COACH Oscar Tabarez (URU)

Qui sera la surprise du groupe A : la Russie, l'Arabie saoudite ou l'Égypte ?
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Qui sera la surprise du groupe A : la Russie, l'Arabie saoudite ou l'Égypte ? OSCAR TABAREZ : Pourquoi ne serait-ce pas l'Égypte ? Quand on m'a demandé contre qui nous allions jouer en huitièmes de finale, j'ai donné de la voix. Je connais bien Héctor Cúper, le sélectionneur argentin de l'Égypte. Il était un joueur très important quand j'entraînais en Argentine. Vous pouvez être certain qu'il fera passer le collectif au-dessus des vedettes. En plus, l'Égypte encaisse fort peu et ce n'est pas un hasard. Je ne sais pas comment le match va se dérouler mais il pourrait bien être très pénible. J'éprouve énormément de respect pour les soi-disant petites équipes. Prenez l'Islande à l'EURO puis en qualifications. C'est fantastique. Chaque tournoi comporte son lot de surprises et celui-ci ne fera pas exception à la règle. L'Argentine s'est qualifiée de justesse mais elle est quand même candidate à la victoire finale ? TABAREZ : Certainement, c'est une des meilleures sélections. Elle s'est qualifiée grâce à la prestation de Lionel Messi dans le dernier match contre l'Équateur. Il ne parle pas beaucoup de lui mais il a de la personnalité. Messi n'a plus rien à prouver. Je ne partage pas l'opinion de ceux qui trouvent qu'il lui manque encore quelque chose. Il n'a pas besoin de remporter la Coupe du Monde pour être béatifié. Vous êtes d'accord avec la majorité, qui avance le Brésil, l'Espagne, l'Allemagne et la France au rang de favorites ? TABAREZ : Plus la Belgique, en ce qui me concerne ! Elle compte des footballeurs en pleine progression, qui évoluent dans de grandes compétitions. Je pense notamment à Kevin De Bruyne, Eden Hazard ou Romelu Lukaku. Le football est évidemment un sport collectif mais c'est en misant sur les qualités individuelles des joueurs qu'on a le plus de chances d'obtenir un résultat. Je n'aime pas parler des favoris mais certaines équipes forcent le respect rien que par leur passé. L'Italie aurait été parmi elles si elle s'était qualifiée. Attachez-vous de l'importance aux records ? Vous êtes sélectionneur de l'Uruguay depuis 2006... TABAREZ : En Russie, je serai le seul, avec Joachim Löw, à disputer un troisième Mondial d'affilée. Je continuerai tant que ma santé me le permettra. J'ai en tout cas l'intention de vivre un grand Mondial. Quelles sont les chances de l'Uruguay ? TABAREZ : Nous serons bons, je n'en ai jamais douté. Nous avons été quatrièmes en 2010 et nous avons bien entamé le tournoi au Brésil, jusqu'à ce jour sans en huitièmes de finale contre la Colombie (2-0). Depuis, nous sommes plus forts sur le plan collectif et nous avons intégré quelques jeunes qui conservent bien le ballon dans l'entrejeu. Je suis optimiste mais il faudra veiller à ce que l'équipe ne soit pas trop enthousiaste. Entraîneur des U20, il a dirigé Luis Suarez et Edinson Cavani. En 2006, il a dépanné La Celeste " Cette saison, Suarez et Cavani ont marqué quelque 90 buts, ensemble. Quand on dispose d'attaquants pareils, on en devient logiquement dépendant. On ne peut pas en vouloir au sélectionneur s'il forme son équipe en fonction d'eux. Tous ses collègues feraient pareil ! Ça ne change rien aux qualités des autres footballeurs. On peut faire la guerre avec Muslera, Godin et Pereira. Ces hommes sont passionnés. Comme tous les joueurs du noyau, en fait. Le problème est qu'ils ont beaucoup de mal à faire abstraction de leurs émotions. Nous avons en effet beaucoup de trentenaires mais je ne dirais pas que l'équipe est trop âgée. Regardez notre entrejeu : il est composé de jeunes. Je trouve même trop risqué d'aligner à des positions aussi cruciales des footballeurs qui n'ont encore aucun Mondial dans les jambes. L'aspect mental me préoccupe. Les Uruguayens placent inconsciemment beaucoup de pression sur l'équipe en en attendant des exploits sans doute impossibles. " Rodrigo Bentancur a grandi en Uruguay mais à douze ans, il a quitté Río de la Plata pour tenter sa chance à Buenos Aires, la capitale argentine. Il a fait ses classes à Boca Juniors et a effectué ses débuts en Copa Libertadores, la Ligue des champions sud-américaine, le 10 avril 2015, à 17 ans. Deux mois plus tard, il a été impliqué dans un deal pour le moins étrange, comme ses coéquipiers Guido Vadala, Franco Cristaldo et Adrian Cubas. La Juventus a acquis un droit de préemption sur les quatre adolescents, jusqu'au 20 avril 2017, en échange de Carlos Tevez. Le prix de Bentancur a été fixé à 9,4 millions d'euros. Le 21 avril, le transfert a été officiellement conclu. La Juventus n'a finalement usé de son droit que pour Bentancur. Durant sa première saison, ce joueur polyvalent, capable de jouer en six, sur le flanc ou en box-to-box, a disputé vingt matches en Serie A et a reçu sa première sélection pour la Celeste en automne. Sur les 23 joueurs présents en Russie, Lucas Torreira, Rodrigo Bentancur et Carlos Sanchez sont les seuls à n'avoir pas de passé au Nacional, à Peñarol, à Danubio ou au Defensor Sporting, les quatre grands clubs de la capitale, Montevideo. À 71 ans, Oscar Tabarez, est le sélectionneur le plus âgé de ce Mondial. Il a déjà dirigé 185 matches de l'Uruguay, un record. Seuls Sepp Herberger (167 matches - Allemagne) et Morten Olsen (166 matches - Danemark) s'en approchent. Edinson Cavani, Cristian Rodríguez, Diego Godin et Maxi Pereira ont franchi le cap des cent matches. Luis Suarez et Fernando Muslera devraient disputer leur centième match en Russie, sauf malheur. L'Uruguay, double championne du monde, a disputé 51 matches à ce niveau, soit moitié moins que l'Allemagne, tenante du record avec 106 duels, mais nettement plus que les 41 de la Belgique. Huit pays, dont le Brésil (104), l'Argentine (77) et l'Angleterre (62) font mieux.