Les lueurs de la Coupe du Monde se sont éteintes à l'horizon et voici, déjà mais tant attendues, les couleurs de l'arc-en-ciel 2006-2007 avec son cortège de nouvelles ambitions et d'espoirs repris, comme chaque année, dans ce numéro traditionnel d'avant saison qui récolte un succès de plus en plus vif. Ce dossier spécial, véritable Bible de la D1, vous permettra de tout savoir sur les clubs et les joueurs qui vous sont chers. Tous ces acteurs ont leur vécu, bref ou ne datant pas d'hier, mais font confiance au football afin d'aller au bout de leur destin.
...

Les lueurs de la Coupe du Monde se sont éteintes à l'horizon et voici, déjà mais tant attendues, les couleurs de l'arc-en-ciel 2006-2007 avec son cortège de nouvelles ambitions et d'espoirs repris, comme chaque année, dans ce numéro traditionnel d'avant saison qui récolte un succès de plus en plus vif. Ce dossier spécial, véritable Bible de la D1, vous permettra de tout savoir sur les clubs et les joueurs qui vous sont chers. Tous ces acteurs ont leur vécu, bref ou ne datant pas d'hier, mais font confiance au football afin d'aller au bout de leur destin. Jungle ou paradis, au fil des événements, l'élite ne s'offre qu'à ceux qui unissent talent et travail. C'est le cas de trois joueurs qui ont animé quelques feuilletons de l'été : Mbark Boussoufa, Steven Defour et Salou Ibrahim. Leur vie fait penser à celle de Franco Dragone qu' Yves Vasseur décrit joliment dans un livre paru aux Editions Luc Pire : Une part de rêve. Ce fils d'ouvriers italiens, venus en Belgique dans les années 50, a grandi dans les cités ouvrières de La Louvière, vécu mille aventures, vendu des encyclopédies de porte en porte avant que son imagination l'emmène à la conquête de l'Amérique. Il y est devenu une star, monte des spectacles à Las Vegas, partage des tas de projets avec Céline Dion ou Sting. Boussoufa est poussé par la même force intérieure que Dragone. Issu de l'immigration marocaine aux Pays-Bas, il a trouvé son Nevada et sa Californie en Belgique. Parti de rien, du cirque de la rue, il brille désormais sur la piste aux étoiles d'Anderlecht. Defour n'a que 18 ans mais a résisté aux pressions de Jos Vaessen, l'ancien président de Genk, afin de mener sa vie et sa carrière en homme libre. A cet âge, un tel combat laisse des traces et sa famille a encaissé des coups : il ne parle plus beaucoup à sa maman, ébranlée par tout ce qui s'est dit quand il a décidé de quitter le Limbourg, mais avec sa compagne, Irène, ce jeune bien d'aujourd'hui, à l'aise dans ses pompes, intelligent et bourré de talent, a pris le bateau au port de Sclessin et vogue vers son avenir. Salou Ibrahim a déjà trouvé ses marques à Bruges. Après la victoire du Club face au PSG, il nous a éberlué par la sagesse de ses propos, la noblesse de son attitude et la beauté de son discours dans un néerlandais de qualité qui prouve que l'homme et le joueur sont bien intégrés dans leur nouvel univers : avait-il pensé à tout cela en quittant l'Afrique pour tenter sa chance en Europe ? Demain, ce sera à d'autres de prendre leur sillage afin de vivre les mêmes joies. C'est plus que nécessaire après une saison 2005-2006 qui avait vu la pluie et la grêle, la peste et le choléra s'abattre sur les champs de la D1, que soit en Belgique, d'abord, à travers toute l'Europe ensuite. A gauche et à droite, on reparle des mérites de la formation. Le centre national Euro 2000 de Tubize et l'Académie Robert Louis-Dreyfus (Standard) avancent à grands pas, et Anderlecht nourrit des projets importants à Neerpede : c'est bien mais il faut en parler, présenter ses idées et ses réalisations à la presse. Le football est un formidable vecteur de communication et les plus grandes sociétés commerciales l'ont prouvé une fois de plus tout au long de la dernière Coupe du Monde. Il faut véhiculer sa modernité, la qualité de son travail, ses ambitions d'avenir. En Belgique, tous les clubs n'ont pas encore tous compris cette évidence vitale. La saison passée, La Louvière avait exhibé son équipe avec retard à la presse et elle brilla par son absence dans pas mal de suppléments d'avant saison dont le nôtre. Ce zéro en communication précéda la chute aux enfers. Cette fois, Charleroi se distingue par le même manque de professionnalisme. Le fautif n'est autre que Mogi Bayat qui, de plus, a fait la chasse aux photographes qui auraient pu contourner la difficulté et réaliser l'un ou l'autre document pour votre magazine préféré. Les Zèbres méritent mieux qu'un dirigeant détestant la vérité et n'ayant pas sa place dans le concert moderne. Il n'aura jamais une ligne dans un livre comme celui de Dragone. Par contre, on espère que les 18 clubs de D1, du plus petit au plus grand, et les Diables Rouges de René Vandereycken, lancés sur les routes menant à l'EURO 2008, nous offriront tous une part de rêve. Bonne saison à tous. PIERRE BILIC