" J'ai porté les vêtements qu'ils voulaient et dit ce qu'on m'obligeait à déclarer. Je fais partie des millions de femmes opprimées en Iran. Une femme ne compte pas, elle est humiliée, elle n'est qu'un outil ", a écrit une Kimia Alizadeh émue sur son compte Instagram, expliquant pourquoi elle avait fui aux Pays-Bas, dans l'espoir de ne pas anéantir son ...

" J'ai porté les vêtements qu'ils voulaient et dit ce qu'on m'obligeait à déclarer. Je fais partie des millions de femmes opprimées en Iran. Une femme ne compte pas, elle est humiliée, elle n'est qu'un outil ", a écrit une Kimia Alizadeh émue sur son compte Instagram, expliquant pourquoi elle avait fui aux Pays-Bas, dans l'espoir de ne pas anéantir son rêve de médaille d'or olympique. Elle réside depuis quelques semaines chez une amie à Eindhoven, où elle s'entraîne afin de poser les bases nécessaires pour faire mieux à Tokyo qu'à Rio, où elle avait remporté le bronze. C'était la première médaille olympique jamais obtenue par une Iranienne, mais même après avoir décroché l'argent au Mondial 2017, elle n'a pas constaté le moindre changement de statut pour les femmes au sein de la République islamique. " Je ne veux plus participer à cette hypocrisie, ni être complice de corruption et de mensonges ", poursuit Alizadeh, qui a assisté à Eindhoven à une cérémonie d'hommage aux victimes de l'avion ukrainien abattu par des roquettes iraniennes. Alizadeh n'est pas la première sportive à fuir. À l'issue du Mondial de judo l'an dernier, Saeid Mollaei a avoué que la fédé iranienne l'avait contraint à perdre en demi-finales, histoire de ne pas devoir combattre contre le champion du monde israélien Sagi Muki. Il a ensuite obtenu l'asile en Allemagne et vient d'acquérir la nationalité mongole. Schohreh Bajat, arbitre au Mondial d'échecs féminin à Shanghaï, a été réprimandée par sa fédération pour avoir drapé son foulard avec trop de nonchalance et a été obligée d'enfiler un large hijab. " Ça va à l'encontre de mes valeurs. Les femmes doivent pouvoir décider elles-mêmes de la manière dont elles s'habillent. " Bajat n'est, elle non plus, pas retournée en Iran.