Vous n'en avez jamais entendu parler et vous n'en entendrez sans doute plus jamais parler après cette Ligue des Champions. Car le dernier champion de Roumanie a quelque chose d'anachronique. Unirea Urziceni a non seulement brisé l'hégémonie de la capitale Bucarest, imitant le champion sortant Cluj, mais a aussi réussi la gageure de glaner le titre, trois ans seulement après son accession à la D1.
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Vous n'en avez jamais entendu parler et vous n'en entendrez sans doute plus jamais parler après cette Ligue des Champions. Car le dernier champion de Roumanie a quelque chose d'anachronique. Unirea Urziceni a non seulement brisé l'hégémonie de la capitale Bucarest, imitant le champion sortant Cluj, mais a aussi réussi la gageure de glaner le titre, trois ans seulement après son accession à la D1. Car rien ne prédisposait ce club de la ville d'Urziceni, située à 25 km de Bucarest et composée d'à peine 17.000 habitants, à marquer l'histoire du football roumain. Car Urziceni, c'est le bled. Pas de feux de signalisation, pas de bars (!), et pas de supporters. Tout le monde supporte un des clubs de la capitale et le stade Tineretului (stade de la jeunesse) n'est égayé que par les chants de 3.223 personnes de moyenne (la 15e moyenne du championnat). Le seul groupe de supporters ( Revolution Ultra) n'est composé que d'une dizaine de membres. Difficile donc de mettre de l'ambiance dans une ville majoritairement composée de retraités et comme l'alcool est interdit dans le stade, les supporters assistent aux matches du château d'eau voisin. Les joueurs, eux-mêmes, ne logent pas en ville et préfèrent Bucarest. Même l'adresse du siège social du club mentionne Bucarest. Depuis 1997, seul Cluj avait réussi à ravir le titre à la capitale (Steaua, Rapid, Dinamo). Et cela à coup de millions. Rien de tout cela à Urziceni. Certes, à la base, il y a un généreux donateur (la firme Valahorum), qui, en 2002, alors que le club militait entre la deuxième et la troisième division, décide d'y injecter de l'argent et de rafraîchir le stade pour le doter de 7.000 places (mais pas de bars, ni de Fan Shop). On restait bien loin des budgets des cadors de la D1 roumaine. Avec 4,5 millions d'euros de budget, Urziceni ne rivalise pas avec ses concurrents prestigieux. Et quand on sait que sur les 4,5 millions, 500.000 sont consacrés au salaire de l'entraîneur, on se dit qu'il ne reste pas grand-chose pour les joueurs. Plus que l'argent, c'est l'arrivée au poste d'entraîneur de Dan Petrescu, l'ancien défenseur de Chelsea et international roumain (95 sélections entre 1989 et 2000) qui allait donner des ailes à l'Unirea. Arrivé en septembre 2006, Petrescu allait patiemment construire son effectif, en mêlant joueurs en fin de carrière ( Sorin Frunza et Daniel Stan) et éléments revanchards (le gardien lituanien Giedrius Arlauskis ou le défenseur George Galamaz). Ce succès à réveillé l'appétit des clubs de Bucarest. Le Steaua a offert son stade pour la Ligue des Champions mais certaines mauvaises langues craignaient que le Steaua ne rachète le matricule afin de disputer une Coupe d'Europe. Ce ne fut pas le cas. STéPHANE VANDE VELDE