La demeure de l'ancien Diable Rouge est plantée avec élégance dans un beau quartier de Maasmechelen. A l'intérieur, tout est raffiné, les tentures complètent le blanc crème des murs qui semble enlacer calmement les meubles et cadres choisis avec goût. " Cette maison, je l'ai construite moi-même ", avance Nico Claesen en recevant nos compliments. " J'ai préparé du ciment, monté des murs, plafonné, carrelé, etc... "
...

La demeure de l'ancien Diable Rouge est plantée avec élégance dans un beau quartier de Maasmechelen. A l'intérieur, tout est raffiné, les tentures complètent le blanc crème des murs qui semble enlacer calmement les meubles et cadres choisis avec goût. " Cette maison, je l'ai construite moi-même ", avance Nico Claesen en recevant nos compliments. " J'ai préparé du ciment, monté des murs, plafonné, carrelé, etc... " A 51 ans, le Limbourgeois rayonne, affiche le dynamisme qui le caractérisait quand il marquait des buts comme à la parade pour le compte de Patro Eisden, Seraing, Stuttgart, Standard, Tottenham, Antwerp, Germinal Ekeren, Ostende, Saint-Nicolas et Beringen. Nico n'a jamais su tenir en place. Il a besoin d'action au quotidien. En 1990, tout en brillant sur les terrains de l'élite, il commence à travailler dans l'entreprise de son beau-père, un entrepreneur. " A 65 ans, le père de mon épouse a pris un peu de recul ", confie-t-il. " Aujourd'hui, nos deux sociétés offrent du travail à une vingtaine de personnes. Nous construisons ou rénovons des maisons, des appartements, des bâtiments en tous genres. " Derrière le nid familial, un terrain d'un hectare permet de ranger ou de préparer les matériaux pour les ouvriers. Passionné par son job, Claesen a gardé sa ligne de footballeur. A gauche et à droite, on lui rappelle ses 36 capes en équipe nationale, la glorieuse campagne du Mondial 86, l'incroyable sprint final d'Antwerp-Vitocha Sofia (4-3) en 1988-89. Mais à qui vont ses premières pensées quand il regarde dans son rétro sportif ? " A Seraing !", lance-t-il sans la moindre hésitation. " Au début des années 80, je pouvais signer à Anderlecht, au Club Bruges ou au Standard. Mais j'ai été séduit par le discours d'Yves Baré et de Paul Plateus, respectivement T1 et dirigeant au Pairay. Ils avaient raison : je ne devais pas brûler les étapes. Ma carrière n'aurait pas été aussi dense sans ce passage au Pairay. Baré, puis Georges Heylens y ont créé un véritable esprit de famille. Il y avait des noms (Peter Kerremans, Jens Bertelsen, Jules Bocandé, Juan-Carlos Oblitas, Ido Cremasco...) mais c'est surtout l'esprit de groupe et la fraternité qui nous ont permis de poser des problèmes aux meilleures formations de D1 qui brillaient alors sur les scènes européennes. " Son séjour à Tottenham lui a permis de nouer de bons contacts en Premier League. Pour le moment, il sillonne la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne, principalement, pour le compte de Norwich City. Ainsi, les Anglais suivent attentivement ce qui se passe au Standard. " Tout le monde sait que Michy Batshuayi et Imoh Ezekiel sont pétris de talent ", insiste Claesen. " Ils ont tout pour vivre une très grande carrière. Pour le moment, Ezekiel a une longueur d'avance si on songe à leurs chances de réussir en Angleterre. Michy dispose d'un magnifique registre technique mais est parfois statique alors qu'Imoh est ultra-rapide, plonge dans les espaces, ce qui est très apprécié en Premier League. " Le téléphone sonne : un client demande des renseignements. Nico répond aux questions. Avec vitesse et précision, comme quand il empilait des buts en D1... PAR PIERRE BILIC