A imé Anthuenis et les Diables Rouges... L'équipe belge en Espagne... Allez les gars !... Vamos !... Tout le monde fait des efforts, mais on a du mal à croire dans un bon résultat de nos couleurs, non ? Soyons honnêtes : on en est à espérer que l'équipe nationale d'Espagne soit à la hauteur de sa mauvaise réputation et que les Diables mordent toujours aussi fort en position d'underdogs.

Mais au-delà des clichés, les Diables ne font pas peur. Pire, ils semblent avoir peur d'eux-mêmes. Il leur faudrait un électrochoc. Par exemple gagner et tout pourrait repartir. Mais les Belges sont encore moins sûrs d'eux que d'habitude. Et ce n'est pas leur coach qui leur donne des raisons de croire le contraire.

Anthuenis est très clair : il avoue avoir testé en deux ans toutes les combinaisons possibles et qu'il n'a rien de mieux à mettre sur le terrain. Mais bon, si les résultats ne suivent pas, il faudra sans doute bien se résoudre à changer ce qui peut encore l'être, c'est-à-dire le coach.

Pourquoi la sélection nationale échapperait-elle à une des lois naturelles du foot qui condamne les coaches qui ne gagnent pas ? José Antonio Camacho est parti de lui-même du Real parce que son c£ur saignait de ne pas pouvoir apporter des victoires au club... de son c£ur. Rudi Völler a fait de même à l'AS Rome.

Un coach se démettant de ses fonctions, quelle noblesse ! Cela rehausse nettement le niveau du football contemporain. Comme si un Maréchal de l'Empire se promenait dans un film trash.

Attention, qu'Aimé nous comprenne bien. Ce n'est pas un hara-kiri qu'on lui demande mais simplement d'admettre qu'avec les joueurs à sa disposition, il ne peut faire mieux... Que malgré toute sa compétence, il n'est pas capable d'envisager une qualification pour la Coupe du Monde 2006 après avoir raté celle pour l'EURO 2004... Que les joueurs belges ne sont pas à la hauteur... Comprenne qui voudra.

Ses choix n'ont pas toujours été heureux, à commencer par ceux d'aligner des joueurs qui ne jouent pas dans leur club. Une décision qu'on n'aurait passée à aucun de ses prédécesseurs. Est-il coincé à ce point par la nouvelle donne des Belges ? A savoir que les meilleurs sont sous contrat à l'étranger mais qu'ils ne sont pas assez bons pour être titulaires ? Tandis que les seconds choix jouent en Belgique sans avoir la pointure internationale ? Vous parlez d'un dilemme.

Mais si à l'impossible nul n'est tenu, Anthuenis û sous des dehors bonshommes û sait également être terriblement têtu. Prenez le cas de Cédric Roussel. Il n'a jamais reçu sa chance alors qu'il a régulièrement marqué partout où il a joué. A Kazan, il nous rappelle d'ailleurs qu'il formait un beau duo d'attaquants avec Wesley Sonck au temps des Espoirs. Pourquoi Anthuenis l'oublie-t-il ?

Et puis il y a le cas Emile Mpenza. D'accord, E1000 joue un peu à la star depuis la fin mars, mais Aimé a eu tort de ne jamais vouloir savoir pourquoi. Et c'est Karel Vertongen, le responsable de la commission technique de l'Union Belge, qui s'est tapé le sale boulot en allant à Hambourg pour voir Emile et lui demander pourquoi il boudait toujours. Pourquoi Aimé n'a-t-il pas été discuter avec lui ? S'il accepte que Vertongen y aille, c'est qu'il trouve le rapprochement important.

Ce qui est énervant dans la situation, c'est qu'Anthuenis prétend tout faire pour que ça marche mais que tous les amateurs de foot voient que ça ne marche pas. Et ça fait deux ans que ça dure. Métier difficile car un coach a toujours l'impression que tout le monde attend que ça n'aille pas pour le critiquer !

En mai dernier, les observateurs les plus sévères annonçaient déjà que cette saison-ci serait celle de la vérité pour Hugo Broos à Anderlecht, pour Brio à Mons, pour Trond Sollied à Bruges, pour Jean-Marc Guillou à Beveren. Mais il n'y a pas de règle. Il y a seulement de la confiance ; qui est inversement proportionnelle à l'impatience.

par John Baete

Un coach se démettant de ses fonctions, QUELLE NOBLESSE !

A imé Anthuenis et les Diables Rouges... L'équipe belge en Espagne... Allez les gars !... Vamos !... Tout le monde fait des efforts, mais on a du mal à croire dans un bon résultat de nos couleurs, non ? Soyons honnêtes : on en est à espérer que l'équipe nationale d'Espagne soit à la hauteur de sa mauvaise réputation et que les Diables mordent toujours aussi fort en position d'underdogs. Mais au-delà des clichés, les Diables ne font pas peur. Pire, ils semblent avoir peur d'eux-mêmes. Il leur faudrait un électrochoc. Par exemple gagner et tout pourrait repartir. Mais les Belges sont encore moins sûrs d'eux que d'habitude. Et ce n'est pas leur coach qui leur donne des raisons de croire le contraire. Anthuenis est très clair : il avoue avoir testé en deux ans toutes les combinaisons possibles et qu'il n'a rien de mieux à mettre sur le terrain. Mais bon, si les résultats ne suivent pas, il faudra sans doute bien se résoudre à changer ce qui peut encore l'être, c'est-à-dire le coach. Pourquoi la sélection nationale échapperait-elle à une des lois naturelles du foot qui condamne les coaches qui ne gagnent pas ? José Antonio Camacho est parti de lui-même du Real parce que son c£ur saignait de ne pas pouvoir apporter des victoires au club... de son c£ur. Rudi Völler a fait de même à l'AS Rome. Un coach se démettant de ses fonctions, quelle noblesse ! Cela rehausse nettement le niveau du football contemporain. Comme si un Maréchal de l'Empire se promenait dans un film trash. Attention, qu'Aimé nous comprenne bien. Ce n'est pas un hara-kiri qu'on lui demande mais simplement d'admettre qu'avec les joueurs à sa disposition, il ne peut faire mieux... Que malgré toute sa compétence, il n'est pas capable d'envisager une qualification pour la Coupe du Monde 2006 après avoir raté celle pour l'EURO 2004... Que les joueurs belges ne sont pas à la hauteur... Comprenne qui voudra. Ses choix n'ont pas toujours été heureux, à commencer par ceux d'aligner des joueurs qui ne jouent pas dans leur club. Une décision qu'on n'aurait passée à aucun de ses prédécesseurs. Est-il coincé à ce point par la nouvelle donne des Belges ? A savoir que les meilleurs sont sous contrat à l'étranger mais qu'ils ne sont pas assez bons pour être titulaires ? Tandis que les seconds choix jouent en Belgique sans avoir la pointure internationale ? Vous parlez d'un dilemme. Mais si à l'impossible nul n'est tenu, Anthuenis û sous des dehors bonshommes û sait également être terriblement têtu. Prenez le cas de Cédric Roussel. Il n'a jamais reçu sa chance alors qu'il a régulièrement marqué partout où il a joué. A Kazan, il nous rappelle d'ailleurs qu'il formait un beau duo d'attaquants avec Wesley Sonck au temps des Espoirs. Pourquoi Anthuenis l'oublie-t-il ? Et puis il y a le cas Emile Mpenza. D'accord, E1000 joue un peu à la star depuis la fin mars, mais Aimé a eu tort de ne jamais vouloir savoir pourquoi. Et c'est Karel Vertongen, le responsable de la commission technique de l'Union Belge, qui s'est tapé le sale boulot en allant à Hambourg pour voir Emile et lui demander pourquoi il boudait toujours. Pourquoi Aimé n'a-t-il pas été discuter avec lui ? S'il accepte que Vertongen y aille, c'est qu'il trouve le rapprochement important. Ce qui est énervant dans la situation, c'est qu'Anthuenis prétend tout faire pour que ça marche mais que tous les amateurs de foot voient que ça ne marche pas. Et ça fait deux ans que ça dure. Métier difficile car un coach a toujours l'impression que tout le monde attend que ça n'aille pas pour le critiquer ! En mai dernier, les observateurs les plus sévères annonçaient déjà que cette saison-ci serait celle de la vérité pour Hugo Broos à Anderlecht, pour Brio à Mons, pour Trond Sollied à Bruges, pour Jean-Marc Guillou à Beveren. Mais il n'y a pas de règle. Il y a seulement de la confiance ; qui est inversement proportionnelle à l'impatience. par John BaeteUn coach se démettant de ses fonctions, QUELLE NOBLESSE !