Très grande distinction Jan Vertonghen

On l'avait découvert lors de l'Euro Espoirs l'année passée. Sorti de nulle part, il avait fait une timide percée. Un an plus tard, le voilà devenu un des leaders de cette équipe. S'il continue sur cette lancée, il deviendra un des piliers de l'équipe belge car il dispose de cette faculté qui manque à la génération actuelle, depuis la retraite de Marc Wilmots et de Gert Verheyen : le leadership. Ce gars-là n'a peur de rien. Au milieu, il ratisse, harcèle et repart souvent avec le ballon. Quand il faut aller au combat, comme contre l'Italie après l'exclusion de Thomas Vermaelen, il y va. Vertonghen que l'on attendait timide et mal adapté à la chaleur, s'est révélé tout le contraire. Il est sans doute le joueur qui a couvert le plus de kilomètres (et celui qui a le plus effectué de fautes aussi). Mais il dispose d'autres armes : sa qualité de passes est impressionnante, surtout à une place où la plupart des joueurs se contentent de se débarrasser du ballon au plus vite. Et pour couronner le tout, sa frappe est puissante et souvent dangereuse.
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On l'avait découvert lors de l'Euro Espoirs l'année passée. Sorti de nulle part, il avait fait une timide percée. Un an plus tard, le voilà devenu un des leaders de cette équipe. S'il continue sur cette lancée, il deviendra un des piliers de l'équipe belge car il dispose de cette faculté qui manque à la génération actuelle, depuis la retraite de Marc Wilmots et de Gert Verheyen : le leadership. Ce gars-là n'a peur de rien. Au milieu, il ratisse, harcèle et repart souvent avec le ballon. Quand il faut aller au combat, comme contre l'Italie après l'exclusion de Thomas Vermaelen, il y va. Vertonghen que l'on attendait timide et mal adapté à la chaleur, s'est révélé tout le contraire. Il est sans doute le joueur qui a couvert le plus de kilomètres (et celui qui a le plus effectué de fautes aussi). Mais il dispose d'autres armes : sa qualité de passes est impressionnante, surtout à une place où la plupart des joueurs se contentent de se débarrasser du ballon au plus vite. Et pour couronner le tout, sa frappe est puissante et souvent dangereuse. Enfin, il faut souligner sa polyvalence. Comme médian défensif, il s'est adapté à Marouane Fellaini et à Faris Haroun avant de reculer en défense centrale. Il fut également un des moins mauvais contre le Nigeria, intervenant plusieurs fois in extremis, et le seul élément à son niveau dans le match pour la médaille de bronze. Après une saison difficile à Séville, il s'est rappelé au bon souvenir du football belge. En mai, c'est Anthony Vanden Borre qui tenait la corde pour occuper le flanc droit mais la prestation de De Mul, à Genk, contre les Pays-Bas, a fait pencher la balance en sa faveur. Lors des deux premiers matches du tournoi, il fut éblouissant et moins tranchant par la suite même s'il fut un des seuls à répondre aux gestes techniques des Nigérians. Contre le Brésil, dans le match d'ouverture, il a carrément ébloui les Auriverde à tel point que des confrères brésiliens sont venus nous demander pourquoi De Mul n'était pas titulaire à part entière à Séville. De Mul, c'est la technique en mouvement, la vitesse, le dribble et les débordements sur le flanc. Une qualité rare dans le football belge. Les quatre premiers buts belges portent sa griffe. Vous rajoutez deux lattes et vous obtenez un bilan plus que satisfaisant. Néanmoins, son manque de compétition l'a privé, à chaque rencontre et au fur et à mesure de l'avancée du tournoi, de fraîcheur. De Sart l'a compris, en le faisant toujours changer de flanc lors de la sortie de Martens. Cela lui permettait de se retrouver face à un nouvel adversaire. L'effet de surprise pouvait re-fonctionner. Enfin, De Mul nous a surpris par sa disponibilité défensive. Un tel joueur aurait pu se contenter de mettre le feu aux défenses adverses. Mais De Mul a toujours privilégié l'esprit de corps, l'équipe. Il est revenu prêter main forte à sa défense plus d'une fois même si, sur le plan défensif, il avait tendance à venir boucher les trous dans l'axe plutôt qu'à soutenir Sepp De Roover, parfois submergé. Un seul mot : la classe. Un exemple ? Son deuxième but contre l'Italie. Un slalom dans la défense transalpine et un tir fulgurant des 25 m. Dembélé a donné son CV aux clubs italiens et il est légitime de penser que l'attaquant d'AZ pourrait bien transiter par le Calcio. Pourtant, son tournoi a débuté en mode mineur. Contre le Brésil, il s'est sacrifié pour l'équipe, bouchant les trous, courant sans cesse après le ballon, pris en tenaille entre la défense et les médians récupérateurs de la Seleçao. Il a ensuite montré le chemin à toute l'équipe. Peu avare d'efforts, il s'est aussi découvert des talents de buteur. Attiré par le ballon, son problème s'est toujours manifesté à la concrétisation. Dans le système de de Sart, il s'est épanoui. Laissant le travail de sape à Kevin Mirallas avec lequel il forme un duo très complémentaire, il surgissait de la deuxième ligne. Avec trois buts à son compteur, deux numéros de solistes exceptionnels, il a réussi son tournoi. Il s'est donc formidablement adapté à ce groupe alors qu'il avait dû déclarer forfait pour l'Euro. Dommage qu'il n'ait pas réussi à élever son niveau de jeu durant le tournoi. Sa méforme contre le Nigeria fut préjudiciable aux Belges. Mais cela prouve une chose : à l'instar de Vermaelen, il est indispensable à cette équipe. Il devait remplacer un monstre, il l'a fait oublier. Comment compenser la présence de Fellaini ? Haroun a donné une réponse plus que satisfaisante. En faisant preuve d'abattage. Il a couru 90 minutes durant, harcelant et récupérant un nombre incalculable de ballons. Le médian du Germinal Beerschot a fait preuve de courage, notamment contre l'Italie où il dût s'acquitter, seul, de sa tâche de médian défensif. Et quand son rôle d'empêcheur de tourner en rond lui laissait un peu de répit, il mettait le nez à la fenêtre. Résultat : un but contre la Nouvelle-Zélande et une latte contre le Nigeria, match durant lequel, pourtant, il n'a pas brillé du même éclat. Autre bémol : son manque de technique. Alors qu'il est réputé, dans le championnat belge pour son élégance, Haroun a subi la comparaison avec les joueurs évoluant dans le championnat néerlandais (Vertonghen, Dembélé, Maarten Martens), espagnol (De Mul) ou français (Mirallas). Ce tournoi lui aura toutefois permis de passer un cap, au sein d'un groupe dans lequel il fait office de relayeur et d'animateur. Sa rage de vaincre a contaminé tout le groupe et il ne manque pas d'esprit d'initiative. Ah, s'il n'y avait pas eu cette carte rouge contre l'Italie, son tournoi aurait été tout simplement parfait (on lui pardonne la floche sur le dernier but du Brésil car le match était déjà plié). Le défenseur de l'Ajax joue sobrement. Un placement irréprochable (à part sur son exclusion) lui a souvent permis de boucher les trous et de réparer les erreurs de ses partenaires. Lors du premier match, avec Vincent Kompany à ses côtés, il a pu se concentrer sur sa tâche. Mais par la suite, il a dû combiner son travail défensif à un rôle de guide auprès de Jeroen Simaeys. Vermaelen a joué en patron, en défenseur expérimenté (qu'il n'est pas). Le talent, il l'avait. Il a désormais l'expérience. Un futur tout grand ! Plus fort que Kompany (lui, il ne commet pas autant d'erreurs), et Daniel Van Buyten (lui, il ne commet pas autant d'erreurs, bis). Plus talentueux que Timmy Simons. Lui aussi a gagné en maturité. Son séjour en Hollande a porté ses fruits. Tactiquement, il est sans doute un des mieux placés. On a toujours loué son intelligence de jeu et cela s'est confirmé tout au long du parcours. Pocognoli n'est jamais monté en mettant en péril le reste de la défense. Défensivement, il a été impeccable, remportant 90 % de ses face-à-face. Et il se plie à toutes les consignes tactiques. Contre le Brésil, lors du match inaugural, il devait à la fois bloquer les montées de Rafinha et veiller à Pato : il l'a fait à merveille. Contre la Chine et la Nouvelle-Zélande, on l'a vu mettre le nez à la fenêtre un peu plus souvent. Contre l'Italie, il a rendu une copie parfaite, apprenant aux Italiens l'efficacité défensive. Un comble ! D'après certains spécialistes, c'est le seul joueur latéral belge capable d'effectuer des transversales de 40 ms dans les pieds. Son entente avec Martens a toujours été juste. A l'instar de Vertonghen, il a semblé moins à son avantage contre le Nigeria mais s'en est sorti honorablement. Bref, admirable défensivement, efficace offensivement - un des meilleurs centreurs belges - intelligent tactiquement. S'il n'y avait eu son non-match contre le Brésil (3-0), lors duquel les deux premiers buts brésiliens viennent de son flanc, il aurait mérité la très grande distinction. Arrivé avec un statut écorné, il a rempli sa tâche. Il n'a commis aucune erreur grossière et a sorti, à chaque rencontre, un ou deux (trois contre le Nigeria) arrêts de grande classe. Néanmoins, son moral a tendance à baisser quand il prend un but. De plus, lors des premiers matches, ses réglages n'étaient pas toujours au point. Il fut ainsi souvent coupable de mauvais dégagements (ou relances). Et puis, encaisser neuf buts (puisque Yves Ma-Kalambay s'est retourné une fois) dans un tournoi, cela reste beaucoup ! Deux buts de très belle facture. Dans un rôle ingrat, l'ex-futur (?) attaquant de Lille a usé, usé et encore usé les défenses adverses. Seul devant, il n'a cessé de courir et on ne peut certainement pas lui reprocher de s'être économisé. Que du contraire. Très bon dans ses contrôles (il avait souvent affaire à de longues balles balancées depuis la ligne arrière), très vivace, très rapide en profondeur, il est le type même d'attaquant qui se ménage des occasions. Il ne les attend pas, il se les crée. Néanmoins, on dit que les attaquants doivent souvent se montrer égoïstes et parfois, Mirallas le fut bien trop. Et on peut se dire que, finalement, deux buts avec autant de tirs (et d'occasions), c'est un peu peu. Sa complémentarité avec Dembélé et son style en font un des attaquants de l'avenir. Sans doute le joueur le moins élégant dans cette équipe. Il compense par une intelligence de jeu hors du commun. Ses débuts de match sont toujours laborieux et il donne toujours l'impression d'être un peu à la ramasse mais c'est quand on l'attend le moins qu'il revient dans sa rencontre et qu'il fait preuve de jusqu'au-boutisme. Mal en point contre le Brésil (lors du premier match), il semblait revivre un cauchemar face à Peter Odemwingie face au Nigeria mais après 15 minutes de flottement, il a plusieurs fois sauvé ses couleurs. Son apport offensif est indéniable. Il est ainsi monté davantage que Pocognoli en apportant le danger. Ses centres sont souvent bien calibrés et il fut à la base du deuxième but belge face à l'Italie. Sa technique aurait dû lui permettre de réaliser un tout grand tournoi. Ce ne fut pas le cas. Il a montré, par à coups, à une position qui n'était pas la sienne (il préfère l'axe et a dû se contenter du flanc gauche), qu'il savait apporter sa vista et son intelligence de jeu mais il a rarement pesé sur une défense. En cause ? Son manque de rythme. Après une saison blanche due à une blessure, il n'avait repris le collier que lors des deux derniers matches d'AZ. Frais dans sa tête et dans son corps mais encore à la recherche de ses meilleures sensations. Par contre, il a rempli à merveille son rôle de capitaine, trouvant toujours les mots justes pour motiver le reste du groupe, montrant l'exemple par son professionnalisme et son approche du métier. Est rentré dans des conditions difficiles suite à l'exclusion de Kompany. Il a souvent plié mais n'a jamais rompu. Techniquement, comme tous les joueurs évoluant dans le championnat belge, il a semblé à la peine. Et tactiquement, il n'est pas toujours bien placé. Il mise tout sur le duel et l'anticipation et joue sans filet de sécurité. Un peu comme Kompany mais sans la technique. Quand cela fonctionne, on ne peut qu'applaudir la prise de risque mais quand il se troue, cela ouvre une brèche énorme en plein axe central. N'a pas assez joué pour marquer les esprits. Pas de gaffe mais pas d'actions transcendantes non plus. Juste une solution de rechange mais il a montré qu'il pouvait apporter quelque chose. Aurait dû commencer à la place de Vanden Borre face au Nigeria. S'il a peu joué, il ne doit s'en prendre qu'à lui-même. En refusant de monter au jeu contre la Chine, il s'est brûlé. Mais, comme de Sart est un adepte des deuxièmes chances, il lui a offert quelques minutes de jeu contre le Nigeria. Juste le temps de planter un but sur coup franc et d'exprimer ainsi toute la rage qui l'animait. Sa carte rouge a orienté la partie contre le Brésil et son faux-vrai départ a alimenté la saga des Jeux. Cependant, il faut aussi retenir sa bonne prestation contre le Brésil (avant l'exclusion) et son comportement positif durant tout le tournoi. Ah bon, ce garçon a du talent ? Oui, il en avait mais à force de ne pas se concentrer sur un match, de prendre une telle compétition pour une rencontre de Playstation, il est en train de gâcher toutes ses chances. Dans ce tournoi, on ne peut pas lui reprocher d'avoir été invisible. Non, il fut de tous les... mauvais coups. Le deuxième penalty contre l'Italie : coupable ; le premier but du Nigeria : coupable. Et avant ce but, on pouvait le créditer de quatre mauvaises passes. Défensivement, il fut donc catastrophique. A tenté de se rattraper sur le plan offensif mais sa nonchalance l'a toujours conduit dans le mur. Mais comment peut-on ne pas exploiter un tel potentiel ? Sa taille est indispensable, son apport physique indéniable, son abattage impressionnant. Et il sera un des pions de la future génération des Diables Rouges. Mais a-t-il seulement été concerné par ses Jeux ? Et puis, il y a ce comportement. Dédaigneux, voire même irrespectueux. Or, les vrais champions savent toujours se montrer professionnels. Dommage de laisser une telle image de son tournoi. par stéphane vande velde