On a beaucoup parlé de KarimFellahi ces dernières semaines. D'abord, parce qu'il a inscrit deux buts importants, contre le Standard et le Brussels, qui ont à chaque fois rapporté des points à l'Excelsior Mouscron. Ensuite, parce que face aux coalisés bruxellois, il a détourné du bras, à même la ligne de but, une reprise de RichardCulek : un geste qui aurait pu valoir un penalty aux visiteurs et entraîner l'exclusion du joueur intéressé, mais qui n'a pas été sanctionné par l'arbitre FrederikGeldhof.
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On a beaucoup parlé de KarimFellahi ces dernières semaines. D'abord, parce qu'il a inscrit deux buts importants, contre le Standard et le Brussels, qui ont à chaque fois rapporté des points à l'Excelsior Mouscron. Ensuite, parce que face aux coalisés bruxellois, il a détourné du bras, à même la ligne de but, une reprise de RichardCulek : un geste qui aurait pu valoir un penalty aux visiteurs et entraîner l'exclusion du joueur intéressé, mais qui n'a pas été sanctionné par l'arbitre FrederikGeldhof. Le médian franco-algérien, âge de 30 ans, était arrivé au Canonnier dans le courant du mois d'août, alors que le championnat avait déjà débuté. " Il restait, effectivement, une quinzaine de jours avant la clôture de la période des transferts ", se souvient-il. " Le club cherchait un flanc droit et j'étais libre sur le marché puisque j'avais rompu mon contrat avec le club portugais d'Estoril ". C'est pourtant comme médian axial, en position de véritable meneur de jeu, que Karim Fellahi débuta face à Westerlo dans un système en 4-5-1. Il fit d'emblée étalage de sa technique et de son sens de la passe, et participa à la première victoire des Hurlus dans l'actuel championnat. Par la suite, lorsque GeertBroeckaert opta pour un 4-4-2, il fut repositionné sur le flanc droit, remplissant le rôle pour lequel il avait été acquis, mais paradoxalement, il s'y montra moins performant, dans les premières semaines en tout cas. Car, ces derniers temps, il retrouve la forme. " En fait, je suis capable d'évoluer invariablement comme meneur de jeu, flanc droit ou même... flanc gauche ", explique-t-il. " Mais j'ai besoin d'évoluer plusieurs semaines d'affilée à la même place pour avoir de bonnes sensations et trouver mes marques. En outre, j'étais arrivé à Mouscron avec un retard de condition physique. J'avais joué toute la saison passée en D1 portugaise avec Estoril, mais comme je n'avais plus de club après le championnat, j'ai dû m'entraîner individuellement pendant tout l'été. Cela ne remplacera jamais la préparation collective. Comme meneur de jeu, je suis plus ou moins parvenu à camoufler ces lacunes, car dans ce système avec deux milieux récupérateurs derrière moi, on ne me demandait pas trop de défendre et j'avais des occasions de souffler. Mais lorsque je suis passé sur le flanc droit, le type d'effort exigé fut tout autre : on m'a demandé d'arpenter le couloir, de courir sans arrêt, d'effectuer des démarrages. Et là, j'ai plus durement ressenti mon retard de préparation. Aujourd'hui, grâce aux entraînements de Geert Broeckaert et aux exercices auxquels me soumet le préparateur physique GilVandenbrouck, je commence à retrouver le rythme et l'endurance. Je commence aussi à trouver des automatismes avec Jean- FélixDorothée, qui évolue derrière moi comme arrière droit. Du coup, mes prestations s'en trouvent bonifiées ". Karim Fellahi a été formé au Red Star, un club parisien qui a connu ses heures de gloire mais qui est retombé aujourd'hui dans un certain anonymat. " J'ai passé 15 ans là-bas ", se souvient-il. " J'ai débuté en Pupilles et je suis resté jusqu'à mes 25 ans. Le Red Star est un club de banlieue, un club communiste aussi, qui venait précisément de créer son centre de formation lorsque je m'y suis affilié. Pas mal de bons joueurs en sont sortis : beaucoup d'entre eux ont pu rejoindre des clubs de Ligue 1 française. Tous ne jouissent pas nécessairement d'une grande notoriété en Belgique, mais je pense que tout le monde connaît SteveMarlet, qui a écrit quelques belles pages de l'histoire de l'Olympique Lyonnais et qui provient de là également. Personnellement, j'ai joué en D2 et en D3 avec le Red Star. Ma dernière saison a sans doute été la meilleure. L'équipe évoluait en National ( NDLA : l'équivalentdenotreD3) et n'est pas parvenue à monter, mais elle a créé quelques belles surprises dans les épreuves par élimination directe, en atteignant les demi-finales de la Coupe de la Ligue et les quarts de finale de la Coupe de France. J'ai livré une grosse prestation contre Saint-Etienne, ponctuée d'un beau but, alors que j'évoluais comme... flanc gauche. Une position qui me convient très bien également, car je peux alors rentrer dans le jeu et armer mon tir du droit. A ce moment-là, j'étais déjà dans le collimateur de plusieurs formations, mais ce match a sans doute encore davantage attiré le regard sur moi, au point que la saison suivante, je me suis retrouvé chez les Verts ". Saint-Etienne évoluait cette saison-là en D1. " Porter le maillot de ce club mythique m'a procuré une grande fierté ", témoigne Karim Fellahi. " Jouer dans ce stade Geoffroy-Guichard, devant ce fabuleux public, c'est une expérience que chaque footballeur aimerait vivre. D'autres personnes ont dû être fières également, car je symbolisais la réussite d'un joueur issu d'un club de banlieue. Malheureusement, j'ai joué de malchance. Alors qu'on avait une grosse équipe, le club s'est retrouvé dans la tourmente à la suite de l'affaire des faux passeports des joueurs brésiliens Alex et Aloisio. On a perdu pas mal de points sur le tapis vert. C'était la crise, à tous les niveaux. Quatre entraîneurs se sont succédé. En fin de saison, on est descendus, alors qu'on avait largement les moyens de se maintenir et même, peut-être, de viser une place européenne. Je suis resté à Saint-Etienne, malgré la descente en Ligue 2. En début de saison, j'ai joué régulièrement. Puis, j'ai eu des problèmes avec certaines personnes et j'ai dû partir ". Karim Fellahi a dû se rabattre sur la D2 portugaise. " Estoril était un club ambitieux, et cela s'est d'ailleurs vérifié sur le terrain, puisque l'on est montés au terme de cette saison-là. Cela reste l'une de mes meilleures saisons : j'étais un joueur important de l'équipe et j'ai largement contribué à la promotion en D1. La qualité de vie, sur la côte lisboète, était incomparable. Il y avait aussi quelques inconvénients : le championnat de D2, que l'on pourrait croire à dominance technique dans ce pays, était en réalité très physique, et même très dur, avec des fautes parfois vicieuses destinées à casser le jeu. Les pelouses n'étaient pas toujours dans un état impeccable non plus. Mais malgré tout, j'étais heureux, et la montée en D1 allait me donner l'occasion de me frotter à de grosses équipes et d'évoluer dans de très beaux stades, tout juste modernisés pour l'EURO 2004. J'en garde quelques très bons souvenirs. Je me souviens en particulier d'un match nul à Porto et de deux confrontations face à Benfica, où l'on a été battus de justesse mais en étant volés par quelques décisions arbitrales douteuses. Malheureusement, une fois de plus, des problèmes extrasportifs ont gâché la saison. Le club s'est retrouvé en difficultés financières. Je n'oserais pas dire qu'il a été mal géré, mais on n'a pas trouvé les investisseurs qui auraient pu lui permettre de faire face à ses ambitions. A la mi-saison, beaucoup de joueurs ainsi que l'entraîneur ont quitté le navire. Le manager a aussi été attiré par Benfica. C'était la débandade, car le club n'avait pas les moyens de remplacer les joueurs partis. Estoril est redescendu en D2. Je n'avais pas envie de retrouver l'antichambre, et surtout pas dans ce contexte-là. J'ai donc décidé de casser mon contrat, alors qu'il me restait une année à prester ". Restait à se recaser. " J'ai eu des propositions, mais au Portugal, il n'y a pas énormément de clubs qui ont de l'argent. J'ai fait le choix de revenir en France et d'attendre les opportunités. Mais ce n'est pas facile de se recaser en Ligue 1 ou en Ligue 2 lorsqu'on a joué un certain temps à l'étranger, surtout dans un club qui n'a guère réalisé d'exploits. Chaque année, des jeunes joueurs issus des centres de formation arrivent sur le marché et il n'y a pas de place pour tout le monde. J'ai aussi eu des contacts au Qatar et aux Emirats Arabes Unis. Financièrement, comme vous pouvez vous en douter, c'était très intéressant, mais ces opportunités ne se sont pas concrétisées ". C'est alors que Mouscron s'est présenté. " Je suis venu passer deux jours au Canonnier et j'ai d'emblée été séduit par la qualité des installations. Certains clubs français de Ligue 1 ne disposent pas d'infrastructures pareilles. J'ai aussi senti qu'il régnait un bon esprit dans le groupe et que les joueurs étaient de qualité. On s'est mis d'accord financièrement, et jusqu'à présent, je ne regrette pas d'avoir signé. Dommage que RolandLouf soit parti 15 jours seulement après mon arrivée. C'est lui qui m'avait amené, et je n'ai pas vraiment eu l'occasion de le côtoyer. Il me semblait être un homme honnête, et j'ai l'impression qu'il a fait du bon boulot, comme il l'avait fait à La Louvière. Mais, en football, c'est souvent ainsi : les clubs restent, les entraîneurs et les managers partent, les directeurs généraux aussi apparemment. La vie continue. Je découvre le championnat de Belgique, que je connaissais à travers ses grands clubs comme Anderlecht, le Standard et Bruges, mais pas de l'intérieur. C'est un championnat où l'accent est beaucoup mis sur le physique. Mais, à l'inverse du Portugal où c'est parfois plus vicieux, les joueurs me semblent plus corrects. Il y a de l'engagement, mais on respecte l'adversaire. Je dois m'adapter, puisque je base essentiellement mon jeu sur la technique et que, physiquement, je n'ai rien d'une armoire à glace de 90 kilos. Je dois jouer en finesse, en technique et en vitesse, pour dépasser mon adversaire direct. Mais c'est un atout aussi. Maintenant, un autre défi va se présenter, puisque l'on va entrer dans une période où les terrains seront gras et où il va falloir être costaud dans les duels. Je m'y prépare, je me soumets à des séances de musculation appropriées ". Né en France, Karim Fellahi a aussi gardé la nationalité algérienne de ses parents. Il n'a pourtant jamais été appelé en équipe nationale. " C'est l'un de mes grands regrets ", avoue-t-il avec un brin d'amertume dans la voix. " Peut-être n'étais-je pas dans le bon club au bon moment, et suis-je passé entre les mailles du filet lorsque je jouais en D2. Mais même lorsque j'étais en D1, je n'ai jamais reçu l'occasion de défendre les couleurs de mon pays d'origine. Comme en d'autres moments de ma carrière, j'ai été malchanceux. J'ai reçu ma seule convocation lorsque je jouais à Saint-Etienne, mais précisément à ce moment-là, j'ai eu le nez cassé et j'ai dû déclarer forfait. Je n'ai plus jamais eu de nouvelles par la suite. A 30 ans, il n'est pas trop tard mais il est rare qu'on obtienne une première sélection à cet âge-là. La priorité est donnée aux plus jeunes. Je ne désespère pas, mais je sais que mes chances sont minces. La gestion du football algérien n'est pas des meilleures. Le pays a connu d'autres problèmes sur le plan économique et politique, et le sport est parfois passé au second plan. L'Algérie avait pourtant une belle équipe lors de la Coupe du Monde 1982 en Espagne, mais c'était il y a 23 ans déjà et depuis, l'équipe nationale est allée de désillusions en désillusions. C'est surtout dommage pour un joueur de classe comme AliBenarbia, qui est passé à côté de bien des rendez-vous prestigieux. Il m'arrive d'envier des pays comme le Maroc et la Tunisie, qui ont une vraie politique sportive et une vraie stabilité dans la gestion. En Algérie, les changements d'entraîneurs se sont succédé, et à l'heure qu'il est, je serais même incapable de citer le nom du coach national ". DANIEL DEVOS" COMME meneur, j'ai pu camoufler mes lacunes physiques. je commence seulement À retrouver le rythme sur le flanc "