C'est l'histoire du transfert de la démesure pour certains : 85 millions d'euros + 17 millions d'euros de bonus et le passage de Wayne Rooney à Everton, valorisé à 10 millions d'euros. Un package total de 112 millions d'euros, damned ! Certains consultants du pays et de nombreux grincheux du Stade Roi Baudouin ne doivent pas en croire leurs yeux. Autant d'argent pour un joueur si frustré techniquement, autant empâté, ça n'a évidemment aucun sens doivent-ils continuer à maugréer.
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C'est l'histoire du transfert de la démesure pour certains : 85 millions d'euros + 17 millions d'euros de bonus et le passage de Wayne Rooney à Everton, valorisé à 10 millions d'euros. Un package total de 112 millions d'euros, damned ! Certains consultants du pays et de nombreux grincheux du Stade Roi Baudouin ne doivent pas en croire leurs yeux. Autant d'argent pour un joueur si frustré techniquement, autant empâté, ça n'a évidemment aucun sens doivent-ils continuer à maugréer. Outre-Manche, aussi, le débat a fait rage. Mais pas pour les mêmes raisons. Là-bas, ils sont tous convaincus (ou presque) que Romelu Lukaku est un puncheur de très haut niveau. Ses stats sont là pour le démontrer (68 buts en championnat avec Everton en quatre saisons), lui qui vient de fêter seulement ses 24 ans en mai dernier et qui occupe déjà le haut de l'affiche depuis maintenant huit ans. En Angleterre, la question qui persiste est la suivante : pourquoi Romelu Lukaku a-t-il privilégié Manchester United à Chelsea, qui fut longtemps en pole position dans les négociations ? Certains médias britanniques avancent aujourd'hui que le directeur général des Blues, Michael Emelano, avait fait de Big Rom sa piste numéro un alors qu'Antonio Conte privilégiait celle d'Alvaro Morata. Difficile d'y démêler le vrai du faux dans une saga qui a débuté depuis plusieurs semaines et dont les prémices sont bien antérieures. Romelu Lukaku n'avait qu'une seule véritable exigence, mais pas n'importe laquelle : rejoindre un club qui allait lui permettre de marquer l'histoire, ou du moins la sienne. " Il est temps de s'écrire un CV, c'est pour ça que je joue au foot ", nous disait-il dans un entretien fleuve peu avant l'EURO 2016. " Quand on a joué contre Leicester en fin de championnat, j'ai vu le trophée de la Premier League. Je l'ai fixé pendant au moins une minute et je me suis dit : Toi, je vais te gagner un jour ! C'est pour ça que je joue au football. " Durant l'été 2016, l'attaquant des Diables est annoncé à Manchester United, à la Juventus ou au PSG mais c'est Chelsea qui tient la corde. Les Blues sont prêts, dit-on, à lâcher 80 millions d'euros (plus quelques bonus). Alors que le transfert est sur le point de se conclure, un conflit éclate entre Marina Granovskaia et le nouveau propriétaire d'Everton, l'Iranien Farhad Moshiri. Romelu Lukaku digère difficilement cette volte-face, lui qui espérait revenir en grande pompe à Chelsea, après un premier passage difficile, à seulement 18 ans, lors de la saison 2011-2012. Romelu se sent floué, d'autant que les joueurs annoncés par la direction des Toffees n'arriveront jamais. Peu après janvier, son agent, le célèbre mais tout autant sulfureux Mino Raiola clame que son poulain va prolonger son aventure à Everton où on lui offre un montant-record (140.000 livres par semaine). En mars, la direction des Toffees convoque même la presse car elle pense pouvoir annoncer la prolongation de son joueur-vedette. Mais Lukaku refuse d'apposer sa signature. Sa décision de quitter Eveton est entérinée depuis bien longtemps. Mino Raiola, dont Footleaks a révélé qu'il avait empoché 42 millions d'euros de commissions lors du passage de Paul Pogba de la Juventus à ManU, n'a alors rien gagné (ou presque) sur son poulain. Le pauvre. On évoque même de l'eau dans le gaz entre le joueur et son impresario. Il est, aujourd'hui, évident que Raiola a pesé de tout son poids dans la balance. Après Henrikh Mkhitharyan, Zlatan Ibrahimovic, Paul Pogba (tous arrivés l'été dernier), Lukaku est le quatrième élément de son écurie à signer à Manchester United en moins d'un an. La presse anglaise prétend que c'est une nouvelle fois la commission accordée par le board de Manchester à Raiola, que Chelsea n'aurait pas voulu verser, qui aurait été déterminante dans ce transfert. Aujourd'hui, Romelu Lukaku a rejoint, selon ses dires, " le plus grand club du monde ". Manchester United reste, en effet, la marque la plus forte au monde parmi les clubs européens en étant valorisé à 1,5 milliard d'euros. C'est dire, si les attentes seront énormes. Big Rom, qui a souvent eu la mauvaise habitude de mettre trop de pression sur ses pourtant robustes épaules, va devoir désormais assumer ses propos. " Mon rêve, c'est de jouer dans des clubs où Suarez, Lewandowski, Benzema et Cavani pourraient jouer. Je peux faire aussi bien qu'eux. Je suis un des meilleurs attaquants de Premier League et je peux devenir un des meilleurs joueurs du monde. Mais pour cela, il me faut un théâtre : la Champions League. " La victoire de United face à l'Ajax en finale de l'Europa League a fait tout basculer. José Mourinho avait l'assurance de marier une force de frappe financière (on parle d'une enveloppe de 200 millions de livres pour l'actuelle campagne de transferts) et l'attrait de la Ligue des Champions. Les deux hommes se sont côtoyés, très peu de temps, lors du retour aux affaires à Stamford Bridge du Mou en 2013. Romelu Lukaku : " Le jour où j'ai appris que je ne faisais pas partie des plans, on a eu une discussion assez forte avec Mourinho, parce qu'il y avait eu de l'incompréhension. " Le coach portugais pointe la forte personnalité du youngster et ne va plus jamais le lâcher. Le " futur Drogba " correspond au profil recherché par le technicien portugais pour occuper la pointe de l'attaque : un joueur fort dos au but mais également capable de prendre la profondeur, ce que Zlatan n'a jamais été en mesure de faire. En retour, Romelu, lui, clame que Mourinho " est probablement le meilleur manager au monde. C'est quelqu'un avec qui je rêve de travailler depuis mes dix ans. " par Thomas Bricmont - photo Nike