Sorti pour fêter les 40 ans du premier mouvement automatique haute fréquence de l'histoire, le Zenith El Primero Striking 10th demeure le fer de lance d'une gamme de chronographes de manufacture dont le rapport qualité/prix s'avère imbattable. La caractéristique principale de ce modèle réside dans le fait qu'il offre une vraie lecture directe du 10e de seconde : sa grande aiguille rouge (l'habituelle aiguille des secondes) fait en 10 secondes le tour d'un cadran dont les intervalles sont clairement divisés en 10 dixièmes. Cette précisio...

Sorti pour fêter les 40 ans du premier mouvement automatique haute fréquence de l'histoire, le Zenith El Primero Striking 10th demeure le fer de lance d'une gamme de chronographes de manufacture dont le rapport qualité/prix s'avère imbattable. La caractéristique principale de ce modèle réside dans le fait qu'il offre une vraie lecture directe du 10e de seconde : sa grande aiguille rouge (l'habituelle aiguille des secondes) fait en 10 secondes le tour d'un cadran dont les intervalles sont clairement divisés en 10 dixièmes. Cette précision qui saute aux yeux a été rendue possible par la vitesse du balancier qui bat à 36 000 alternances/heure, soit 10 pulsations par seconde. L'histoire d'El Primero est un cas unique dans les annales horlogères : un mouvement mécanique devenu si fameux qu'il continue à incarner (presque) à lui tout seul les valeurs techniques d'une marque. Dès le début tout a concouru à en faire un mythe. Engagés dans une course de vitesse avec un pôle technique réunissant plusieurs autres marques suisses, les ingénieurs de Zenith réussirent d'abord l'exploit de coiffer tout le monde sur la ligne. Présenté le 10 janvier 1969, leur chronographe automatique haute fréquence fut bien le premier (El Primero, en esperanto), devançant de deux mois celui de leurs concurrents. Mais la belle histoire tourna court, car quelques mois plus tard le quartz débarquait ! La montée en puissance de la montre électronique dans les années 70 faillit sonner le glas de ce calibre mécanique. En effet, les nouveaux propriétaires américains de Zenith décidèrent d'adopter la nouvelle technologie, ordonnant dans le même temps la destruction des plans et outils de fabrication du El Primero. Sauvés du pilon grâce à l'entrée en résistance de l'horloger Charles Vermot qui les cacha dans un grenier, ces pièces permirent de relancer la production du mouvement lorsque l'entreprise repassa entre des mains suisses. En 1984, Rolex choisit d'en équiper son fameux chronographe Daytona, participant ainsi de manière décisive au redémarrage de la manufacture du Locle. Après des déboires commerciaux, c'est autour d'El Primero que Zenith a décidé il y a deux ans de recadrer ses activités. Le succès ne s'est pas fait attendre car la légende est intacte, les déclinaisons nombreuses et les prix persuasifs (entrée de gamme sous 5.000 euros). En 1909, l'aviateur Louis Blériot portait une montre Zenith pour traverser la Manche en 37 minutes. Un peu plus de 100 ans plus tard, Zenith embarque comme sponsor à bord de l'hydroptère d'Alain Thébault, un bateau qui a fait la même traversée en 34 minutes et 24 secondes, lui aussi porté par le vent, mais sans l'aide du moindre carburant. PAR PATRICK DELAROCHE