J'aime bien avoir Michel Renquin (57 ans) au téléphone car c'est un semeur de bonne humeur qui est resté un grand amoureux du football. L'Ardennais a fréquenté le top belge, européen et mondial mais n'a jamais snobé les missions plus discrètes. Pour le moment, il coache Bastogne (P1), une terre de résistance et de bataille, celle où il est né. Renquin est passé en un bond de Wibrin (P1) au Standard (D1) en 1974. Un grand écart comme on n'en voit plus. Huit ans plus tard, nous le retrouvons dans un salon cossu du " Huerto del Cu...

J'aime bien avoir Michel Renquin (57 ans) au téléphone car c'est un semeur de bonne humeur qui est resté un grand amoureux du football. L'Ardennais a fréquenté le top belge, européen et mondial mais n'a jamais snobé les missions plus discrètes. Pour le moment, il coache Bastogne (P1), une terre de résistance et de bataille, celle où il est né. Renquin est passé en un bond de Wibrin (P1) au Standard (D1) en 1974. Un grand écart comme on n'en voit plus. Huit ans plus tard, nous le retrouvons dans un salon cossu du " Huerto del Cura " d'Elche où les Diables Rouges préparent leurs matches de la Coupe du Monde 82. Son palmarès vaut le coup d'oeil (Coupe de Belgique 81, finaliste de l'Euro 80, etc.) et cela n'a pas échappé au regard de grands clubs étrangers. S'il brille en équipe nationale, ce n'est pas la joie à Anderlecht. Arrivé en 1981, le roc de Wibrin est embêté par une pubalgie et il ne convient pas à Tomislav lvic. De plus, son transfert a été bricolé par Roger Petit. Renquin avait donné son accord au Club Bruges mais le Chef de Sclessin le proposa aux Mauves dans le cadre de la venue au Standard de deux Anderlechtois, Arie Haan et Johnny Dusbaba. Epris de liberté, Michel avait eu le droit de se taire. Alors, quand Guy Mathez, le coach du Servette de Genève, lui rend visite en Espagne, c'est l'appel du grand large. Guy Thys accorde quelques heures à son arrière gauche pour régler son transfert en Suisse. Notre magazine est aux premières loges (photo), suit l'avancée du dossier, discute avec Renquin et Mathez, il n'y a pas d'attaché de presse et cela ne dérange personne. Michel est ravi, nous explique tout et Constant Vanden Stock lui offre son bon de sortie vers la Suisse où il signe un beau parcours. Deux ans plus tard, Thys est embêté (son effectif est décimé à la suite de l'affaire de corruption Standard-Waterschei) et fait appel à Michel Renquin pour l'Euro 84. Problème : il doit disputer un test match pour le titre et la finale de la Coupe de Suisse prévus aux mêmes dates que les premières rencontres de l'Euro. Renquin donne la priorité à son club et écope d'une amende de 30.000 euros qu'il payera plus tard à l'Union Belge. C'était le prix de la liberté et de la fidélité à son club. Ainsi est fait Michel-l'Ardennais qui n'a jamais supporté l'injustice. En 1981, en Coupe d'Europe, à Cologne, il ponctue son exclusion par un salut hitlérien qui lui vaudra une suspension de six matches. Une excuse : son père avait passé cinq ans dans les prisons nazies. En 1982, c'est donc un homme entier et le meilleur arrière gauche belge des temps modernes que le Servette de Genève recruta sous nos yeux à Elche.PAR PIERRE BILIC