GuyLuzon a sauté. Encore une fois, la dernière fois. Le Marsupilami du bord de Meuse s'en est allé. Pas heureux mais certainement pas malheureux de quitter cette terre sauvage. C'était pas le roi de la vanne mais c'était quand même un gai Luzon. Toujours prêt à rire de ceux qui ne l'aimaient pas. Il n'a jamais vraiment su rebondir. Sauf sur la ligne de touche. Une ligne blanche qui vire souvent au rouge du côté de Sclessin. Rouge comme les notes que se refusait de lui donner Professeur Duduche. Tout allait bien. Les dividendes n'étaient jamais divisés, ils étaient multipliés. Le rêve.
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GuyLuzon a sauté. Encore une fois, la dernière fois. Le Marsupilami du bord de Meuse s'en est allé. Pas heureux mais certainement pas malheureux de quitter cette terre sauvage. C'était pas le roi de la vanne mais c'était quand même un gai Luzon. Toujours prêt à rire de ceux qui ne l'aimaient pas. Il n'a jamais vraiment su rebondir. Sauf sur la ligne de touche. Une ligne blanche qui vire souvent au rouge du côté de Sclessin. Rouge comme les notes que se refusait de lui donner Professeur Duduche. Tout allait bien. Les dividendes n'étaient jamais divisés, ils étaient multipliés. Le rêve. Autant les lignes directrices du directeur étaient claires, autant celles de l'entraîneur entraînaient vers le côté obscur. Gérer la froideur des chiffres pour l'un, la chaleur des hommes pour l'autre. Plus facile d'additionner et surtout de multiplier des sommes que de faire d'une somme de talents un talent commun. C'était ça le talon d'Achille du Marsupilami. Donner sa vraie signature sur la feuille de match du Standard. Donner une " ligne claire ", faire d'une BD une réalité. On a eu une esquisse au fusain mais bien vite les certitudes ont fusé. La vie continue. Une vie qui nous offre parfois des scénarii qu'aucun dessinateur aussi surréaliste fût-il n'oserait faire passer pour plausible. Pas loin d'une des succursales londoniennes de Duduche, il y a le royaume de l'impensable. Il y a Watford. L'ex-club de l'improbable EltonJohn. Devenu une cacophonie à quatre temps. Entre le 31 août et le 7 octobre Watford a consommé quatre entraîneurs. Un vrai club échangiste. Dirigé par un homme au nom qui laisse penseur. GiampaoloPozzo. " Capo " d'une vraie dynastie qui avant de nous faire rire nous a épatés. Les " Pozzo " c'est cette famille qui en 1986 a repris l'Udinese. Et puis d'autres clubs pour construire une constellation avec pour but d'attirer puis faire briller des étoiles. Ils y ont réussi, Duchâtelet a repris les principes, pas encore la réussite. Les " Pozzo " ont magnifié le concept de la détection. Appliquée au foot, ce qui a fait leur fortune d'industriels. Dénicher la matière première avant les autres et en faire une matière ultime. Sensini, Amoroso, Pizzaro, AlexisSanchez, Muntari, Appiah, Gyan, Asamoah, Handanovic sont tous arrivés comme des promesses sur la terre promise européenne du côté de l'Udinese. En fait, les " Pozzo " étaient les précurseurs question joueur, ils sont devenus des fossoyeurs question entraîneur. Déjà à l'Udinese c'était pas mal : 25 en 28 ans, et 4 en 2 ans à Grenade. Mais à Watford en un gros mois ils ont fait fort, très fort. Tout a commencé fin août quand BeppeSannino, qui avait remplacé GianfrancoZola en décembre, est prié de dégager avec ses méthodes jugées veillottes. OscarGarcia débarque. Après 27 jours et un match, il annonce que pour des raisons de santé, il préfère arrêter. Au tour de BillyMcKinlay qui réussira l'exploit de tenir... deux matches... et de les gagner. Il est remplacé par le nouveau " MichelDrucker " local. SlavisaJokanovic. Indéboulonnable depuis le... 7 octobre. Le plus beau de l'histoire c'est que cette équipe qui a changé quatre fois de coach en 37 jours est 2e de Championship et donc montante pour la prestigieuse Premier League. Qui a dit que les joueurs étaient des " Divas " sans aucun respect pour le maillot ? Peut-être une preuve de plus qu'à la fin ce sont toujours les joueurs qui font la différence. La preuve aussi que ce sont les résultats qui poussent les supporters à la révolte car c'est le calme plat à Watford. Les fans n'oublient pas que sans les Pozzo, le club, surendetté, aurait peut-être disparu, qu'ils ont agrandi et modernisé le stade mais aussi que ce sont eux qui ont amené beaucoup de bons joueurs de leur " Galaxie ". De ceux qui assurent l'essentiel : des victoires. La leçon est claire, en foot c'est toujours sur les pelouses et avec le coeur que se conçoivent les plus belles histoires d'amour. Pas dans des bureaux avec des calculettes. Duduche devrait y penser. En foot, c'est toujours sur les pelouses et avec le coeur que se conçoivent les plus belles histoires d'amour. Pas dans des bureaux avec des calculettes.