En engageant AmedeoCarboni comme directeur sportif, Philippe Dufermont a assurément pêché un gros poisson. Mais comment le mécène de Mouscron est-il entré en contact avec l'ancien joueur italien de Valence ? En fait, cela remonte au printemps 2007, lorsque Dufermont a accepté la présidence de l'Excelsior. Valence est le club le plus proche de son domicile espagnol et, pour s'introduire dans le milieu du foot qui ne lui était pas familier, il a logiquement pris ses points de repère dans la région. Dans le club ché, il connaissait surtout le vice-président de l'époque, AgustínMorera, qui est propriétaire de la société de transports que Dufermont utilise pour ses livraisons. C'est lui qui l'a mis en contact avec Carboni. Depuis lors, les deux hommes se sont liés d'amitié. " Et lorsque j'ai constaté, en mars, que cela tournait mal pour l'Excel, je lui ai demandé s'il n'avait pas une solution à me proposer ", explique Dufermont. " Carboni m'a présenté un vrai projet sportif et c'est ce qui m'a séduit. Il a une grosse expérience comme joueur mais aussi, déjà, comme dirigeant. Son carnet d'adresses est impressionnant et il a ses entrées dans de grands clubs européens. "
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En engageant AmedeoCarboni comme directeur sportif, Philippe Dufermont a assurément pêché un gros poisson. Mais comment le mécène de Mouscron est-il entré en contact avec l'ancien joueur italien de Valence ? En fait, cela remonte au printemps 2007, lorsque Dufermont a accepté la présidence de l'Excelsior. Valence est le club le plus proche de son domicile espagnol et, pour s'introduire dans le milieu du foot qui ne lui était pas familier, il a logiquement pris ses points de repère dans la région. Dans le club ché, il connaissait surtout le vice-président de l'époque, AgustínMorera, qui est propriétaire de la société de transports que Dufermont utilise pour ses livraisons. C'est lui qui l'a mis en contact avec Carboni. Depuis lors, les deux hommes se sont liés d'amitié. " Et lorsque j'ai constaté, en mars, que cela tournait mal pour l'Excel, je lui ai demandé s'il n'avait pas une solution à me proposer ", explique Dufermont. " Carboni m'a présenté un vrai projet sportif et c'est ce qui m'a séduit. Il a une grosse expérience comme joueur mais aussi, déjà, comme dirigeant. Son carnet d'adresses est impressionnant et il a ses entrées dans de grands clubs européens. " L'idée de faire venir des joueurs espagnols (ou autres) à l'Excel pour les mettre en vitrine et les revendre ensuite avec bénéfice n'est pas neuve. Mais la première expérience de ce genre ne s'est pas révélée convaincante. Carboni précise toutefois qu'il n'y est pour rien. " Hormis Berna, qui a joué en équipe B de Valence, je ne connaissais aucun des joueurs espagnols qui ont débarqué à Mouscron en été 2007 ", affirme-t-il. Et de fait : CarlosCoto arrivait du FC Barcelone, MiguelPalencia du Real Madrid et Jacobo de l'Atletico Madrid. Cette fois, c'est Carboni qui sera chargé lui-même de trouver les perles rares. " Lorsqu'on construit une équipe, il est très important d'avoir une bonne colonne vertébrale ", estime-t-il. " Du gardien à l'avant-centre, l'axe doit être solide. Après, autour, on peut compléter. "Sa première mission fut de trouver un entraîneur et il a persuadé son ancien coéquipier MiroslavDjukic de tenter l'aventure. JuanSanchez, qui sera son adjoint, est également un ancien joueur de Valence. La Valencia Connection a donc fonctionné. Paradoxalement, selon Dufermont, le nouveau staff coûtera moins cher que l'ancien. Pourquoi ? Parce que Carboni et Sanchez seront payés au pourcentage sur la revente des joueurs. Ils ont donc intérêt à ce que les footballeurs qu'ils apportent soient rentables, mais aussi à ce que l'équipe soit performante. Après une très longue carrière de joueur, Carboni a une expérience relativement brève de directeur sportif à Valence. Depuis novembre 2007, il s'est reconverti en agent FIFA. " Mais je n'ai aucun joueur dans mon portefeuille ", précise-t-il. " Je travaille avec les clubs. "Mais que vaut exactement Carboni ? " Comme joueur, il a fait l'unanimité ", nous glisse un journaliste de Valence qui avoue avoir eu quelques prises de bec avec Carboni et préfère témoigner sous le couvert de l'anonymat. " Il avait déjà 32 ans lorsqu'il a débarqué de l'AS Rome, et beaucoup se demandaient ce qu'il pourrait encore apporter. Mais il a encore joué huit ans au plus haut niveau, avec un très bon rendement. Son passage à Valence a coïncidé avec la meilleure période du club. Il jouait comme arrière gauche alors que Djukic était défenseur central. Les deux hommes s'entendaient très bien. Mais, si Carboni a été très apprécié comme joueur, son travail de directeur sportif l'a été beaucoup moins. Il a réussi un très beau coup en faisant venir JuanMata, un jeune flanc gauche qui a explosé l'an passé et qui commence également à faire son trou en équipe nationale. Mais c'est le seul transfert qu'il a réussi. Les cinq autres furent autant d'échecs. Je songe en particulier à FrancescoTavano, un Italien qui a coûté dix millions, n'a rien apporté et est reparti à Livourne après une saison. Le rapatriement en Espagne d' AsierDelHorno, un arrière gauche basque qui fut international et avait tenté sa chance à Chelsea, fut aussi un échec ; le joueur ne s'étant jamais totalement remis d'une blessure qu'il avait contractée avec les Blues. Les relations entre Carboni et l'entraîneur QuiqueSanchezFlores se sont progressivement envenimées. Je crois que Carboni n'a jamais pardonné à Quique d'avoir un peu gâché sa dernière saison comme joueur et qu'il a voulu se venger. Les deux hommes ont eu des altercations parfois très virulentes. Carboni était assez proche du président de l'époque, JuanSoler, qui l'a longtemps défendu mais n'a pas pu le protéger éternellement. Carboni a quitté Valence le premier, et Quique l'a suivi peu de temps après. Si j'ai mes doutes sur les qualités de directeur sportif de Carboni, je n'en ai en revanche aucun sur celles de Djukic. C'est un très grand entraîneur que Mouscron a engagé. " En novembre 2007, Carboni a été remplacé au poste de directeur sportif par MiguelAngelRuiz, Quique par RonaldKoeman. Ce dernier a voulu asseoir son pouvoir en renvoyant, en janvier 2008, trois figures clefs de l'équipe dans le noyau B : le gardien SantiagoCañizares, le défenseur DavidAlbelda et le médian MiguelAngelAngulo. Une mesure impopulaire, qui a déclenché l'ire des supporters et un malaise dans le vestiaire. C'était le début de la crise sportive, aujourd'hui assortie d'une crise financière. Carboni avait déjà eu maille à partir avec les caïds du vestiaire avant l'arrivée de Koeman, mais s'était aussi mis à dos des joueurs comme Mista, PabloAimar et FranciscoRufete, obligés de partir. C'est précisément Mista qui, en cherchant un déodorant dans le placard de Carboni, aurait mis la main sur... un pistolet ! Un vrai ! C'est en tout cas ce que révèle le journal L'Equipe du 4 avril 2007. Lorsque la chaîne de radio CadenaSER avait enquêté sur l'affaire, Carboni avait exhibé un permis de port d'arme. Le défenseur argentin RobertoAyala a, pour sa part, qualifié Carboni de directeur sportif le plus haï de la planète. Lui aussi avait été prié de quitter les lieux alors qu'il avait trouvé un accord avec le président pour une prolongation de deux ans. Interrogé sur ces faits, Carboni avait répondu : " Valence se portera mieux lorsqu'il sera débarrassé de tous les joueurs qui préfèrent l'argent à l'amour du maillot ". Evidemment, toutes ces affirmations émanent de personnes qui sont entrées en conflit avec Carboni. En revanche, d'autres avancent qu'il s'agit d'un homme sérieux sur le plan humain, disponible et, comme quand il était joueur, il parle peu et n'a jamais fait la une des quotidiens people. Marié, père de cinq enfants dont trois nés en Espagne, Carboni est un des rares footballeurs italiens à avoir rencontré le succès à l'étranger. " Chaque jour qui passait, je me suis dit que je ne rentrerai pas en Italie et j'ai dès lors accéléré mon intégration. J'ai choisi un logement dans le centre-ville, j'amenais personnellement les enfants à l'école et j'étais en contact permanent avec les gens. Je ne me suis pas isolé dans une villa comme une star riche et adulée. "par daniel devos - photos: reporters