Au départ, chacun s'accordait à dire que cette équipe des Diables allait enfin se départir de sa prudence, face à l'Italie, afin d'exploiter pleinement les qualités offensives qu'on lui prête. Mais force est de reconnaître qu'il y a toujours l'un ou l'autre facteur qui nous empêche d'exprimer cet allant. Est-ce lié à une inclination proprement belge ? Toujours est-il que les Diables ont davantage subi qu'imprimé leur griffe face à la Squadra. Mais ce qui est plus déconcertant encore, c'est qu'on ne relevait pas le moindre fil conducteur dans cette équipe.
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Au départ, chacun s'accordait à dire que cette équipe des Diables allait enfin se départir de sa prudence, face à l'Italie, afin d'exploiter pleinement les qualités offensives qu'on lui prête. Mais force est de reconnaître qu'il y a toujours l'un ou l'autre facteur qui nous empêche d'exprimer cet allant. Est-ce lié à une inclination proprement belge ? Toujours est-il que les Diables ont davantage subi qu'imprimé leur griffe face à la Squadra. Mais ce qui est plus déconcertant encore, c'est qu'on ne relevait pas le moindre fil conducteur dans cette équipe. L'Italie a tout bonnement surclassé notre formation représentative sur les plans technique et tactique. Les Transalpins ne possèdent peut-être plus une équipe d'anthologie, comme par le passé, mais leur relatif manque de talent est compensé par un collectif sans faille. A tout moment, ses joueurs savent ce qu'ils doivent faire et, surtout, comment se déplacer. Le mérite en revient à Antonio Conte, qui a procédé avec les Azzurri de la même manière qu'il s'y était pris, naguère, avec la Juventus. Et comme il le fera, plus que probablement, avec Chelsea, son futur employeur. MarcWilmots ferait sans doute bien de s'en inspirer ! Evidemment, on ne peut reprocher au fédéral la méforme de certains joueurs. Comme celle de Kevin De Bruyne, par exemple, qui est passé complètement à côté de son sujet face aux Italiens, à l'instar de Romelu Lukaku d'ailleurs. Ce qui est plus grave, pour ne pas dire intolérable, c'est que des manquements relevés lors des matches de préparation, subsistent toujours. On peut dès lors se demander quels progrès ont été effectués par cette équipe. A la Coupe du monde, celle-ci n'avait pas trouvé la parade face à un adversaire de niveau appelé l'Argentine. Deux ans plus tard, le même constat reste d'application face à l'Italie. On est trop courts devant des oppositions de renom, c'est aussi simple que ça. D'accord, rien n'est perdu pour autant en France. L'Irlande et la Suède, qui n'ont pu se départager à Saint-Denis, quelques heures avant l'entrée en matière de nos représentants, ne sont pas des adversaires à l'aune des Italiens. Il n'empêche qu'on attend en vain, de la part de nos Diables, une prestation d'ensemble convaincante, voire l'une ou l'autre action d'éclat. D'EdenHazard, notamment. Celui-ci était l'un de nos meilleurs éléments sur la pelouse du nouveau stade de Lyon. Surtout en deuxième mi-temps. Il n'empêche qu'Hazardinho, comme le surnomme Vincent Kompany, prêche trop souvent dans le désert. Et sa cohabitation avec Kevin De Bruyne reste problématique, même si les deux hommes sont de bonne composition. Au cours de cet EURO, la France tente de se débarrasser d'une série de vieux démons. Après le match d'ouverture face à la Roumanie, le président François Hollande avait félicité tout le monde de façon triomphale parce qu'on n'avait déploré aucun incident. Comme s'il voulait sortir son pays de la dépression. Le lendemain, à Marseille, de terribles bagarres éclataient entre hooligans russes et anglais. L'UEFA menaçait d'exclure les deux pays en cas de récidive, une mesure impossible à appliquer et qui semble étrange puisqu'elle émane d'un organisme sans leader. Qui pourrait prendre cette responsabilité alors que le navire n'a plus de capitaine ? Et cela mettrait-il fin aux excès inhérents à un grand tournoi ? Les noyaux durs cherchent à attirer l'attention. Mieux vaut ne pas leur donner carte blanche pour faire encore plus de dégâts. Pour assurer la sécurité de cet EURO, la France a rassemblé 90.000 militaires. Elle donne l'impression d'un pays en guerre. Le jour du match d'ouverture, à Paris, il y avait des soldats partout. Plus que le hooliganisme, ce sont les attentats que la France craint. Tous les coaches ont dû répondre à la même question : comment leurs joueurs vivent-ils cela ? On attend des grands tournois qu'ils reflètent l'image du pays organisateur. Ce fut le cas en 2006 en Allemagne, où la Coupe du monde fut une fête au cours de laquelle l'ex-RDA démontra pour la première fois qu'elle s'était fondue dans l'Allemagne réunifiée. Ce fut même le cas lors du Mondial sud-africain, en 2010, même si la réalité est ensuite revenue au galop. Pour la France, l'enjeu de cet EURO est bien plus grand : il s'agit de faire oublier un traumatisme. Pour cela, rien de tel que de disputer la finale et de décrocher le titre. Cela ferait du bien à la population. Temporairement du moins. Car dans ce pays, l'état d'urgence est prolongé jusqu'à la fin du Tour de France au moins. Cela nous fait penser qu'il y a 40 ans exactement, LucienVanImpe était le dernier belge à triompher sur les Champs Elysées. De triomphe, il est loin d'en être question actuellement pour les Diables Rouges. PAR JACQUES SYSAu cours des deux dernières années, l'équipe n'a pas évolué.