Par Éric Faure
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Par Éric FaureA ceux qui se félicitaient de l'intensité de la lutte opposant les derniers candidats au titre mondial avant le GP du Brésil, Ross Brawn rétorquait que cette bataille, si elle faisait le bonheur des médias, risquait d'influencer la prochaine saison : " Alors que nous mettons toute notre énergie dans ces ultimes rendez-vous, d'autres écuries comme Ferrari travaillent sur leur monoplace 2010. Elles seront prêtes dès les premiers rendez-vous et inscriront des points très importants. " Le patron du team anglais parlait en connaissance de cause : c'est en effet au début du championnat que ses pilotes ont distancé la concurrence. En inscrivant 61 points lors des sept premiers GP, Jenson Button a posé les jalons de son titre mondial. Après cette période de grâce, l'Anglais n'a plus inscrit que 28 unités en neuf courses, soit nettement moins que la plupart de ses rivaux directs, mais ce qui était pris n'était plus à prendre. On notera en passant que si l'idée (saugrenue) lancée par Bernie Ecclestone d'accorder la couronne au nombre de victoires avait été appliquée, le pilote anglais aurait été sacré dès la mi-saison. A l'heure de tirer un premier bilan - forcément incomplet puisqu'un rendez-vous figure encore au calendrier, Abu Dhabi le 1er novembre - il importe de souligner les mérites de Rubens Barrichello, vainqueur à deux reprises mais poursuivi par une désolante malchance, et Sebastian Vettel pour lequel ce n'est certainement que partie remise. Par-dessus tout, la belle histoire de Brawn GP mérite d'être mise en exergue. Il y a douze mois, le personnel de ce qui s'appelait encore l'écurie Honda se préparait à découvrir les affres du chômage. Grâce à la ténacité de leur patron, ces hommes - du moins la majorité d'entre eux - ont fêté deux titres mondiaux à Interlagos. On le répète, voilà une histoire qui tombe à pic alors que se profile un épisode nettement moins folichon. Ce vendredi 23 se déroulera l'élection du successeur de Max Mosley à la présidence de la Fédération Internationale (FIA). Deux candidats s'affrontent (c'est le mot qui convient...) : Jean Todt, Français, ex-équipier puis directeur sportif chez Peugeot, Citroën et Ferrari, et Ari Vatanen, Finlandais, ancien champion du monde des rallyes, vainqueur de dix manches mondiales puis de quatre Dakar au sein des teams Peugeot puis Citroën dirigés par... Todt. Une solide amitié liait alors les deux hommes mais les choses ont bien changé depuis quelques semaines, la campagne électorale prenant un tour très dur. Candidat de l'establishment, Todt bénéficie de l'appui de Mosley, lequel a montré une nouvelle fois son sens personnel de la démocratie en appelant ouvertement à voter pour le Français. Vatanen incarne une volonté de changement et de transparence, ce qui n'est pas du goût de tout le monde. Le premier nommé fait figure de favori même si une surprise reste possible car les votants représentent toutes les facettes du monde automobile, le sport mais aussi le tourisme, la sécurité, etc.