Pour une surprise, c'en est une. Si l'on considérait depuis longtemps Valence comme une bonne équipe, on ne s'imaginait pas qu'elle puisse remporter le titre. Et surtout pas cette saison-ci.
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Pour une surprise, c'en est une. Si l'on considérait depuis longtemps Valence comme une bonne équipe, on ne s'imaginait pas qu'elle puisse remporter le titre. Et surtout pas cette saison-ci.L'été dernier, Valence vivait encore dans le traumatisme de sa non-qualification pour la Ligue des Champions, une épreuve dont il avait atteint la finale lors des deux éditions précédentes mais dont il fut privé à la dernière minute du championnat 2000-2001 à cause d'un but génial de Rivaldo. En outre, durant tout le mois de juillet, Gaizka Mendieta laissa planer le doute sur ses intentions avant de signer à la Lazio Rome et de passer du plus adulé au plus honni des footballeurs levantins. Enfin, l'entraîneur argentin Hector Cuper décida lui aussi de tenter l'aventure du Calcio. Après que des techniciens renommés comme Mané, Javier Irureta ou Luis Aragones eussent refusé le job, le choix pour sa succession se porta sur un second couteau. Sur la carte de visite de Rafael Benitez, on ne trouvait encore qu'une expérience avec les équipes de jeunes du Real Madrid et des passages à Valladolid, Osasuna, Extremadura (où il fut l'entraîneur de Ronny Gaspercic) et Tenerife. Plus d'un supporter se montra sceptique à son égard. Il en alla de même vis-à-vis des renforts. Darko Kovacevic et Marcelo Salas, un moment annoncés, ne vinrent pas, et il a fallu se rabattre sur Salva Ballesta à propos duquel on se perdit en conjectures: était-il un ancien meilleur buteur de D1 (avec Santander) ou surtout un récent meilleur buteur de D2 (avec l'Atletico Madrid)? Les autres transferts ( Rufete, Marchena, De los Santos et Curro Torres) passèrent presque inaperçus. On n'a sans doute pas suffisamment prêté attention à la victoire 2-1 conquise par Valence sur le Real Madrid lors de la journée initiale du championnat. A l'époque, on s'était davantage attardé sur les difficultés que connaissait le Dream Team madrilène, qui cherchait encore la bonne façon d'intégrer Zinedine Zidane, que sur les mérites de Valence. C'était déjà, sans qu'on le sache, une passation de pouvoirs anticipée. Rafael Benitez a réussi à prendre le meilleur de l'héritage de ses prédécesseurs: le pressing préconisé par Claudio Ranieri et la sécurité défensive d'Hector Cuper. " Santiago Cañizares m'a confié qu'il ne devait pratiquement pas intervenir durant les matches", souligne-t-il. (D. Devos)