La saison passée, un terrible orage a fait tomber toute la pluie du ciel sur la tête des Standardmen. Tel Zeus, le roi des dieux de la mythologie grecque, Luciano D'Onofrio fit parler la foudre. Il remplaça son coach, Laszlo Bölöni, qui l'avait déçu par sa gestion sans queue ni tête du groupe durant sa deuxième saison à Sclessin, par le duo Dominique D'Onofrio- Jean-François de Sart. Tout était encore jouable: prolongation de l'aventure européenne et qualification pour les plays-offs 1. Cette man£uvre échoua au niveau national. L'effectif était en fin de cycle, affaibli par des ambi-tions individuelles plus importantes que les dénominateurs ...

La saison passée, un terrible orage a fait tomber toute la pluie du ciel sur la tête des Standardmen. Tel Zeus, le roi des dieux de la mythologie grecque, Luciano D'Onofrio fit parler la foudre. Il remplaça son coach, Laszlo Bölöni, qui l'avait déçu par sa gestion sans queue ni tête du groupe durant sa deuxième saison à Sclessin, par le duo Dominique D'Onofrio- Jean-François de Sart. Tout était encore jouable: prolongation de l'aventure européenne et qualification pour les plays-offs 1. Cette man£uvre échoua au niveau national. L'effectif était en fin de cycle, affaibli par des ambi-tions individuelles plus importantes que les dénominateurs communs. D'Onofrio décida de corser son staff technique et remplaça la science et le calme de de Sart (nommé à la tête du centre de forma-tion, le joyau du Standard) par le charisme et la grinta de Sergio Conceiçao aux côtés de DD maintenu à son poste. Le défi est peut-être encore plus important qu'en 2009-10. Ce ne sera plus la saison des rêves européens mais celle d'un nouveau départ: avec un autre vestiaire, sera-t-il synonyme de faim de succès pour les Rouches? Les Liégeois ne se sont jamais remis du départ d' Oguchi Onyewu. Leur bastion défensif traîna son deuil tout au long de la saison passée. Le c£ur de ce secteur fut souvent revu, ajusté, modifié et critiqué. Sans son Américain, le Standard ne maîtrisait plus le trafic aérien de la même façon. Même Sinan Bolat, malgré quelques exploits, y perdit parfois son latin. Hans Galjé a remplacé Jean-François Lecomte en tant qu'entraîneur des gardiens: il devra rendre confiance à tous les derniers remparts du Standard. Un changement de profil de cette division s'était déjà opéré durant le mercato d'hiver avec la venue de Sébastien Pocognoli, qui devait accentuer sa présence et son rôle de leader d'une équipe rajeunie. Mohammed Sarr étant relégué dans le noyau B, Eliaquim Mangala aimerait s'installer définitivement dans l'axe aux côtés de VictorRamos ou de Felipe. A droite, Laurent Ciman, très à l'aise, donne l'impres-sion d'être au Standard depuis 10 ans et remplace bien Marcos Camozzato. Opare peut aussi évoluer à cette place. L'heure n'est plus aux hésitations pour Steven Defour et Axel Witsel. La saison passée, leurs arrêts ont grippé la machine. Le milieu liégeois doit retrouver son ordre de marche. Defour et Witsel ont suffisamment de métier pour porter le gros du poids de l'équipe. S'ils y arrivent, des clubs étrangers feront du lèche-vitrine à Sclessin même si le Standard n'est pas européen. Defour devrait jouer plus haut: et des tours comme Alan Pamic et Hans Dibi seront utiles devant la défense. On attend beaucoup de Mehdi Carcela à gauche ou dans l'axe. Koen Daerden devrait enfin faire son trou à gauche et Danilo a les atouts pour s'installer sur une des deux ailes. Opare peut aussi y briller. Franck Berrier est évidemment attendu à droite d'où il sèmera ses assists. Le Standard a encore Réginal Goreux et Gregory Dufer. C'est la bouteille à encre. Peut-on se passer du jour au lendemain de ceux qui, comme Milan Jovanovic ou Igor de Camargo, sans oublier Dieumerci Mbokani, ont fait la pluie et le beau temps? Un pharaon, Emad Meteb, y bâtira-t-il sa pyramide sans période de transition? Des attaquants comme Zorro Cyriac et Eric Bokanga profiteront de la force et la fraîcheur de Christian Benteke. Le staff technique ne s'attend pas à vivre une saison tranquille. Et avant que DD et Sergio puissent crier - A table ! comme Devos et Lemmens, ils devront trouver les bonnes sauces. Seront-elles piquantes ou fades? Ils n'ont pas le choix: Sclessin n'aime que les plats bien relevés. Les joueurs sont au pied du mur, eux aussi. PAR PIERRE BILIC