Alost a connu trois, voire quatre entraîneurs, trois présidents et autant de managers cette saison. Dans ces conditions, il faut tirer son chapeau à la manière dont l'équipe s'est alignée. Composée d'un mélange de restes dont plus personne ne voulait, des joueurs en surnombre ailleurs, d'illustres inconnus enrôlés gratuitement et flanqués de jeunes du cru, l'équipe a entamé le championnat comme une comète. Après six semaines, Alost occupait fièrement la tête du classement avec La Gantoise. La formation s'appuyait sur un solide axe défensif, avec un g...

Alost a connu trois, voire quatre entraîneurs, trois présidents et autant de managers cette saison. Dans ces conditions, il faut tirer son chapeau à la manière dont l'équipe s'est alignée. Composée d'un mélange de restes dont plus personne ne voulait, des joueurs en surnombre ailleurs, d'illustres inconnus enrôlés gratuitement et flanqués de jeunes du cru, l'équipe a entamé le championnat comme une comète. Après six semaines, Alost occupait fièrement la tête du classement avec La Gantoise. La formation s'appuyait sur un solide axe défensif, avec un gardien de classe, Vladan Kujovic, et deux défenseurs centraux expérimentés et forts de la tête, Georges Arts et David Van Hoyweghen. Dans l'entrejeu, Gideon Imagbudu, repêché de D2 par Manu Ferrera, a montré à quel point la carrière d'un joueur dépendait de la confiance qu'on lui accorde. En pointe, la Belgique a découvert un duo talentueux: Patrick Dimbala, âgé de 18 ans et sur le banc la saison passée, n'est plus à présenter. L'année dernière, le Yougoslave Damir Stojak souffrait constamment de petites blessures qui l'empêchaient d'être titularisé. Ses buts et ses éclairs de génie ont rappelé qu'il avait évolué en Série A. Une fois l'enthousiasme des jeunes retombé, les problèmes de paiement ont commencé à peser, d'autant que la direction vacillait. Alost est retombé. Héros quand son équipe comptait 16 points sur 18, Manu Ferrera a été remplacé en janvier par Luc Limpens, issu du club. Sous la conduite de cet entraîneur débutant, Alost a découvert d'autres talents. Alors que Manu Ferrera se plaignait de n'avoir pas d'arrière gauche et prétendait que Yannick Vervalle, loué à Anderlecht, était insuffisant, ce joueur a été une des révélations des derniers mois de championnat. A droite, Jan Verlinden, loué à Twente, a également retrouvé son meilleur niveau. Leur passage à Alost a rendu leur panache à Vervalle et à Verlinden. Un autre joueur, venu de Gand, a retrouvé ses sensations: Eric Joly, le distributeur de jeu. Enfin, Stojak a continué à marquer. Accablée de problèmes financiers, cette équipe a prouvé son incroyable résistance mentale en arrachant des points à domicile aux deux candidats au titre, Genk et le Club Brugeois, après la déclaration de faillite. L'équipe n'a même pas plié lorsque les nouveaux administrateurs ont aligné une pléiade de jeunes, entourés de quelques anciens. Par exemple, le tout jeune gardien Kris Ottoy a prouvé qu'au moins, les problèmes financiers du club avaient un avantage: permettre aux jeunes de se mettre en évidence. Dans des circonstances normales, les clubs préfèrent les valeurs sûres et les jeunes talents n'ont pas assez d'occasions de faire leurs preuves. Pour reprendre un vieux proverbe, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Geert Foutré