Le monde du football a souvent une idée tronquée de la presse. Et ce, peu importe le niveau d'études, l'âge, la nationalité ou l'expérience professionnelle. Il y a une dizaine de jours, deux personnages aussi incontournables, désormais, que différents du paysage du football belge que Pierre François, le directeur général du Standard de Liège, et Pietro Allatta, l'agent de joueurs inculpé, y allaient de deux déclarations inoubliables.
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Le monde du football a souvent une idée tronquée de la presse. Et ce, peu importe le niveau d'études, l'âge, la nationalité ou l'expérience professionnelle. Il y a une dizaine de jours, deux personnages aussi incontournables, désormais, que différents du paysage du football belge que Pierre François, le directeur général du Standard de Liège, et Pietro Allatta, l'agent de joueurs inculpé, y allaient de deux déclarations inoubliables. Evoquant la suspension préventive de son capitaine Sergio Conceiçao par l'Union Belge pour des faits désormais bien connus, François y alla d'un sonore (c'est un ancien avocat...) : " Je pense que le comité sportif ne pouvait pas prendre d'autre décision au vu de tout ce qui a été écrit sur le joueur ". Deux jours plus tard, François estima que Conceiçao avait été " victime d'un lynchage médiatique ". Allatta avait, lui, une manière tout aussi personnelle d'expliquer ses avatars : " Comment voulez-vous que la juge ne m'inculpe pas ? Après tout ce que les journaux ont écrit sur moi... " Dans ces deux cas - comme dans beaucoup d'autres - les gens confondent volontiers la cause et la conséquence quand cette dernière ne les arrange pas. Qu'ils sachent, donc, que la presse sérieuse ne crée jamais l'événement dans une vraie démocratie comme la Belgique. Par contre, son devoir est de rapporter les faits. Comment voulez-vous que Conceiçao ne se fasse pas reprendre de volée par le comité sportif après vision des images et les commentaires sur ce qui s'est passé ? De toute manière, le rapport de l'arbitre seul aura suffi à convaincre qui de droit. En ce qui concerne Allatta, le processus est le même. Certes, la presse (et notre magazine en premier) avait mis en évidence des pratiques troubles ; mais ce sont - là aussi - des faits avérés qui ont été révélés et non des divagations. La seule différence entre ces deux cas est que Conceiçao a agressé l'arbitre Peter Vervecken au vu et au su de tous, tandis qu'Allatta aurait aimé que tout demeure le plus discret possible en ce qui concerne ses activités. Du côté du Sporting de Charleroi, on ne saisit toujours pas non plus la distance et le respect que les personnages publics doivent conserver à l'égard des journalistes, même si ces derniers les critiquent. Pour commencer, MogiBayat, le manager général du club, n'a toujours pas fourni les preuves de ce qu'il avançait le lundi 30 janvier dernier sur le plateau de Studio 1, à savoir que Sport/Foot Magazine avait menti... Mission impossible pour lui, évidemment. Autre chose : dans le Nieuwsblad du 24 mars, on interviewait Abbas Bayat, le président des Zèbres. -Question : Certains estiment que Mogi est un manager génial parce que ses déclarations permettent au club de toujours se trouver dans l'actualité. -Réponse : D'abord, il n'est pas du tout un manager génial. Ensuite, nous avons une liste de conduites claires à respecter par tout un chacun dans le management. Et il doit s'y tenir. Il est payé par le club. Il n'est pas le propriétaire. -Question : Vous ne lui dites jamais : -Calme-toi, mon garçon ?-Réponse : Naturellement. Mais je lui dis aussi qu'il doit donner son avis quand il se sent injustement attaqué. Si tout le monde avait agi de la sorte, Hitler n'aurait jamais existé. Abbas Bayat a tout à fait raison : la liberté d'expression existe bel et bien en Belgique. Mais comment explique-t-il alors qu'un de nos journalistes a été empêché, après le match Charleroi-Standard, il y a dix jours, d'avoir accès aux joueurs pour effectuer des interviews en compagnie de ses collègues ? Les stewards carolos l'empêchèrent, en effet, de façon discriminatoire d'effectuer son travail : " Monsieur ne peut pas passer. On a des ordres venus d'en haut à son égard ". Sport/Foot Magazine, a demandé à la Ligue Professionnelle de rappeler à Charleroi ses obligations à l'égard de la presse, ce qui a été fait. On verra vendredi prochain, après Charleroi-Anderlecht si " ceux d'en haut qui donnent des ordres " les respecteront. john baete