" On ne trouve plus de grands arrières droits en Belgique et ça pose problème en équipe nationale. Ça me dépasse car on devrait se bousculer au portillon tant ce poste est intéressant : il permet d'être utile et de se mettre en évidence. A Anderlecht, c'est au back que je me suis fait une place au soleil. Au c£ur des années 60, les Mauves de Pierre Sinibaldi pratiquaient un jeu dont on parle encore tant il plaisait aux puristes. Je ne prétends pas qu'Anderlecht était un petit Barça avant l'heur...

" On ne trouve plus de grands arrières droits en Belgique et ça pose problème en équipe nationale. Ça me dépasse car on devrait se bousculer au portillon tant ce poste est intéressant : il permet d'être utile et de se mettre en évidence. A Anderlecht, c'est au back que je me suis fait une place au soleil. Au c£ur des années 60, les Mauves de Pierre Sinibaldi pratiquaient un jeu dont on parle encore tant il plaisait aux puristes. Je ne prétends pas qu'Anderlecht était un petit Barça avant l'heure mais il n'y avait jamais plus de 30 à 40 m qui séparaient la défense de l'attaque. Mon rôle, répété mille fois à l'entraînement, consistait à m'appuyer sur Pierre Hanon qui me lançait en profondeur. Je m'enfonçais jusqu'au point de corner avant d'adresser un bon centre. Mon successeur, Gilbert Van Binst, a continué sur cette lancée. En général, on ne retient que le côté ambianceur du Gille, ses frasques, ses sorties, sa voix cassée par les mêmes cigarettes que Serge Gainsbourg. On ignore, à cause de son caractère espiègle, qu'il a donné une autre dimension à sa fonction au sein de l'équipe. Ancien attaquant, Gille ne se contentait pas de déborder : il avait assez de technique pour passer dans l'axe, dribbler et en finalité, décocher de bons tirs. Ce joueur a marqué l'histoire mais il aurait pu être un des plus grands arrières européens. Qu'est-ce qui lui a manqué ? La concentration. Quand je jouais, je m'isolais souvent après la théorie. Je me coupais du monde durant un quart d'heure pour éliminer le moindre souci qui aurait pu hypothéquer un pour cent de mon attention. Je m'imprégnais du match à venir, de ce que je devais faire, des atouts de mes adversaires, etc. Cette concentration totale me permettait de réagir plus vite, d'anticiper, de bien lire le jeu et donner le maximum de moi-même. Même Raymond Goethals se demandait comment je m'y prenais pour ne rien lâcher durant 90 minutes. Sans le savoir, je pratiquais une forme d'autohypnose. Sport et Vie, s'est intéressé à ce phénomène. Je n'ai pas été aussi loin que de grands champions qui ont eu recours à des hypnotiseurs. Mike Tyson a utilisé ces techniques. Un autre grand poids lourd, Floyd Patterson a été battu par le Suédois Ingemar Johansson, qui avait été hypnotisé avant le début du combat. C'est un domaine qui reste à découvrir. Dans mon cas, c'était de l'hyper concentration et Van Binst ne s'est pas assez focalisé sur son métier. " NÉ EN 1941, HEYLENS FUT UN EXCELLENT BACK DROIT (67X DIABLE ROUGE, ÉQUIPE D'EUROPE 65, MONDIAL 70 AU MEXIQUE, 7 TITRES ET 3 COUPES DE BELGIQUE AVEC ANDERLECHT). COACHA UNE DOUZAINE DE CLUBS (PASSA 5 ANS AU LOSC ET FUT COACH BELGE 1984 À SERAING)PIERRE BILIC