Il y a exactement quatre mois, les Diables Rouges disputaient leur dernier match de préparation à l'EURO face à la Norvège. Leur prestation n'était pas exceptionnelle mais on sentait l'enthousiasme grandir. Il en avait été plusieurs fois de même au cours des mois précédents. Les Diables Rouges reliaient deux communautés, étaient le symbole de l'union nationale : le pays tout entier se couvrait de noir, jaune, rouge.
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Il y a exactement quatre mois, les Diables Rouges disputaient leur dernier match de préparation à l'EURO face à la Norvège. Leur prestation n'était pas exceptionnelle mais on sentait l'enthousiasme grandir. Il en avait été plusieurs fois de même au cours des mois précédents. Les Diables Rouges reliaient deux communautés, étaient le symbole de l'union nationale : le pays tout entier se couvrait de noir, jaune, rouge. Mais ces clichés étaient aussi fatigants que ceux sur la génération dorée. Ce qu'on voulait, c'était voir la Belgique gagner quelque chose en produisant du beau football. Tout semblait être réuni pour cela : la puissance et la technique, l'endurance et la créativité. Il y a quatre mois, dans ce magazine, Romelu Lukaku affirmait que les Diables Rouges gifleraient tout le monde à l'EURO. Aujourd'hui, il ne reste rien de tout cela. En France, les Diables Rouges ont déçu et l'enthousiasme du public s'est envolé en fumée. Lors du premier match amical qui a suivi le championnat d'Europe, le stade était à moitié vide et les spectateurs ont sifflé. Ce retournement de situation était aussi radical que la banderole par laquelle on remerciait Marc Wilmots pour le travail fourni. Beaucoup semblaient pourtant d'accord pour dire que le sélectionneur fédéral s'était planté. Sauf Wilmots lui-même dont la première interview post-EURO, il y a deux semaines, ne contenait pas la moindre once d'auto-critique. Vendredi soir, contre la Bosnie-Herzégovine, la Belgique sera à la croisée des chemins. Si elle joue mal, le public risque de lui tourner le dos. Les joueurs, longtemps protégés parce que toutes les critiques s'abattaient sur le sélectionneur, vont devoir prendre leurs responsabilités. Ce match constitue également un test pour Roberto Martinez, qui doit notamment trouver la solution pour remplacer Kevin De Bruyne, blessé mais qui doit surtout veiller à raviver la flamme dans cette équipe où certains joueurs ont trop facilement tendance à se laisser aller. On ne peut pas encore dire grand-chose du nouveau sélectionneur fédéral. Si ce n'est qu'il n'a aucun palmarès. Martinez voit en tout cas plus loin que l'équipe A. Il a déjà rencontré tous les entraîneurs des équipes nationales d'âge, ce qu'on avait rarement vu jusqu'ici. Cela démontre qu'il travaille à long terme. Mais il sera de toute façon jugé uniquement sur les résultats de l'équipe A. Lors des conférences de presse, Martinez est plus vague que son prédécesseur. On pouvait reprocher beaucoup de choses à Marc Wilmots mais pas de manquer de franchise. Martinez ne semble pas non plus être novateur. Il préfère l'évolution et le conservatisme à la révolution. Il construit sur des fondations qui existent déjà et sa sélection pour le match contre la Bosnie le prouve. On n'y trouve aucun Espoir mais des noms confirmés, même s'ils ne jouent plus dans leur club. Le week-end dernier, on a de nouveau beaucoup parlé des arbitres. Cela devient une habitude. Hein Vanhaezebrouck s'est énervé au sujet d'un penalty non sifflé face au Club Bruges. Selon lui, le quatrième arbitre aurait crié "penalty" et l'arbitre, Alexandre Boucaut, ne l'aurait pas écouté. Il n'est bien entendu pas interdit de signaler ce genre de choses. Mais aussi frustré un entraîneur soit-il, cela ne lui donne pas le droit de perdre totalement son self-control et de parler de choses pas nettes. Les arbitres restent soumis au feu de la critique. Le fait que Luc Wouters ait exclu le mauvais joueur après une discussion interminable au sujet d'un penalty lors du match entre Genk et Malines est particulièrement pénible. On évoque ici deux scènes mais le problème est bien plus profond : c'est tout le niveau de l'arbitrage belge qui donne à penser. Ce n'est pas un hasard si nous n'avons plus d'arbitres en Coupe d'Europe. On peut parler de professionnalisme, de meilleure formation ou de meilleur encadrement mais le vrai problème, dans ce pays, c'est surtout qu'on n'agit pas. Il est urgent d'instaurer l'arbitrage-vidéo. Cela permettra d'éviter bon nombre de polémiques. Dire que de telles discussions font partie du football, comme l'a déjà affirmé Michel Platini -radicalement opposé aux nouvelles technologies - est complètement dépassé. PAR JACQUES SYSLes entraîneurs doivent pouvoir garder leur self-control.