Tomislav Ivic gardera à jamais de bons souvenirs du football belge. Il parle toujours avec respect de Constant Vanden Stock (Un grand monsieur) et de Mister Michel. Le technicien de Split relança Anderlecht vers les sommets au début des années '80. Son passage au Standard, à partir de 1998, fut de nature fort différente. Il y eut des hauts et des bas car Sclessin changea profondément de visage après la prise de contrôle du...

Tomislav Ivic gardera à jamais de bons souvenirs du football belge. Il parle toujours avec respect de Constant Vanden Stock (Un grand monsieur) et de Mister Michel. Le technicien de Split relança Anderlecht vers les sommets au début des années '80. Son passage au Standard, à partir de 1998, fut de nature fort différente. Il y eut des hauts et des bas car Sclessin changea profondément de visage après la prise de contrôle du club par Robert Louis-Dreyfus et Luciano D'Onofrio. Il ne veut retenir que les moments positifs. Il coula la nouvelle dalle du club, se multiplia afin que l'outil de travail soit modernisé, etc. Parmi ses moments forts en bord de Meuse, il dégage tout de suite un nom: Daniel Van Buyten. Découvert et lancé en D1 par Robert Waseige à Charleroi, Big Dan impressionna vite Tomislav Ivic qui insista afin de le faire venir au Standard. Ses progrès, sa percée à Marseille, l'intérêt de Manchester United, et d'autres, ne l'étonne pas. "J'ai toujours affirmé que Van Buyten serait tôt ou tard un des meilleurs arrières centraux de la planète. Présence, taille avec en prime une présence percutante dans le rectangle adverse. Défendre et marquer: il sait tout faire. Je n'en connais pas beaucoup comme lui. Au départ, c'était un avant-centre. A 16 ans au plus tard, on aurait dû cerner définitivement son potentiel, le faire travailler spécifiquement. Il aurait pu devenir un attaquant unique au monde. Plus tard, quand ses atouts furent enfin cernés, il a fallu chercher, compenser rapidement les manquements tactiques. Cela s'est fait au niveau de l'équipe Première de Charleroi et du Standard où les entraîneurs... entraînent, et ne sont pas des formateurs et des éducateurs. Et Van Buyten, modèle de travail et de sérieux, est devenu ce qu'il est. Mais du temps a été perdu qui ne se rattrape jamais. La formation est l'avenir du football dans des pays comme la Belgique et la Croatie. Les clubs de ces pays doivent former les jeunes qui, avant le grand saut, peuvent jouer à un niveau moins exigeant que le top européen. Manchester United n'a pas le temps de former de nombreux joueurs et dispose des moyens financiers indiqués afin d'acheter les joueurs qui l'intéressent. Le plus difficile, c'est prévoir à quoi ressemblera le football dans huit ans: c'est la durée de la formation".