Jamais encore les matches de championnat n'ont été autant suivis. Avant la trêve hivernale, les matches de la Premjer Liga russe attiraient en moyenne 17.000 spectateurs, contre 14.000 la saison précédente et seulement 11.000 il y a deux ans. À l'occasion de son match de Ligue des Champions contre le Real Madrid, le CSKA Moscou a accueilli 72.000 spectateurs au stade olympique Louzhniki. Il s'est imposé 1-0.
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Jamais encore les matches de championnat n'ont été autant suivis. Avant la trêve hivernale, les matches de la Premjer Liga russe attiraient en moyenne 17.000 spectateurs, contre 14.000 la saison précédente et seulement 11.000 il y a deux ans. À l'occasion de son match de Ligue des Champions contre le Real Madrid, le CSKA Moscou a accueilli 72.000 spectateurs au stade olympique Louzhniki. Il s'est imposé 1-0. L'écho de la Coupe du monde continue à résonner en Russie. L'augmentation de l'assistance au Mordovia Saransk, pensionnaire de division deux, attire particulièrement l'attention : elle est passée de 2.500 à 15.000 personnes alors que l'équipe lutte pour son maintien. Certes, on distribue des billets gratuits pour éviter que le coûteux stade ne semble vide mais les habitants ont réagi avec un enthousiasme inattendu. Les Russes ont longtemps boudé le football. C'était une relation d'amour-haine car le football russe ne représentait pas grand-chose sur la scène internationale, beaucoup moins en tout cas que le hockey sur glace, qui émarge à l'élite absolue. Le sélectionneur Stanislav Tshertshesov est d'ailleurs une légende nationale. Toutefois, alors qu'on lui prédisait un échec colossal, l'équipe a obtenu de bons résultats au Mondial et les a confirmés en Ligue des Nations. Comme 22 des 23 footballeurs sélectionnés pour la Coupe du monde jouaient en Russie, leurs compatriotes ont pu s'identifier à eux. Ils ont accepté sans broncher les inconvénients de l'organisation d'un tel événement. Au centre de Moscou, on a abattu un énorme complexe hôtelier pour y aménager un parc, ce qui a provoqué des bouchons gigantesques le temps des travaux. Nul ne s'en est plaint. Le Mondial a aussi changé beaucoup de choses en dehors du football. Moscou s'érige de plus en plus en ville mondaine. Durant les fêtes de fin d'année, la capitale a été encore plus lumineuse que d'habitude. Le tournoi a aussi laissé des traces chez les Russes. Leurs contacts avec les étrangers semblent les avoir impressionnés. Ils sont fiers que le monde porte un autre regard sur eux. Le pays a acquis une autre image. Les nouveaux stades et les 95 centres d'entraînement ne sont pas les seuls à avoir reçu des fonds. La Russie a rénové ou bâti onze aéroports, 32 gares, treize hôpitaux et des dizaines d'hôtels. L'organisation du tournoi a coûté quelque neuf milliards d'euros, 60% sortant des caisses de l'État, 30% de celles des entreprises et le solde venant des républiques. La Russie doit maintenant poursuivre sur son élan. L'éclosion des jeunes reste un problème majeur. Il y a trop peu de talents et ceux qui sont doués reçoivent trop peu leur chance. La Coupe du monde doit aussi porter ses fruits sur le plan touristique. Les supporters présents ont découvert un pays bien différent des clichés. Ils en ont apprécié la beauté, tout comme l'accueil des Russes.