" Je voulais m'adonner au plus grand nombre possible de sports pour accroître ma crédibilité de présentatrice de programmes sportifs mais jamais je n'aurais imaginé signer un contrat à la World Wrestling Entertainment ", a confié Shadia Bseiso à Al Jazeera. Elle a travaillé pour une chaîne radio durant ses études en Business Administration à l'université de Beyrouth, au Liban. Elle est ensuite devenue présentatrice TV et hôtesse lors de tournées de promotion d'Hugo Boss, Nike, Porsche et Pepsi.
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" Je voulais m'adonner au plus grand nombre possible de sports pour accroître ma crédibilité de présentatrice de programmes sportifs mais jamais je n'aurais imaginé signer un contrat à la World Wrestling Entertainment ", a confié Shadia Bseiso à Al Jazeera. Elle a travaillé pour une chaîne radio durant ses études en Business Administration à l'université de Beyrouth, au Liban. Elle est ensuite devenue présentatrice TV et hôtesse lors de tournées de promotion d'Hugo Boss, Nike, Porsche et Pepsi. Sa vie ne laissait guère de place au sport, à part un peu de fitness et de jiu-jitsu, jusqu'en janvier de l'année passée. Elle a été invitée à présenter en direct le premier événement WWE du Moyen-Orient et, à sa grande surprise, à monter sur le ring, à Dubaï. " Ça n'entrait pas vraiment dans mes projets ", a-t-elle déclaré au magazine Der Spiegel. De longs cheveux noirs, du rouge à lèvres, des boucles d'oreilles, une robe du soir argentée et des ballerines : c'est comme ça qu'elle est récemment montée sur le ring de l'International Tennis Centre d'Abu Dhabi. Elle s'est emparée du micro. " Comment ça va, Abu Dhabi ? Voulez-vous me voir me battre ? " Et le public de hurler. " Shadia ! Shadia ! " Enfants revêtus de T-shirts représentant leurs héros de lutte, femmes voilées et hommes en kandura - la longue robe blanche-, tous se sont dressés. Une scène incroyable aux Émirats arabes unis, passionnés par la lutte et... une jeune femme. " Toutes les femmes auxquelles j'ai parlé m'ont dit la même chose : -Tu nous donnes de l'espoir. J'ai aperçu des larmes ", raconte Bseiso, émue. " Elles m'ont dit que je symbolisais le changement dans la région et que j'étais la preuve que le rôle de la femme ne se limitait plus à celui de l'épouse et de la mère. Même mon père, qui a grandi dans un autre climat, m'a avoué sa fierté. Il y a déjà des athlètes d'origine arabe qui combattent en WWE mais elles sont nées au Canada ou en Grande-Bretagne. Aucune femme ayant passé toute sa vie au Moyen-Orient n'avait emprunté ce chemin avant moi. C'est pour ça que c'est spécial, pour cette génération comme pour les suivantes. " Ce sont là les paroles mesurées d'une femme qui, après sa formation au centre d'entraînement WWE d'Orlando, espère participer à des programmes TV populaires comme SmackDown et RAW. Sa soeur Arifa a déjà été un modèle d'émancipation dans le passé, en tant que responsable de l'équipe nationale féminine de boxe et visage de Nike au Moyen-Orient. " Nous commençons à faire tomber les murs ", réagit Aline Bannayan, une journaliste jordanienne. " Il y a quelques années, il n'était pas question de football féminin ici alors qu'on dispute pour le moment la Coupe féminine d'Asie dans mon pays. Tous les stéréotypes tombent, les uns après les autres. "