A son habitude, en suspendant Alberto Contador un an, soit jusqu'au 24 août, la fédération espagnole de cyclisme s'est montrée clémente puisque l'AMA prescrit une mise à l'écart de deux ans lors de la première incartade, un sportif étant responsable de toutes les substances interdites se trouvant dans son corps, aux yeux de l'agence antidopage. Pour bénéficier d'une diminution de peine, Contador devait prouver qu'une contamination était à l'origine du test positif.
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A son habitude, en suspendant Alberto Contador un an, soit jusqu'au 24 août, la fédération espagnole de cyclisme s'est montrée clémente puisque l'AMA prescrit une mise à l'écart de deux ans lors de la première incartade, un sportif étant responsable de toutes les substances interdites se trouvant dans son corps, aux yeux de l'agence antidopage. Pour bénéficier d'une diminution de peine, Contador devait prouver qu'une contamination était à l'origine du test positif. Or, le fameux steak contaminé au clenbutérol est la plus vieille excuse du monde. L'année dernière, la même histoire a valu une suspension d'une seule année à l'Italien Alessandro Colo, contrôlé positif au Tour du Mexique, alors qu'en Amérique du Sud, l'utilisation de clenbutérol dans l'industrie de la viande est une véritable plaie. En Europe, par contre, ce produit est rarement détecté chez les animaux d'élevage. Le biochimiste néerlandais Douwe de Boer, qui avait pourtant été appelé à la rescousse de Contador, communique plusieurs exemples de contamination par le clenbutérol dans son rapport mais pas un seul n'est postérieur à 2002 en Europe. Contador s'en tire néanmoins, provisoirement, avec une suspension d'un an au lieu de deux. Cela implique qu'il va perdre sa troisième victoire au Tour mais qu'il échappe à l'énorme amende équivalant à un an de salaire net, soit trois millions d'euros dans son cas. Malgré tout, le leader de Saxo Bank-SunGard n'accepte pas la sanction. " Je me pourvois en appel. C'est nécessaire pour clamer mon innocence ", a déclaré un Contador ému vendredi. Il y a quelques mois, il avait comparé une suspension à la fin de sa carrière. L'Espagnol est-il vraiment innocent, pour être aussi combatif ? Ce n'est pas exclu. Le jugement de la fédération espagnole n'est que le début d'une longue bataille juridique. Si le coureur ne contestait pas lui-même sa suspension, l'UCI et/ou l'AMA le feraient, dans l'espoir qu'il écope de deux ans. Si Contador avait accepté sa punition, on aurait eu l'impression qu'il plaidait coupable et même ses derniers supporters auraient remis en cause tout son palmarès. Il y a peu de chances que Contador soit blanchi en appel par le TAS. Pareil jugement ressemblerait à une justice de classe et en plus, il irait à l'encontre de la ligne suivie par Lausanne. S'il obtient quand même gain de cause, par exemple parce que la quantité de clenbutérol retrouvée dans son sang était vraiment minime (le fameux cero, cero, cero...), cela créerait un précédent pour toutes les affaires de dopage dont on pourrait penser qu'elles proviennent d'une contamination alimentaire, ce qui est contraire au principe de base de l'AMA - coupable jusqu'à preuve du contraire - et remettrait en cause toute la lutte contre le dopage. BENEDICT VANCLOOSTER