Du côté de la presse bulgare, 7DniSport ( 7 joursdeSport en français) fait figure d'incontournable pour les amateurs de sport. Chaque jour de l'année, ce quotidien consacre 16 pages (24 le lundi) à l'actualité sportive du pays. Le football y occupe, bien sûr, une place de choix. Hristo Boninsky, l'un de ses journalistes, nous fait une analyse objective de la situation.
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Du côté de la presse bulgare, 7DniSport ( 7 joursdeSport en français) fait figure d'incontournable pour les amateurs de sport. Chaque jour de l'année, ce quotidien consacre 16 pages (24 le lundi) à l'actualité sportive du pays. Le football y occupe, bien sûr, une place de choix. Hristo Boninsky, l'un de ses journalistes, nous fait une analyse objective de la situation. Hristo Boninsky : Les plus grands clubs ont été privatisés. Autrefois, le CSKA était le club de l'armée et le Lokomotiv, celui des Chemins de Fer. Ils ont gardé leur nom et leur logo pour respecter la tradition, mais leur présidence est désormais assurée par des hommes d'affaires. Ce sont eux qui procurent aux clubs les moyens financiers. Ils ont le soutien de quelques sponsors, mais l'apport de ceux-ci demeure minime, dans la plupart des cas. Le Levski, qui a été champion ces trois dernières années, est subsidié par un homme d'affaires russe vivant en Israël. Son budget est d'environ 18 millions d'euros. Le CSKA avait autrefois à sa tête l'une des plus grosses fortunes de Bulgarie, un homme qui prit ensuite la présidence du Tcherno More Varna avant d'être assassiné. Aujourd'hui, le nouveau président du CSKA - après un bref intermède de l'ancien joueur Lubo Penev - est un entrepreneur spécialisé dans les jeux de hasard, les pronostics et les casinos. Le budget du club tourne aux alentours de 12 millions d'euros. Voici quelques années, un petit club de province, le Litex Lovech, avait réussi à damer le pion aux clubs sofiotes grâce également à des capitaux privés. Il fut champion deux années d'affilée, mais est légèrement rentré dans le rang depuis lors, bien qu'il demeure dans le peloton de tête. On ne peut pas dire que le phénomène ait été complètement éradiqué. Parfois, de lourds soupçons pèsent sur le bon déroulement d'un match. On a l'impression que la victoire a été décidée avant le coup d'envoi, mais sans pouvoir apporter de preuves tangibles. La plupart des internationaux profitent de la sélection pour se mettre en vitrine. Leur club n'a pas les moyens de les retenir. Les stars actuelles disputent la Bundesliga allemande, mais ils sont nombreux aussi à être partis en Turquie où ils gagnent beaucoup mieux leur vie qu'en Bulgarie. Cela dépend du club où ils évoluent. Au CSKA ou au Levski, leur salaire est nettement supérieur à la moyenne des travailleurs bulgares, mais ailleurs, il se situe parfois juste dans les normes. Autrefois, on a parlé d'un salaire de 60.000 euros par mois pour une ancienne vedette du Levski, mais c'était une exception. Aujourd'hui, pour les étrangers et les meilleurs joueurs bulgares, cela doit tourner autour des 5.000 ou 10.000 euros. Mais avec des primes assez importantes, malgré tout. On ne trouve plus, dans la génération actuelle, de joueurs du calibre de Hristo Stoichkov ou de Lubo Penev. Krasimir Balakov, la dernière légende vivante encore en activité, vient de tirer sa révérence. Désormais, on compte sur des joueurs comme Stiljan Petrov (Celtic Glasgow) ou Dimitar Berbatov (Bayer Leverkusen) pour prendre le relais. Mais ils ne jouissent pas encore de la même renommée que leurs prédécesseurs. Question de temps, peut-être. Car ils ont du talent. Krasimir Balakov faisait l'unanimité autour de sa personne. Le fait qu'en Bulgarie, il n'ait joué que pour un petit club de province, l'Etar Tirnovo, a contribué à sa popularité. C'était aussi un garçon très disponible, qui avait toujours livré de bonnes prestations en équipe nationale. Autrefois, Hristo Stoichkov était soit adoré, soit haï. Il a porté le maillot du CSKA Sofia, et de ce fait, les sympathisants du Levski ne pouvaient pas le voir en peinture. Son caractère bien trempé a également provoqué des divisions à son sujet. Il avait souvent des sautes d'humeur. Son talent était incontestable, mais lorsqu'il n'avait pas envie de jouer, cela se voyait directement. Aujourd'hui, l'idole des jeunes serait plutôt Dimitar Berbatov. Il ne laisse pas non plus les jeunes filles indifférentes, car en plus d'inscrire des buts, il est plutôt beau gosse. Ce fut une surprise pour beaucoup de gens. Personne ne s'attendait à une victoire. Un match nul aurait déjà été bien accueilli. Avant ce résultat historique, les matches amicaux avaient été plutôt décevants. Le succès à Bruxelles a changé les données. Les jeunes joueurs de l'équipe nationale ont pris confiance et ont, dans la foulée, également battu la Croatie en disputant l'un des meilleurs matches de ces dernières années. Le marquoir a aussi affiché 2-0, mais il aurait pu monter à 5 ou 6-0, tant les occasions furent nombreuses. Malheureusement, la Bulgarie manque de régularité. Ces deux victoires prestigieuses ont été un peu ternies par le partage blanc concédé en l'Estonie et par le succès laborieux conquis contre Andorre, à Sofia, sur le score de 2-1. La saison difficile du Bayer Leverkusen, où Dimitar Berbatov s'est parfois retrouvé sur le banc, n'est pas nécessairement de nature à rassurer. Son parcours est atypique, et beaucoup étaient sceptiques lors de sa nomination, mais depuis lors, il a confondu ses détracteurs en signant quelques belles prestations. En D2, déjà, il avait démontré d'évidentes capacités pour travailler avec les jeunes. Cela tombe bien, car c'est précisément un rajeunissement de l'équipe nationale que l'on attend de sa part. Par rapport à son prédécesseur, il a le contact facile et se montre très coopératif avec la presse. Stoicho Mladenov était très arrogant et avait un esprit chagrin. Plamen Markov a formé un bon groupe. Ces dernières semaines, il a malheureusement été confronté à de nombreuses blessures. Daniel Devos, envoyé spécial à Sofia" Le phénomène de la corruption n'a pas encore été totalement éradiqué "