Depuis que les Diables Rouges se trouvent en Russie, ils baignent dans un calme étonnant. Tout le monde est bien dans sa peau, on travaille tout en rigolant, sans fausse note. Les joueurs forment une communauté soudée. Le mérite en revient largement à Roberto Martinez. L'Espagnol est conscient que dans un tel tournoi, la tactique et la conditions ne constituent pas les seuls paramètres mais que l'aspect social est essentiel. C'est une de ses principales qualités.
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Depuis que les Diables Rouges se trouvent en Russie, ils baignent dans un calme étonnant. Tout le monde est bien dans sa peau, on travaille tout en rigolant, sans fausse note. Les joueurs forment une communauté soudée. Le mérite en revient largement à Roberto Martinez. L'Espagnol est conscient que dans un tel tournoi, la tactique et la conditions ne constituent pas les seuls paramètres mais que l'aspect social est essentiel. C'est une de ses principales qualités. Martinez a un grand sens de l'empathie et il sent parfaitement la température du groupe. Il n'étouffe pas ses joueurs sous toutes sortes de règlements et veille à ce qu'ils ne se sentent pas pieds et poings liés. Il encourage ainsi l'esprit d'équipe. Il était décontracté durant ses conférences de presse. Non que Martinez développe les plus grandes théories mais on ne décèle jamais de saute d'humeur chez lui. Il a même répondu en riant quand on lui a demandé s'il avait bien dormi sur son matelas, un des principaux sujets de moquerie avant ce tournoi. Il y a quelques semaines, Martinez a confié à un magazine néerlandais que quand on allait à un Mondial, il fallait fêter le football. C'est ainsi qu'il voit sa mission et qu'il la transmet au groupe. Il veut que les joueurs réfléchissent avec lui et il leur délègue certaines responsabilités. Initialement, certains l'ont pris pour un manque de clarté, jusqu'à ce que toutes les pièces du puzzle s'emboîtent contre le Costa Rica. Depuis, Roberto Martinez est considéré comme un entraîneur très clair. Tout peut changer très vite. D'un coup, Eden Hazard et Kevin De Bruyne sont en mesure d'exploiter leurs qualités de manière optimale, sans se marcher sur les pieds. Dans une culture de l'ego, il n'est pas facile de placer la quête de succès personnel dans le creuset de la collectivité. Si ça fonctionne, c'est aussi grâce à la maturité des deux joueurs. Pendant l'EURO français, Hazard avait repoussé De Bruyne sur le flanc droit sans que Marc Wilmots n'intervienne. Maintenant, De Bruyne est le pilote et Hazard étale sa grande classe par éclairs. C'est ce qu'ils ont fait contre le Costa Rica et l'idée directrice était la même dans le match d'ouverture contre le Panama. Avec moins de domination mais parfois avec de beaux mouvements et des passes précises. Et chacun avec un assist. En première mi-temps, les Diables Rouges ont souffert face aux représentants de l'Amérique Centrale, bien organisés et disciplinés. Le jeu des flancs n'était pas bon, le rythme était trop bas, les occasions rares. Il est plus difficile de jouer contre un adversaire qui érige un double rideau que contre une formation qui, comme le Costa Rica, essaie de jouer franchement. L'équipe a eu le mérite de ne pas sombrer dans la précipitation et de conserver son calme en tentant d'abattre ce mur. Ensuite, en seconde mi-temps, elle a rapidement plié le match. Cette Coupe du Monde démontre que le premier match est le plus difficile. Le Brésil et l'Argentine ont concédé un nul, les super stars Neymar et Lionel Messi ont été pâles. L'Allemagne, tenante du titre et tracassée par des problèmes extra-sportifs, a trébuché contre un Mexique frais. En ce sens, les Diables Rouges ont fait plus que leur devoir. Ils sont lancés, même si, samedi, un autre adversaire difficile, la Tunisie, les attend, de pied ferme. La victoire 3-0 contre le Panama accroît le calme et la sérénité du groupe. Cette génération croit plus que jamais en elle. Portée par un esprit d'équipe qui repousse ses forces et ses limites. Et par un entraîneur qui communique et traite ses joueurs comme des adultes.