La rencontre entre Mouscron et Anderlecht, prévue pour dimanche soir, se disputera à bien des égards dans un contexte particulier. Ces dernières années, un véritable pont a été érigé entre la Cité des Hurlus et la capitale, permettant à joueurs et coach d'effectuer le trajet. Souvent dans le même sens, d'ailleurs.
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La rencontre entre Mouscron et Anderlecht, prévue pour dimanche soir, se disputera à bien des égards dans un contexte particulier. Ces dernières années, un véritable pont a été érigé entre la Cité des Hurlus et la capitale, permettant à joueurs et coach d'effectuer le trajet. Souvent dans le même sens, d'ailleurs. YvesVanderhaeghe, NenadJestrovic, MichalZewlakow et HugoBroos seront sans doute émus à leur arrivée au Canonnier. LorenzoStaelens, peut-être aussi. Le Sporting fut son dernier club belge avant son départ pour le Japon. Il a été amené à l'Excelsior par Hugo Broos... Les oreilles de l'entraîneur anderlechtois résonnent encore des cris de colère poussés par Jean- PierreDetremmerie au moment où il lui annonça que ses valises pour le Parc Astrid étaient prêtes. Aujourd'hui, tout le monde s'est calmé, mais le président mouscronnois a allumé dans le cadre d'une autre affaire une petite bombe à retardement qui, si l'on n'y prend garde, pourrait exploser. A la figure de qui? C'est ce que l'on se demande. Voici 15 jours, dans le bulletin du club, Detrem' s'était fendu d'un éditorial pas piqué des vers qui avait égratigné plus d'un membre du staff technique.Le premier point abordé concernait les nombreux blessés qui garnissaient l'infirmerie. On pouvait lire: "Comme de nombreux supporters, nous, les dirigeants, nous nous posons de nombreuses questions quant au nombre élevé de blessés. Y a-t-il dans notre préparation quelque chose d'inadéquat? Nous sommes en droit de poser ces questions."Le deuxième point abordé concernait la situation d'un joueur écarté pour des raisons mystérieuses:"La question du retour de ZoranBan a été posée au staff sportif. C'est le refus. Il est évident qu'à l'avenir, semblable position ne pourra plus être possible à l'Excelsior. Ou alors, il y aura faute grave, avec toutes les conséquences pour le joueur: rupture de contrat, etc. Lorsque la faute grave ne pourra pas être établie, il ne sera plus question d'encore bannir quelqu'un sans pardon au niveau sportif, avec les fâcheuses conséquences financières pour le club. Aduler aujourd'hui pour bannir demain: que cela existe en politique, soit. Mais en sport, non!" Zoran Ban est un joueur qui avait été transféré en son temps par Hugo Broos, mais dont Lorenzo Staelens ne veut pas. En juillet de l'an dernier, confronté à un noyau pléthorique, le nouvel entraîneur en chef de l'Excelsior avait versé trois joueurs dans le noyau B, dont Zoran Ban. Il l'y a maintenu envers et contre tout, même lorsque, début janvier, il était privé de quatre attaquants et dut affronter le Standard avec les gamins PaulClaudelAlo'oEfoulou et LorenzoLai. Quelles sont les raisons de cet entêtement? Personne ne le sait très bien. Il y aurait, semble-t-il, une incompatibilité de caractère entre le joueur et le staff technique, pas uniquement Lorenzo Staelens. Mais le président fait ses comptes. Contrairement aux deux autres bannis, DavidCrv et DejanMitrovic dont le contrat expire dans quatre mois, Zoran Ban est encore lié à l'Excelsior jusqu'en juin 2004. Et son contrat est lourd. En automne, une tentative d'accord à l'amiable avait échoué. Vexé par le traitement qui lui était infligé, l'attaquant croate avait refusé le compromis proposé. Pendant la trêve hivernale, il a bien tenté de se recaser ailleurs, mais sans succès. Jean-Pierre Detremmerie a donc demandé à son staff technique de le réintégrer dans le noyau A. Il a essuyé un refus et c'en était (du moins le croyait-on) resté là. Face à cela, on pouvait adopter deux positions. Soit, on regrettait que le président ne puisse imposer son autorité. Soit, on applaudissait: voilà enfin un président qui gère le club en bon père de famille et laisse les décisions sportives à qui de droit. Nous penchions pour la deuxième position.Mais Jean-Pierre Detremmerie a de la suite dans les idées. La semaine dernière, il a réintroduit sa demande de réintégration de Zoran Ban. Sur quoi cette divergence de vue entre le président et le staff technique pourrait-elle déboucher? Alors que le directeur du club, GinoGylain, a annoncé son départ pour le 1er mars (mais pour des raisons qui n'ont rien à voir avec l'affaire Zoran Ban), d'autres têtes pourraient-elles disparaître? Daniel Devos,Detrem' a demandé une deuxième fois à son staff de réintégrer Zoran Ban.