un succès d'étape, qui vaut son pesant d'or, songe au podium final, à Paris. Il y a peu encore, juillet était réservé aux forçats de la route. Le football ne reprenait ses droits qu'après la remise du dernier bouquet dans la Ville Lumière. Cette époque est révolue car il n'est pas encore question du Galibier que les footballeurs de D1 s'entraînent déjà ou se mesurent à des équipes de Bosnie-Herzégovine ou du Kazakhstan en Coupe Intertoto. A leur façon aussi, ce sont des galériens d'un sport désormais soumis à une grave crise financière. Les problèmes économiques de certaines équipes de D1 sont désormais plus difficiles à négocier que les virages de l'Alpe d'Huez. Jean-Claude Van Cauwenberghe a pu s'en rendre compte en prenant la tête du peloton des Zèbres. L'ardoise y est tellement élevée (15 millions d'euros si l'on tient compte des prêts, des garanties, du déficit chronique, etc.) que la défaillance, et l'abandon, auraient été à l'ordre du jour sans un solide coup de rein. L'échappée libyenne ne mène à rien, pour le moment, et les Carolos ont renoncé à rencontrer Nicolas Dewalque, Saadi Kadhafi ou les investisseurs de la Lafico à Rome. Ils ont préféré trouver des solutions chez eux afin que les Zèbres restent ancrés dans leur réalité régionale, sociale et économique. Van Cau avait promis de réunir des investisseurs du coin autour du maillot de l'équipe Charleroi Sport Partners : c'est fait, ils sont 38, tous bénévoles, et une intercommunale s'est retirée pour éviter une polémique politique. Cette société coopérative est prête à injecter 1.250.000 d'euros dans la S.A. Sporting du Pays de Charleroi et dispose de la même somme afin de louer les business seats pour une période de trois ans. En contrepartie, elle exige 51 % des parts de la société anonyme contrôlée totalement par Abbas Bayat, quatre des sept postes d'administrateurs, la nomination de Jean-Jacques Cloquet en tant qu'administrateur délégué, un budget de 4 millions d'euros pour le nouvel exercice. Vendredi passé, Abbas Bayat n'avait pas donné de réponse au maître du Pays Noir. Acceptera-t-il le plan Van Cau ? Ce dernier n'écartait pas l'idée d'assister à des reculades de Bayat jusqu'en novembre. Le Ministre-Président de la Région Wallonne lira dès lors avec attention l'entretien que Bayat nous a accordé : ce dernier ne s'accroche pas à sa place de numéro 1 des Zèbres. Il explique pourquoi, selon lui, les Zèbres ont piqué du nez : intéressant. Mais, sans le dire, il veut récupérer un maximum de sa mise : son avance d'un million d'euros et céder sa garantie en premier rang de 2,5 millions d'euros. Pour l'avance, le groupe Van Cau veut bien convenir d'un remboursement échelonné mais ne promet rien pour la garantie. A noter aussi, en ce qui concerne le solde des actions de la S.A., Charleroi Sport Partners a proposé un prix pour chacune des 49 actions restantes : une augmentation de capital de 12.500 euros. Il y a quelques semaines, Van Cau avait avancé le double. Mais comme un des investisseurs du groupe Van Cau le précisait :" Cette société est si endettée qu'elle ne vaut plus rien ". Via l'effort des investisseurs régionaux, les forces vives du Pays Noir ont décidé de rendre les Zèbres aux Carolos car le foot est important pour l'image de marque de la région. A Mons et à la Louvière, le même processus a été enclenché. Les grands sponsors nationaux et internationaux ne plantent pas leurs choux dans ces mini jardins-là. N'est-ce pas une chance à exploiter pour les sponsors régionaux qui peuvent prouver leur dynamisme face aux géants ? En 1989, la minuscule équipe ADR a gagné le Tour de France grâce à un exploit de Greg LeMond lors du contre-la-montre du dernier jour aux Champs-Élysées. par Pierre BilicL'échappée libyenne ne mène à rien, les Zèbres restent ancrés dans leur réalité régionale