Ostende revient donc en D1. Un exploit signé Gilbert Bodart dont le seul objectif, en début de saison, était d'éviter l'aller-retour. D'autant que la montée en D2 n'avait été acquise que suite à la faillite de Berchem...

Mais qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse. Ivre de joie, Gilbert l'est ! Et ivre de fierté surtout ! Jeté à Visé, une bonne année auparavant, il n'a pas hésité à se farcir quotidiennement le trajet Verlaine-Ostende et retour pour guérir sa légitime frustration. Incapable de rester sur un échec et fort de son tempérament de gagneur, Gilbert a senti qu'à Ostende, il y avait un coup à jouer : -Les joueurs sont entrés dans mon jeu ! Je les ai rendus allergiques à la résignation, comme moi je le suis ! Résultat : cinq défaites sur 34 rencontres et un tour final victorieux !

Fils de Jean, gardien de D1 dans les années 60, au club de Liège et à Tilleur surtout, Gilbert est la photocopie physique de son père. Même tête, même démarche, même maintien... avec dix centimètres en plus ! Mais autant Jean était calme et réservé, autant Gilbert peut s'emporter, parler parfois un peu à tort et à travers. Bref, autant son père était discret, autant Gilbert ne passe pas inaperçu.

Mais son père, c'est son modèle, son meilleur ami, son confident, son conseiller, son mentor, son psy ! Gilbert est sous perfusion paternelle permanente depuis sa naissance. Chaque jour, il doit voir son père et lui parler. Normalement, c'est vers les 10 heures du matin qu'ont lieu les retrouvailles quotidiennes. Un véritable rituel ! Et le soir, c'est, au pire, le GSM qui les réunit à nouveau... Décidément, entre ces deux-là, le cordon ne sera jamais coupé. " Il ne s'est jamais révolté, il a toujours accepté mes jugements et je l'ai aidé pour tout ! ", affirme Jean qui, lorsqu'il a vu son fils porté en triomphe par les supporters, a craqué. " C'est la première fois que j'ai vu mon père pleurer ", avoue Gilbert encore sous le coup de l'émotion.

Gilbert est quelqu'un qui marche à l'affectif. Au point d'avoir toujours eu besoin, dans son entourage professionnel, de gens qui, à leur manière, étaient des pères de substitution. Jean Nicolay, par exemple, qui fut son entraîneur au Standard, parle de lui avec une tendresse toute paternelle :" Dans la grande lignée des gardiens du Standard, Gilbert a été le p'tit dernier de la famille. Et le p'tit dernier, c'est pas qu'on le gâte. Il a dû trimer comme les autres mais on doit se maîtriser pour ne pas le gâter. Surtout qu'il a toujours eu grand besoin d'être rassuré ". Gilbert ne fut-il pas aussi le protégé d' André Duchêne ?

Il est vrai que, par sa mentalité professionnelle exemplaire, il séduisait même ses détracteurs sans occulter par ailleurs les aspects plus conflictuels de son caractère. Un professionnalisme exacerbé. Il se voulait invincible. Et dans certaines rencontres, il le fut ! Rappelons-nous Séville 94, en match qualificatif pour le Mondial américain, où il arrêta tout. Et cette finale de la Coupe de la Ligue entre Strasbourg et Bordeaux en 96-97 jouée aux tirs au but. Gilbert, plus pro que jamais, avait glissé dans sa poche un papier qui le renseignait sur les habitudes des tireurs adverses. Avant chaque tir, tourné vers ses propres filets, il consulta son papelard magique. Résutat : trois tirs sur cinq stoppés et, comble de culot, il se chargera d'inscrire lui-même le cinquième tir décisif pour la victoire de son club. Episode probablement unique dans les annales du foot français !

Gilbert le Liégeois qui ramène Ostende en D1, c'est le monde à l'envers ! Lui qui n'avait jamais digéré la cabale de la presse flamande le privant du Soulier d'or, en 1995, au profit de Paul Okon, le voilà adulé et porté en triomphe en terre de Flandre. Le connaissant, l'air du large aura sans doute eu le don de décupler ses qualités de battant que ni vents ni marées n'ont jamais pu endiguer.

La montée d'Ostende avec Bodart, cela ne pouvait faire que des vagues. Et comble d'ironie, savez-vous qui est capitaine d'Ostende ? Paul Okon !

parAndré Remy

" Gilbert le Liégeois qui ramène Ostende en D1, c'est LE MONDE À L'ENVERS "

Ostende revient donc en D1. Un exploit signé Gilbert Bodart dont le seul objectif, en début de saison, était d'éviter l'aller-retour. D'autant que la montée en D2 n'avait été acquise que suite à la faillite de Berchem... Mais qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse. Ivre de joie, Gilbert l'est ! Et ivre de fierté surtout ! Jeté à Visé, une bonne année auparavant, il n'a pas hésité à se farcir quotidiennement le trajet Verlaine-Ostende et retour pour guérir sa légitime frustration. Incapable de rester sur un échec et fort de son tempérament de gagneur, Gilbert a senti qu'à Ostende, il y avait un coup à jouer : -Les joueurs sont entrés dans mon jeu ! Je les ai rendus allergiques à la résignation, comme moi je le suis ! Résultat : cinq défaites sur 34 rencontres et un tour final victorieux ! Fils de Jean, gardien de D1 dans les années 60, au club de Liège et à Tilleur surtout, Gilbert est la photocopie physique de son père. Même tête, même démarche, même maintien... avec dix centimètres en plus ! Mais autant Jean était calme et réservé, autant Gilbert peut s'emporter, parler parfois un peu à tort et à travers. Bref, autant son père était discret, autant Gilbert ne passe pas inaperçu. Mais son père, c'est son modèle, son meilleur ami, son confident, son conseiller, son mentor, son psy ! Gilbert est sous perfusion paternelle permanente depuis sa naissance. Chaque jour, il doit voir son père et lui parler. Normalement, c'est vers les 10 heures du matin qu'ont lieu les retrouvailles quotidiennes. Un véritable rituel ! Et le soir, c'est, au pire, le GSM qui les réunit à nouveau... Décidément, entre ces deux-là, le cordon ne sera jamais coupé. " Il ne s'est jamais révolté, il a toujours accepté mes jugements et je l'ai aidé pour tout ! ", affirme Jean qui, lorsqu'il a vu son fils porté en triomphe par les supporters, a craqué. " C'est la première fois que j'ai vu mon père pleurer ", avoue Gilbert encore sous le coup de l'émotion. Gilbert est quelqu'un qui marche à l'affectif. Au point d'avoir toujours eu besoin, dans son entourage professionnel, de gens qui, à leur manière, étaient des pères de substitution. Jean Nicolay, par exemple, qui fut son entraîneur au Standard, parle de lui avec une tendresse toute paternelle :" Dans la grande lignée des gardiens du Standard, Gilbert a été le p'tit dernier de la famille. Et le p'tit dernier, c'est pas qu'on le gâte. Il a dû trimer comme les autres mais on doit se maîtriser pour ne pas le gâter. Surtout qu'il a toujours eu grand besoin d'être rassuré ". Gilbert ne fut-il pas aussi le protégé d' André Duchêne ? Il est vrai que, par sa mentalité professionnelle exemplaire, il séduisait même ses détracteurs sans occulter par ailleurs les aspects plus conflictuels de son caractère. Un professionnalisme exacerbé. Il se voulait invincible. Et dans certaines rencontres, il le fut ! Rappelons-nous Séville 94, en match qualificatif pour le Mondial américain, où il arrêta tout. Et cette finale de la Coupe de la Ligue entre Strasbourg et Bordeaux en 96-97 jouée aux tirs au but. Gilbert, plus pro que jamais, avait glissé dans sa poche un papier qui le renseignait sur les habitudes des tireurs adverses. Avant chaque tir, tourné vers ses propres filets, il consulta son papelard magique. Résutat : trois tirs sur cinq stoppés et, comble de culot, il se chargera d'inscrire lui-même le cinquième tir décisif pour la victoire de son club. Episode probablement unique dans les annales du foot français ! Gilbert le Liégeois qui ramène Ostende en D1, c'est le monde à l'envers ! Lui qui n'avait jamais digéré la cabale de la presse flamande le privant du Soulier d'or, en 1995, au profit de Paul Okon, le voilà adulé et porté en triomphe en terre de Flandre. Le connaissant, l'air du large aura sans doute eu le don de décupler ses qualités de battant que ni vents ni marées n'ont jamais pu endiguer. La montée d'Ostende avec Bodart, cela ne pouvait faire que des vagues. Et comble d'ironie, savez-vous qui est capitaine d'Ostende ? Paul Okon ! parAndré Remy" Gilbert le Liégeois qui ramène Ostende en D1, c'est LE MONDE À L'ENVERS "