Au Parc Astrid, il est le seul transfert partant de l'été dont la destination est d'ores et déjà établie avec certitude. Le 30 juin prochain, après quatre saisons de bons et loyaux services, Michal Zewlakow délaissera le RSCA pour rejoindre l'Olympiacos, du Pirée, où il a apposé sa griffe récemment au bas d'un contrat de trois ans.
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Au Parc Astrid, il est le seul transfert partant de l'été dont la destination est d'ores et déjà établie avec certitude. Le 30 juin prochain, après quatre saisons de bons et loyaux services, Michal Zewlakow délaissera le RSCA pour rejoindre l'Olympiacos, du Pirée, où il a apposé sa griffe récemment au bas d'un contrat de trois ans. Au sein du club athénien, bien parti pour décrocher son 34e titre national, le défenseur international polonais ne sera pas totalement dépaysé. Au bout de huit années passées en Belgique, à Beveren d'abord, à Mouscron ensuite, puis à Anderlecht, il est appelé à retrouver là-bas l'une ou l'autre vieilles connaissances de notre championnat. Comme l'entraîneur Trond Sollied voire quelques ex-adversaires comme Yaya Touré, Marco Né, Tomislav Butina. Et, qui sait, même son coéquipier actuel Hannu Tihinen dont le nom est inscrit en lettres grasses dans le calepin du coach Norvégien. Michal : A défaut de poursuivre ma route en sa compagnie, je le croiserai de toute façon en éliminatoires du prochain EURO puisque la Finlande et la Pologne, au même titre que la Belgique d'ailleurs, font partie du même groupe qualificatif. Dans la mesure où le stade roi Baudouin ne pourra sans doute pas abriter les matches des Diables Rouges, j'ose espérer que l'affrontement entre nos deux sélections respectives aura pour cadre le Parc Astrid. Défier mon bon copain Mbo Mpenza dans ce cadre-là, ce serait franchement le pied. Je me souviens que lors de mon tout premier déplacement avec Beveren chez les Mauves, en 1998-1999, j'avais dit à mon frère Marcin, au moment où nous nous échauffions : - Ce serait quand même chouette de pouvoir jouer ici. Finalement, ce rêve s'est matérialisé pour moi. Je suis un footballeur verni. Michal : Je n'étais pas pressé de partir. Après être passé par des petits clubs de la capitale, comme le Drukarz, Marymont et le Polonia, mon souhait était d'aboutir un jour au Legia Varsovie. Une dispute entre Marcin et les dirigeants de mon dernier club avait, en définitive, tout précipité. En principe, Beveren n'aurait dû s'assimiler qu'à une courte parenthèse belge dans une trajectoire sportive que nous imaginions réaliser en Pologne. Au bout de huit mois passés au Freethiel, Marcin désirait d'ailleurs rebrousser chemin. Mais j'avais pris goût à la vie et au football dans votre pays. Aussi, quand l'Excelsior s'est manifesté pour nous, ce fut à mon tour de convaincre mon frérot de rester. Nous ne l'avons pas regretté et il n'est pas interdit de penser que sitôt nos carrières terminées, nous nous établirons de manière durable ici. Marcin est pour ainsi dire décidé. Moi, je me tâte encore un peu. Mais comme l'un influence toujours l'autre, je présume qu'il n'éprouvera aucune difficulté à me persuader (il rit). Michal : A mon arrivée ici, à la fin des années 90, je n'étais qu'un gamin de 22 ans, avec comme seul bagage le polonais ainsi que le football dispensé dans mon pays. Au contact de mon nouvel entourage, j'ai appris deux langues supplémentaires, l'anglais et le français, et je me suis familiarisé avec d'autres aspects du jeu, par le biais des matches disputés dans le cadre de la compétition belge mais également des rencontres internationales. J'ai épousé la femme de ma vie, Ania, en Belgique. Ma petite fille, Maja, est née ici, en 2002. Et je me suis fait des tas d'amis durant toutes ces années : Mbo, Yves Vanderhaeghe, Nenad Jestrovic, Daniel Zitka, Goran Lovre et Besnik Hasi. Michal : Oui et non, car j'ai mentionné des Belges aussi (il rit). Mais avec les autres, davantage que la culture ou la langue, c'est surtout un même vécu que j'ai partagé. Je crois quand même pouvoir dire que tant le gardien tchèque, que les milieux serbe et albanais, nous avons tous connu des temps forts mais aussi pas mal de zones d'ombres à Anderlecht. Par rapport à d'autres, on a quelquefois bouffé de la vache enragée. Mais à quelque chose malheur est bon : toutes ces épreuves nous ont unis comme les doigts de la main. C'est beaucoup plus important que les aléas que nous avons connus. Michal : Anthony Vanden Borre s'était affirmé entre-temps sur le flanc droit de la défense, à l'image d'Olivier Deschacht, du côté gauche, lors de mon arrivée au club, en 2002. Loin de moi l'idée de les jalouser. Tous deux méritent leurs galons même si, par moments, j'aurais pu faire l'affaire à leur place aussi, sur le terrain. Mais je suis conscient qu'il n'y a que onze places dans une équipe. Avec un noyau de plus de 30 joueurs, comme en début de saison, les mécontents sont forcément majoritaires par rapport aux contents. Michal : Pour un joueur, le terrain, davantage que la presse, constitue la meilleure tribune pour s'exprimer. Jamais encore, dans ma carrière, je n'ai baissé les bras. Et j'en ai toujours été récompensé sous la forme d'une titularisation, voire d'un repêchage. Je dois avouer aussi que dans mes malheurs ici, l'équipe nationale de mon pays a toujours été une formidable planche de salut. J'avais beau jouer les utilités au RSCA, à l'entame de cette saison, ma place en sélection polonaise n'a jamais été discutée par le coach, Pawel Janas. J'ai pourtant dû composer avec quelques clients sur la route du Mondial. Comme un certain David Beckham, par exemple. Car avec la Pologne, je suis aligné le plus souvent au back gauche. Michal : Ces succès sont d'autant plus significatifs que les adversaires n'étaient tout de même pas les premiers venus : hormis l'Azerbaïdjan, que nous avons atomisé 8-0 et 0-3, il y avait l'Autriche et deux autres formations britanniques : le Pays de Galles et l'Irlande du Nord. Nous avons battu les Autrichiens 1-3 et 3-2, les Gallois 2-3 et 1-0 et l'Ulster 0-3 et 1-0. Mon seul regret est de ne pas avoir pu vaincre les Anglais. Mais on s'est rattrapé face aux autres représentants des Iles. Personnellement, je me suis régalé contre eux en tout cas. Des prestations qui ne sont pas passées inaperçues car, dans la foulée des deux derniers matches livrés à Varsovie contre le Pays de Galles et à Old Trafford face aux Anglais, j'ai été approché par le Celtic Glasgow. Michal : Exactement. Si je ne dois retenir qu'un seul souvenir des matches européens que j'ai disputés avec le Sporting, j'épinglerai celui-là. Réduits à dix au Parc Astrid, suite à l'exclusion de Glen De Boeck, nous avions réussi, Vincent Kompany, Olivier Deschacht et moi à contenir, à trois, les assauts du duo formé de John Hartson et Henrik Larsson. Le match s'était soldé par une victoire 1 à 0 grâce à un but inscrit par Aruna Dindane. J'ai encore des frissons rien qu'à y songer. Au retour, j'ai eu le gorge nouée pour la première fois de ma vie en entendant 60.000 Ecossais reprendre en ch£ur le fameux You'll never walk alone. C'était encore plus impressionnant que le même chant entonné par les supporters de Liverpool à Anfield Road cette saison. Michal : Et au Lange Jojo aussi, puisque le Sporting est revenu à la charge après une première approche, informelle, de l'Olympiacos (il rit). C'est dingue : en début de saison, je me demandais de quoi mon avenir serait fait. J'étais en fin de contrat au RSCA et une prolongation n'était pas du tout dans l'air à ce moment-là. Et voilà que d'une semaine à l'autre, pour ainsi dire, j'avais l'embarras du choix. J'ai pris le temps de réfléchir et après avoir soupesé le pour et le contre et pris des nouvelles çà et là, j'ai opté pour le club grec. J'aurais pu, peut-être, spéculer sur une bonne Coupe du Monde, avant de signer dans un autre club encore, qui sait ? Mais les paris sont une arme à double tranchant. Surtout par les temps qui courent (il rit). Je n'ai pas voulu prendre ce risque et j'ai signé. Je sais à quoi m'en tenir concernant mon avenir sportif et peux dès lors me concentrer à fond sur mes derniers mois au Parc Astrid et l'événement footballistique de l'été en Allemagne. Michal : A ce niveau, les différences ne sont pas fondamentales ; même si elles donnent à réfléchir comme Pär Zetterberg l'a vérifié avant moi dans un contexte en tous points similaire. Hormis l'argent, il y a aussi et surtout le défi. Zet avait connu de grands moments à Anderlecht, mais espérait faire mieux encore dans son nouvel environnement athénien. Et tel est aussi mon objectif. Au Sporting, j'ai eu la satisfaction de disputer à deux reprises la phase des poules en Ligue des Champions. En Grèce, j'espère contribuer à l'accession du club au stade suivant de l'épreuve, ce qui s'est toujours refusé à lui ces dernières années. Michal : Je l'ai évidemment consulté, au même titre que mon compatriote Marcin Mieciel, qui évolue actuellement au PAOK Salonique. Tous deux m'ont tenu le même langage : l'Olympiacos est un rêve quand tout va bien mais un cauchemar quand tout va mal. Michal : Il faut relativiser, paraît-il. La mauvaise humeur du public, ici, n'est rien en regard de ce qui pourrait m'arriver là-bas. Je suis prévenu. Michal : Non. J'ai la chance de toujours faire la sourde oreille en cas de bronca. En revanche, mes pavillons sont toujours largement ouverts quand on m'encourage. Je ne suis pas près d'oublier la ferveur de ce même public après que j'aie un jour inscrit un but, sur coup franc, à Filip De Wilde, contre Lokeren. Entendre scander son nom sur l'air des lampions, cela efface toutes les déceptions. BRUNO GOVERS ET PIERRE DANVOYE