La rapport accablant établi par la Commission des licences sur le football professionnel belge n'est pas surprenant. Bien avant que le coronavirus n'étouffe le monde du foot, il était clair que de nombreux clubs étaient bâtis sur des fondations bancales. On a dépensé l'argent qu'on n'avait pas, on a conclu des alliances avec des repreneurs/propriétaires étrangers afin de pouvoir continuer à vivre dans un monde artificiel qui n'était qu'une énorme bulle de savon.

C'est affligeant : quatre clubs seulement seraient bien gérés. En ce sens, le fait que seulement sept clubs ne reçoivent pas (pour le moment) leur licence constitue une bonne surprise. Il risque d'y en avoir plus après la pandémie. Toute la branche du football livre une lutte impitoyable pour sa survie. Elle doit chercher des sources de financement pour combler les brèches ou placer des joueurs au chômage technique.

La Commission des licences a bien fait de mettre de l'ordre. Les clubs non-viables n'ont plus leur place dans le football professionnel. Dans le passé, par exemple, on a trop aisément détourné le regard de la situation de Mouscron. Il a fallu beaucoup trop de temps pour prouver que le club était dirigé par un manager, Pini Zahavi.

Par contre, l'éventuelle relégation du Standard en D2 Amateurs a fait l'effet d'une bombe. Le bastion liégeois était entouré d'une aura d'immunité à laquelle nul ne semblait oser toucher. Le Standard se tourne maintenant vers la CBAS, qui est généralement plus souple. Pour sa défense, il a avancé que certains faits avaient été mal interprétés et le club va présenter de nouvelles preuves, notamment sur les constructions mises en place.

Il n'y a aucun doute que le Standard, avec sa riche tradition et ses fidèles supporters, va obtenir sa licence. Ensuite, la direction aura tout intérêt à bannir toutes ses émotions et à analyser sa gestion au lieu de rejeter toutes les fautes sur les autres. Mais ça, c'est inhérent au Standard, qui ne se regarde jamais dans la glace. Alors que les questions ne manquent pas. Par exemple, comment est-il possible qu'un club qui a des problèmes de liquidités ait dépensé trente millions en nouveaux joueurs l'été dernier ? Sur base de quels critères, de quelles mesures artificielles ? Quand le président Bruno Venanzi revient sur son mandat de cinq ans, quelles conclusions tire-t-il ? Que pense-t-il notamment de l'apport des personnes qui l'ont entouré et qui ont été renvoyées ? Dans quelle mesure Michel Preud'homme, entraîneur, directeur technique, administrateur et vice-président, a-t-il pesé sur la gestion ?

Le Standard aura évidemment sa licence.

Le Standard n'est évidemment pas le seul club à s'être emballé. On n'a pas encore écrit la dernière strophe de la marche funèbre d'Anderlecht. Comme le Standard, les Mauves vont devoir réduire la taille de leur noyau. Il est étonnant que Marc Coucke, démoli par tout un chacun, reste debout dans cette tourmente verbale et maintienne son cap avec obstination. Croire que le président va lâcher une partie de son pouvoir suite à l'arrivée de Karel Van Eetvelt relève de l'illusion. Coucke a une cuirasse d'éléphant, comme il le montre dans sa pénible dispute avec Ostende, un autre club qui voit une bouée de secours dans la CBAS.

Le milieu du football a du mal à se couler dans la nouvelle réalité. Pourtant, la crise économique va l'y contraindre. Le temps des gros salaires est passé. Le monde du football doit se normaliser. En attendant, on multiplie les palabres sur la poursuite de la compétition. Alors que le monde entier est en feu.

Bruno Venanzi, Photo News
Bruno Venanzi © Photo News
La rapport accablant établi par la Commission des licences sur le football professionnel belge n'est pas surprenant. Bien avant que le coronavirus n'étouffe le monde du foot, il était clair que de nombreux clubs étaient bâtis sur des fondations bancales. On a dépensé l'argent qu'on n'avait pas, on a conclu des alliances avec des repreneurs/propriétaires étrangers afin de pouvoir continuer à vivre dans un monde artificiel qui n'était qu'une énorme bulle de savon. C'est affligeant : quatre clubs seulement seraient bien gérés. En ce sens, le fait que seulement sept clubs ne reçoivent pas (pour le moment) leur licence constitue une bonne surprise. Il risque d'y en avoir plus après la pandémie. Toute la branche du football livre une lutte impitoyable pour sa survie. Elle doit chercher des sources de financement pour combler les brèches ou placer des joueurs au chômage technique. La Commission des licences a bien fait de mettre de l'ordre. Les clubs non-viables n'ont plus leur place dans le football professionnel. Dans le passé, par exemple, on a trop aisément détourné le regard de la situation de Mouscron. Il a fallu beaucoup trop de temps pour prouver que le club était dirigé par un manager, Pini Zahavi. Par contre, l'éventuelle relégation du Standard en D2 Amateurs a fait l'effet d'une bombe. Le bastion liégeois était entouré d'une aura d'immunité à laquelle nul ne semblait oser toucher. Le Standard se tourne maintenant vers la CBAS, qui est généralement plus souple. Pour sa défense, il a avancé que certains faits avaient été mal interprétés et le club va présenter de nouvelles preuves, notamment sur les constructions mises en place. Il n'y a aucun doute que le Standard, avec sa riche tradition et ses fidèles supporters, va obtenir sa licence. Ensuite, la direction aura tout intérêt à bannir toutes ses émotions et à analyser sa gestion au lieu de rejeter toutes les fautes sur les autres. Mais ça, c'est inhérent au Standard, qui ne se regarde jamais dans la glace. Alors que les questions ne manquent pas. Par exemple, comment est-il possible qu'un club qui a des problèmes de liquidités ait dépensé trente millions en nouveaux joueurs l'été dernier ? Sur base de quels critères, de quelles mesures artificielles ? Quand le président Bruno Venanzi revient sur son mandat de cinq ans, quelles conclusions tire-t-il ? Que pense-t-il notamment de l'apport des personnes qui l'ont entouré et qui ont été renvoyées ? Dans quelle mesure Michel Preud'homme, entraîneur, directeur technique, administrateur et vice-président, a-t-il pesé sur la gestion ? Le Standard n'est évidemment pas le seul club à s'être emballé. On n'a pas encore écrit la dernière strophe de la marche funèbre d'Anderlecht. Comme le Standard, les Mauves vont devoir réduire la taille de leur noyau. Il est étonnant que Marc Coucke, démoli par tout un chacun, reste debout dans cette tourmente verbale et maintienne son cap avec obstination. Croire que le président va lâcher une partie de son pouvoir suite à l'arrivée de Karel Van Eetvelt relève de l'illusion. Coucke a une cuirasse d'éléphant, comme il le montre dans sa pénible dispute avec Ostende, un autre club qui voit une bouée de secours dans la CBAS. Le milieu du football a du mal à se couler dans la nouvelle réalité. Pourtant, la crise économique va l'y contraindre. Le temps des gros salaires est passé. Le monde du football doit se normaliser. En attendant, on multiplie les palabres sur la poursuite de la compétition. Alors que le monde entier est en feu.