Ils battent le plein et leurs modalités alambiquées font marrer ou soulèvent l'indignation de circonstance de ceux qui s'y font entuber. Au départ, Anderlecht a vu son avance sur ses poursuivants réduite de moitié. Louvain pouvait rêver d'Europe autant que le Cercle Bruges. Westerlo a triplé son avance sur Saint-Trond, avant de devoir l'affronter à domicile davantage qu'en déplacement ! Ne tournons pas autour des pots : nos trois play-offs sont des concessions au suspense (lequel génère l'audience, donc le fric) au détriment de l'équité sportive. N'empêche, pareil tollé est étonnant...

Un peu parce qu'en sport de compète, l'équité stricte n'existe pas. Individuellement et quelle que soit ta niaque, tu n'es pas au départ sur pied d'égalité avec un adversaire doté de gènes plus balèzes pour courir vite, sauter haut, frapper fort. Et collectivement, si ton équipe vaut au départ X millions à la bourse des qualités individuelles présumées, il y a peu de chances qu'elle dame le pion à celle qui en vaut dix fois plus.

Mais c'est surtout étonnant parce qu'en foot, tendre noblement vers une équité maximale en dépit des gènes n'a jamais été à l'ordre du jour. L'histoire des comptabilisations de résultats y est parsemée d'inégalités, passées peinardes dans nos m£urs.

En 1971, s'amène la prépondérance du but inscrit à l'extérieur en cas d'égalité sur l'aller-retour d'une confrontation à élimination directe. Cela n'a jamais amené le visiteur à oser davantage. Ainsi l'équipe éliminée parce qu'elle a gagné 3-1 chez elle et a été battue 2-0 chez l'opposant est-elle, stricto sensu, victime d'une injustice. Le principe ne demeure que parce qu'il diminue les cas de prolongations impromptues, lesquelles irritent les diffuseurs/TV bailleurs de fonds. Et si des prolongations ont lieu, l'équipe visiteuse au retour devra jouer 30 minutes supplémentaires en déplacement, voire disputer l'épreuve des tirs au but dans un climat plutôt hostile. Injustices encore !

Deux décennies plus tard, s'amène la victoire à 3 points, censée pousser les protagonistes à chercher le KO au lieu de préserver le nul. Bernique sur toute la ligne : ça fait vingt ans que buts marqués et nombre de matches nuls restent identiques ! Mais le partage de l'enjeu, qui devrait être prédéfini et sacro-saint, n'existe plus puisque l'enjeu varie ! Sur 30 matches et pour schématiser, l'équipe réalisant 10 victoires, 10 défaites et 10 nuls se retrouve à 5 pts de celle qui a gagné 15 fois et perdu 15 fois, sans avoir forcément marqué et encaissé davantage : cela n'a rien de plus méritant, re-bonjour l'injustice, plus râlante encore lors des poules à quatre des grandes épreuves quadriennales, lorsque trois matches nuls sont éliminatoires ! Et quand deux équipes terminent à égalité au classement, en quoi le fait de compter plus de victoires est-il supérieur à celui de compter moins de défaites ?

Par ailleurs, cela fait maintenant des années que moult échelons de notre foot sont contaminés par la règle des trois tranches, suspense lucratif oblige ! Un suspense débouchant régulièrement sur le fait que le deuxième au classement, quoiqu'ayant bouclé sa phase classique bien avant le troisième et les autres, se fera chiper, sur une seule contre-performance, l'accession à l'étage supérieur. Ce qui n'est pas pour lui moins immérité que la menace pesant aujourd'hui sur les Mauves !

Tout ceci sans même parler du nombre grandissant de résultats modifiés sur tapis vert, pour des raisons pas toujours claires, et toujours saumâtres quand on les subit ! En fait, c'est la complexité farfelue de cette triple phase finale qui irrite, son côté tirée par les cheveux bien davantage que son injustice finalement banale, dérisoire pour mieux nous exciter. En rappelant que, s'il élimine le Real, le Bayern jouera la finale à Munich : ce qui n'est pas précisément équitable, et qui n'arrive pas pour la première fois ! J'allais oublier : outre ces inéquités relatives, certaines compétitions de foot prévoient encore, si nécessaire, un tirage au sort favorisant l'un au détriment de l'autre ! Oufti, les Mauves pourraient-ils échouer par ce biais ? Qui se tape la lecture du règlement des play-offs pour éclairer ma lanterne ?

BERNARD JEUNEJEAN

Les Mauves pourraient-ils échouer par tirage au sort ?

Ils battent le plein et leurs modalités alambiquées font marrer ou soulèvent l'indignation de circonstance de ceux qui s'y font entuber. Au départ, Anderlecht a vu son avance sur ses poursuivants réduite de moitié. Louvain pouvait rêver d'Europe autant que le Cercle Bruges. Westerlo a triplé son avance sur Saint-Trond, avant de devoir l'affronter à domicile davantage qu'en déplacement ! Ne tournons pas autour des pots : nos trois play-offs sont des concessions au suspense (lequel génère l'audience, donc le fric) au détriment de l'équité sportive. N'empêche, pareil tollé est étonnant... Un peu parce qu'en sport de compète, l'équité stricte n'existe pas. Individuellement et quelle que soit ta niaque, tu n'es pas au départ sur pied d'égalité avec un adversaire doté de gènes plus balèzes pour courir vite, sauter haut, frapper fort. Et collectivement, si ton équipe vaut au départ X millions à la bourse des qualités individuelles présumées, il y a peu de chances qu'elle dame le pion à celle qui en vaut dix fois plus. Mais c'est surtout étonnant parce qu'en foot, tendre noblement vers une équité maximale en dépit des gènes n'a jamais été à l'ordre du jour. L'histoire des comptabilisations de résultats y est parsemée d'inégalités, passées peinardes dans nos m£urs. En 1971, s'amène la prépondérance du but inscrit à l'extérieur en cas d'égalité sur l'aller-retour d'une confrontation à élimination directe. Cela n'a jamais amené le visiteur à oser davantage. Ainsi l'équipe éliminée parce qu'elle a gagné 3-1 chez elle et a été battue 2-0 chez l'opposant est-elle, stricto sensu, victime d'une injustice. Le principe ne demeure que parce qu'il diminue les cas de prolongations impromptues, lesquelles irritent les diffuseurs/TV bailleurs de fonds. Et si des prolongations ont lieu, l'équipe visiteuse au retour devra jouer 30 minutes supplémentaires en déplacement, voire disputer l'épreuve des tirs au but dans un climat plutôt hostile. Injustices encore ! Deux décennies plus tard, s'amène la victoire à 3 points, censée pousser les protagonistes à chercher le KO au lieu de préserver le nul. Bernique sur toute la ligne : ça fait vingt ans que buts marqués et nombre de matches nuls restent identiques ! Mais le partage de l'enjeu, qui devrait être prédéfini et sacro-saint, n'existe plus puisque l'enjeu varie ! Sur 30 matches et pour schématiser, l'équipe réalisant 10 victoires, 10 défaites et 10 nuls se retrouve à 5 pts de celle qui a gagné 15 fois et perdu 15 fois, sans avoir forcément marqué et encaissé davantage : cela n'a rien de plus méritant, re-bonjour l'injustice, plus râlante encore lors des poules à quatre des grandes épreuves quadriennales, lorsque trois matches nuls sont éliminatoires ! Et quand deux équipes terminent à égalité au classement, en quoi le fait de compter plus de victoires est-il supérieur à celui de compter moins de défaites ? Par ailleurs, cela fait maintenant des années que moult échelons de notre foot sont contaminés par la règle des trois tranches, suspense lucratif oblige ! Un suspense débouchant régulièrement sur le fait que le deuxième au classement, quoiqu'ayant bouclé sa phase classique bien avant le troisième et les autres, se fera chiper, sur une seule contre-performance, l'accession à l'étage supérieur. Ce qui n'est pas pour lui moins immérité que la menace pesant aujourd'hui sur les Mauves ! Tout ceci sans même parler du nombre grandissant de résultats modifiés sur tapis vert, pour des raisons pas toujours claires, et toujours saumâtres quand on les subit ! En fait, c'est la complexité farfelue de cette triple phase finale qui irrite, son côté tirée par les cheveux bien davantage que son injustice finalement banale, dérisoire pour mieux nous exciter. En rappelant que, s'il élimine le Real, le Bayern jouera la finale à Munich : ce qui n'est pas précisément équitable, et qui n'arrive pas pour la première fois ! J'allais oublier : outre ces inéquités relatives, certaines compétitions de foot prévoient encore, si nécessaire, un tirage au sort favorisant l'un au détriment de l'autre ! Oufti, les Mauves pourraient-ils échouer par ce biais ? Qui se tape la lecture du règlement des play-offs pour éclairer ma lanterne ? BERNARD JEUNEJEANLes Mauves pourraient-ils échouer par tirage au sort ?