Il y a exactement un an, Stijn Devolder s'épanchait dans ces colonnes et parlait de son amour pour le Tour des Flandres, exposant sa préparation annuelle quasi rituelle. Avant tout, il effectuait une double reconnaissance du parcours : d'abord le jour de Milan-Sanremo, en compagnie de coéquipiers, puis seul le lendemain.
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Il y a exactement un an, Stijn Devolder s'épanchait dans ces colonnes et parlait de son amour pour le Tour des Flandres, exposant sa préparation annuelle quasi rituelle. Avant tout, il effectuait une double reconnaissance du parcours : d'abord le jour de Milan-Sanremo, en compagnie de coéquipiers, puis seul le lendemain. Cette année, le double vainqueur du Ronde a choisi un autre angle d'attaque. Devolder s'est retiré à deux reprises dans la Sierra Nevada, au sud de l'Espagne, ces dernières semaines. " Ce n'est pas évident pour lui, qui est très casanier ", commente Dieter Verleyen, son soigneur et beau-frère. " Lors des deux derniers mois, Stijn a passé une semaine à la maison, en tout. " Devolder ne consent pas ce sacrifice sans raison. L'année dernière, c'est aussi sur les flancs de la Sierra Nevada qu'il a forgé ses succès au Tour de Belgique et au championnat national. " Il surnomme la Sierra Nevada notre montagne ", poursuit Verleyen. " Les stages lui permettent d'atteindre un excellent rendement. Il dispose là de tout ce qu'il lui faut pour s'entraîner, sans être distrait. " Après Paris-Nice, Verleyen est le seul à avoir vu la manière dont le leader de Vacansoleil-DCM se préparait à la grand-messe flamande, à 2.320 mètres d'altitude. " Stijn s'est énormément entraîné : tous les deux jours, il effectuait une longue sortie d'endurance et entre les coups, il pédalait trois à quatre heures par jour, généralement sur les rouleaux. Le dimanche précédant A Travers les Flandres, il s'est entraîné plus de huit heures, parcourant 238 km avec 5.300 mètres de dénivellation à son compteur. "Alors qu'il n'était rentré en Belgique que la veille d'A Travers les Flandres, Devolder a joué son rôle dans la course et cette agréable surprise l'a amené à déclarer que le moment de la récolte était venu. A Harelbeke, pourtant, le Flandrien n'a terminé qu'à la 50e place, à quatre minutes du Suisse Fabian Cancellara. " Stijn ne s'en préoccupe pas ", explique Verleyen. " Tôt ou tard, il devait ressentir le contrecoup de ses efforts en altitude. " En 2008 et en 2009, quand Devolder s'est adjugé le Ronde, les observateurs doutaient de sa condition, se souvient Verleyen. " Mais le jour de la course, il était en pleine forme. Ayant surtout travaillé son endurance en montagne, Stijn n'était pas encore apte à changer de vitesse la semaine dernière. Il peut acquérir le rythme nécessaire pendant les Trois Jours de La Panne, qui ont débuté ce mardi. Il y croit vraiment. " Pourtant, le vainqueur du Tour des Flandres n'est-il pas connu à l'avance, comme se le demandait son coéquipier Bjorn Leukemans à l'issue du Prix E3 ? " Cancellara ne larguera pas Devolder aussi facilement ", rétorque Verleyen. " Et en cas de sprint, cela reste à voir aussi. Stijn a terminé quatrième d'un sprint massif à la Route du Soleil, au début de cette année. Cancellara et Devolder côte à côte vers Meerbeke et la ligne d'arrivée, ne serait-ce pas un scénario fantastique ?" BENEDICT VANCLOOSTER