Le scénario n'a pas été démenti

Le stade de Mestalla ne cesse de faire la fête pour le moment car l'équipe dirigée par Rafael Benitez vole d'un succès à l'autre. Après s'être emparée méritoirement du titre national en Espagne, elle a émergé tranquillement face à Marseille en finale de la Coupe de l'UEFA à Göteborg. Les prévisions d'avant match n'ont pas été démenties par l'histoire de cette finale. Je m'attendais à découvrir un challenger marseillais fougueux, surfant sur la vague de l'émotion, doté de volonté et de la force de sa jeunesse. Valence disposait des cartes indiquées afin d'endiguer cet enthousiasme. Les Espagnols ont attendu calmement que l'orage passe. Leur armes sont connues : talent et organisation, sérieux, régularité, efficacité, qualité du banc avec des rotations qui en disent long sur leurs potentiali...

Le stade de Mestalla ne cesse de faire la fête pour le moment car l'équipe dirigée par Rafael Benitez vole d'un succès à l'autre. Après s'être emparée méritoirement du titre national en Espagne, elle a émergé tranquillement face à Marseille en finale de la Coupe de l'UEFA à Göteborg. Les prévisions d'avant match n'ont pas été démenties par l'histoire de cette finale. Je m'attendais à découvrir un challenger marseillais fougueux, surfant sur la vague de l'émotion, doté de volonté et de la force de sa jeunesse. Valence disposait des cartes indiquées afin d'endiguer cet enthousiasme. Les Espagnols ont attendu calmement que l'orage passe. Leur armes sont connues : talent et organisation, sérieux, régularité, efficacité, qualité du banc avec des rotations qui en disent long sur leurs potentialités. Pablo Aimar a entamé la finale de la Coupe de l'UEFA sur le banc. Valence détient aussi la meilleure défense, le gardien de but de la saison, et l'attaque la plus généreuse de Liga. En fin de première mi-temps, Valence a mis le nez à la fenêtre et dessina la phase décisive de cette rencontre. Fabien Barthez a prouvé, au moment du penalty, qu'il n'était plus que l'ombre d'un crack. Il est intervenu comme un mauvais arrière, pas à la façon d'un grand gardien de but. Mista était certain de marquer mais il voulait plus : le penalty et l'exclusion de Fabien Barthez. Ce dernier a tout offert à Valence : le 1-0, une carte rouge justifiée de Pierluigi Collina. A ce moment-là, déjà, la messe était dite. Après la pause, Valence accentua la différence, profita des espaces libérés par un OM paralysé, et ne fut pas inquiété. Didier Drogba était un peu seul sur son île mais il le serait resté même si José Anigo n'avait pas remplacé Camel Meriem par Jérémy Gavanon, suite au retrait forcé de Fabien Barthez. La décision du coach marseillais était logique. Camel Meriem n'avait pas été ultra brillant et José Anigo préféra sacrifier un attaquant plutôt qu'un arrière. Ce succès mérité de Valence est l'un des résultats d'une politique à long terme. Les Espagnols ne sont pas là par hasard. Leur effectif est stable et varie peu au fil des succès. Six fois Champion d'Espagne, les deux derniers titres ayant été décroché en 2002 et 2004, Valence a aussi perdu deux finales de Ligue des Campions (2000, 2001) mais ne changea pas son fusil d'épaule. Cette fois, cependant, il pourrait y avait une petite modification dans les habitudes de la maison. L'entraîneur n'a plus qu'un an de contrat et une partie de l'effectif accuse le poids des ans. Dès lors, Valence se retrouvera dans l'obligation de rajeunir ses cadres. Mauricio Pellegrino, Amedeo Carboni (à 39 ans, le joueur le plus âgé de l'histoire ayant gagné une Coupe d'Europe) et Santiago Canizares ont déjà pas mal de vécu. Il faudra patienter deux ou trois ans afin de retrouver un bloc régénéré, aussi solide et homogène. Je suis certain que Valence saura franchir ce cap même si les attentes des supporters de ce grand club seront forcément importantes dans le cadre de la prochaine Ligue des Champions. A Marseille, la direction et les fans de l'OM ne seront jamais aussi sereins que ceux de Valence. Je l'ai déjà dit : cette belle campagne, d'abord en Ligue des Champions, puis en Coupe de l'UEFA, ne sera probablement qu'un one shot. Marseille va, une fois de plus, chambouler son groupe, enregistrer beaucoup de départs et d'arrivées. Ce club a l'habitude de vivre de la sorte mais ce n'est pas la meilleure façon de s'inscrire dans le long terme. Marseille ne sera pas européen la saison prochaine. Dès lors, la pression pour un départ de Didier Drogba sera importante. Son agent, Pape Diouf, sera le directeur sportif de l'OM la saison prochaine. Cela a fait couler beaucoup d'encre mais tout le monde a le droit de changer de métier. On dit que cet ancien manager pourrait aider l'OM à le retenir. Mais quand un grand joueur a envie de partir, il le fait avec ou sans la bénédiction de son agent. Propos recueillis par Pierre Bilic