Pari audacieux

Le Sporting était disposé en 3-5-2 contre le Werder Brême. Une initiative sans doute louable, dans la mesure où les Mauves se devaient de réagir après un zéro sur six, mais qui n'était évidemment pas dénuée de péril face à une formation aussi routinée que l'allemande. A l'évidence, les pertes de balle ont fait mal, surtout sur les flancs, l'opposant traitant alors d'égal à égal avec l'arrière-garde locale grâce au soutien apporté par Johan Micoud au duo offensif constitué de Miroslav Klose et Ivan Klasnic.
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Le Sporting était disposé en 3-5-2 contre le Werder Brême. Une initiative sans doute louable, dans la mesure où les Mauves se devaient de réagir après un zéro sur six, mais qui n'était évidemment pas dénuée de péril face à une formation aussi routinée que l'allemande. A l'évidence, les pertes de balle ont fait mal, surtout sur les flancs, l'opposant traitant alors d'égal à égal avec l'arrière-garde locale grâce au soutien apporté par Johan Micoud au duo offensif constitué de Miroslav Klose et Ivan Klasnic. Dans cette rencontre, il aura été symptomatique également de constater que les deux équipes opéraient avec un authentique numéro 10 : le Français, déjà cité, chez l'adversaire et Pär Zetterberg du côté anderlechtois. Ce n'était au demeurant pas le seul match où l'on aura relevé la présence d'un régisseur entre les lignes. Au VfB Stuttgart, Aliaksandar Hleb a joué un rôle en verve aussi, face à Beveren, dans cette attribution. Comme quoi, cette notion d'homme-orchestre, qui était tombée en désuétude, revient au premier plan. Les Bruxellois, dans l'ensemble, ont offert une bonne réplique au Werder Brême. Et sans doute auraient-ils pu prétendre à davantage si leur attaque avait été pleinement performante. Par le passé, Aruna Dindane s'était souvent érigé en sauveur chez eux. Comme contre Benfica, lors du dernier tour préliminaire de la Ligue des Champions cette saison. Depuis lors, l'Ivoirien court après sa meilleure forme et, dans la mesure où le RSCA est fort tributaire de lui, les résultats laissent quelque peu à désirer. A mes yeux, il ne peut être crédité d'un mauvais match devant les Allemands. Et il ne mérite sûrement pas les critiques dont il a fait l'objet à cette occasion. Il me semble que les gens ont parfois tendance à brûler un peu trop vite ce qu'ils ont adoré. Si Anderlecht peut toujours nourrir quelques espoirs aujourd'hui, au plan européen, il le doit évidemment aux faux-pas commis par Valence jusqu'ici. Comme toutes les grandes phalanges européennes, les Espagnols sont des adeptes du turnover, soucieux de ménager des joueurs qui, au sein de leur propre championnat, sont appelés à disputer des rencontres de niveau européen chaque semaine. Si un système de rotation ne porte guère à conséquence dans la ligne médiane ou à l'attaque, j'ai déjà remarqué plus d'une fois qu'il est plus hasardeux lorsqu'il concerne la défense. Dans cette ligne, il ne faut pas changer pour le plaisir de changer, en ce sens que tout y est affaire d'automatismes. Valence l'a fait en se privant notamment de Robert Ayala et Carlos Marchena qui avaient été souverains contre Anderlecht. Ce sont là des joueurs dont on ne se prive jamais impunément. Il y a quelques semaines à peine, je m'étais réjoui de la présence de trois équipes belges dans les poules de la Coupe de l'UEFA, arguant que notre football n'était pas si mauvais que cela. Je ne vais pas changer d'avis aujourd'hui sous prétexte que nos trois représentants ont subi la loi de leurs adversaires respectifs lors de la première journée de cette compétition. Pour moi, tant le Standard que Beveren ont tout simplement payé un lourd tribut à leur manque d'expérience sur la scène européenne. Bruges, de son côté, a payé cash ses erreurs individuelles. Mais pour le même prix, il aurait pu remporter aussi son match en Ukraine, car l'arrière-garde du Dnipro Dnipropetrovsk n'a pas été à l'abri de tout reproche non plus sur les buts brugeois. A ce niveau, dans la mesure où la plupart des équipes découvrent un tout nouveau contexte, je suis indulgent concernant ce genre de manquements. Quand on doit parer au plus pressé face à un adversaire d'un niveau supérieur à celui que l'on affronte en Belgique, il me paraît logique d'être parfois gêné aux entournures. Ivica Dragutinovic et Philippe Clement, qui ne manquent pourtant pas de références, l'ont tout simplement constaté à leurs dépens. Propos recueillis par Bruno Govers