A priori, le joueur présente de solides références : un authentique international uruguayen, qui a joué à Valence et à Newcastle, cela ne court pas les rues en Belgique. Le hic, c'est qu'Ignacio " Nacho " Gonzalez reste sur une saison blanche, consécutive à une grave blessure au genou face au Real Madrid avec Levante en tout début de saison.
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A priori, le joueur présente de solides références : un authentique international uruguayen, qui a joué à Valence et à Newcastle, cela ne court pas les rues en Belgique. Le hic, c'est qu'Ignacio " Nacho " Gonzalez reste sur une saison blanche, consécutive à une grave blessure au genou face au Real Madrid avec Levante en tout début de saison. On avait craint le pire lorsqu'il dut quitter le terrain, après six minutes de jeu, contre Lokeren. Mais cette blessure-là était sans rapport avec la précédente et il est déjà d'attaque. " Une simple micro-déchirure musculaire. Rien de bien grave, et en tout cas sans commune mesure avec le long calvaire que j'ai enduré la saison dernière. J'avais joué trois matches avec Levante, où Valence m'avait prêté, puis je me suis rompu les ligaments croisés : six mois de rééducation. Suite à cela, mon prêt à Levante a été écourté et je suis retourné à Valence en janvier. J'ai encore pu m'entraîner avec le groupe, durant un mois et demi, en fin de saison, mais je n'ai plus rejoué. "NachoGonzalez : Oui, sans doute. Il me restait une année de contrat à Valence, où j'étais lié jusqu'en 2012, mais j'ai estimé qu'il était temps de jouer une saison complète, dans un rôle important. Cela n'aurait sans doute pas été possible à Mestalla, dans un club aussi ambitieux, où la concurrence est rude et où l'on n'a pas le temps d'attendre qu'un joueur retrouve toutes ses sensations. Je n'ai pas eu de chance au cours de ma carrière, surtout depuis mon arrivée en Europe. Jusqu'à mes 25 ans, moment où j'ai quitté l'Uruguay, je n'avais jamais rien connu de grave. Des petites blessures musculaires bénignes, comme il en arrive à tout footballeur, c'est tout. Depuis 2008, j'ai été victime de deux blessures importantes qui m'ont à chaque fois fait perdre un championnat entier. Celle au genou la saison dernière, et en 2008-2009, je m'étais rompu le tendon d'Achille alors que je défendais les couleurs de Newcastle. En tout début de saison également. J'espère avoir mangé mon pain noir. Tout est allé très vite entre Valence et le Standard. Du jour au lendemain, tout était réglé. J'ai cru comprendre, en effet, que si Valence a accepté aussi facilement de me céder au Standard, c'est parce que le club avait des vues sur le défenseur français. Après, ce qu'il s'est passé n'est plus de mon ressort. Tout à fait, ma blessure au genou est totalement guérie. Il ne me manque que le rythme de compétition. Forcément, je ne pourrai l'acquérir qu'en jouant. Je regrette d'autant plus d'avoir encore été freiné dans mon élan, contre Lokeren, alors que mes premières apparitions avaient été encourageantes. Avec, notamment, ce but égalisateur inscrit de la tête contre le FC Zurich. Plutôt positives. C'est clair, ce n'est pas le niveau des cinq grands championnats européens, mais c'est une bonne compétition. On touche moins le ballon qu'en Espagne et on court énormément. En Belgique, c'est un jeu plus direct, avec davantage de longs ballons, mais très exigeant sur le plan physique. Mes premières semaines n'ont pas été faciles, pour diverses raisons. Mentalement, cela a été dur de tourner le bouton, de quitter un beau club comme Valence et un championnat aussi prestigieux que la Liga. En plus, le temps n'était pas de la partie ici, ce qui ne m'a pas aidé. J'ai cru comprendre que vous avez connu un été pourri, en Belgique. En découvrant qu'il y avait 16 degrés en plein mois de juillet, je n'ai pas fait des bonds de joie. J'ai aussi dû m'habituer au fait que les gens autour de moi ne parlent pas ma langue maternelle, même si j'ai un peu appris le français durant mon passage de quelques mois à Monaco en 2008. Ces premiers moments de déprime ont toutefois été rapidement oubliés grâce à l'accueil. J'ai aussi été agréablement surpris par la qualité des infrastructures, à l'académie Robert Louis-Dreyfus notamment. La créativité a toujours été l'un de mes points forts, et j'ai cru comprendre qu'avec les départs de certains joueurs importants, c'est précisément ce qui manquait en début de saison. D'un point de vue plus général, j'espère aider l'équipe à retrouver son niveau des play-offs de la saison dernière, et contribuer au développement d'un jeu attrayant. Je pense être quelqu'un de positif. Pour l'instant, on est encore en pleine phase de reconstruction. Cela n'a pas été facile pour José Riga. Le coach a entamé la préparation avec des éléments qui sont ensuite partis. Progressivement, d'autres joueurs arrivent, mais la recherche d'un nouvel équilibre prend du temps. On doit encore apprendre à se connaître. C'est un défi qui m'intéresse. Et puis, j'aime gagner. Non, c'est sûr. Je veux dire : je ferai tout pour gagner. Lutter jusqu'au bout de mes forces, par exemple. J'ai beau être un joueur à dominance technique : un Uruguayen qui n'est pas combatif, cela n'existe pas. Ce côté guerrier fait partie de nos gènes. Gary, oui, mais aussi Alvaro Recoba, Marcelo Zalayeta et Edinson Cavani, pour ne citer qu'eux. Diego Forlán est aussi passé par là. Danubio a formé beaucoup de bons joueurs, qu'il n'a pas pu conserver. C'est le club uruguayen qui a le plus vendu, surtout après le titre de 2007. On estime qu'entre 30 et 40 millions sont entrés dans les caisses du club... qui, aujourd'hui, se retrouve déjà en difficultés financières. Où est passé cet argent ? Bonne question ! Je connais bien Kagelmacher, même si nous n'avons joué qu'un seul match ensemble à Danubio. Il est un peu plus jeune que moi et il a intégré l'équipe Première au moment où je suis parti. Je n'y ai passé que quatre mois, de février à mai. Ce fut une période difficile, on avait été concerné par la lutte contre la relégation jusqu'à quelques journées de la fin, lorsque quelques victoires nous ont finalement permis de nous sauver. Mais on apprend en toutes circonstances, et cette expérience n'aura pas été inutile. Elle a tourné court : deux matches, et out pour le reste de la saison. Ils sont un peu fous, là-bas : on court, on tackle, on se bat. J'ai vu des semelles pour lesquelles l'arbitre n'a même pas adressé de carton jaune. Par rapport à Monaco, c'est presque l'opposé : un public nombreux et fanatique, qui créé une ambiance phénoménale dans le stade. Et une ville au climat très froid, très pluvieux. Mais là encore, je n'ai pas connu une saison très heureuse : l'équipe est carrément descendue. Je garde surtout le souvenir des amis que je me suis fait là-bas. C'était un bon groupe, et j'étais surtout très proche des joueurs argentins du club : Ever Banega, Chori Dominguez, Tino Costa... Footballistiquement, c'était un niveau très élevé, avec un jeu très agréable. Cette saison encore, Valence participera à la Ligue des Champions. C'était aussi une très belle ville, où il fait bon vivre. Je n'ai pas connu cette époque-là, je suis arrivé en même temps qu'Unai Emery, qui est toujours l'entraîneur du club. D'après ce qu'on m'a expliqué, le vestiaire était effectivement très agité autrefois. Il n'a jamais été très calme à Valence, je ne sais pas à quoi c'est dû. Heureusement, durant la période que j'ai passée là-bas, je n'ai pas eu à me plaindre. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'on était tous amis, mais on était de bons collègues. J'ai joué le premier match, contre la France, comme titulaire. J'ai été remplacé après 70 minutes, puis je ne suis plus réapparu. J'ai néanmoins vécu une expérience formidable. L'Uruguay a réalisé une Coupe du Monde impressionnante et vient de confirmer, lors de la Copa América, que ce n'était pas le fruit du hasard. Devant mon poste de télévision ou sur internet, et forcément frustré de ne pas avoir été repris. Mais je ne pouvais rien espérer à partir du moment où j'étais resté huit mois sans jouer. J'ai suivi la phase de poule à Valence et la phase finale à Liège. Enthousiasmé par les prestations de mon pays. J'ai eu quelques coéquipiers au téléphone après cette victoire. C'est la 15e Copa América remportée par l'Uruguay. Aucun autre pays n'a fait mieux, sur le continent sud-américain. Bien sûr. Très importante. Les excuses sont faites pour s'en servir. Demandez aux Argentins s'ils sont contents d'avoir été éliminés en quarts de finale. L'Argentine n'a jamais trouvé le rythme dans ce tournoi. Il y avait pourtant de très bons joueurs, mais pas d'équipe sur le terrain. La pression était énorme pour les Argentins. Le Brésil, aussi, a été décevant. Je pense que ces deux pays vivent une période transitoire liée à un changement de génération. Neymar a du talent, mais il est encore très jeune. En partie, oui. Mais surtout, c'est le fruit de tout un travail entamé en 2006 par le staff technique dirigé par Oscar Tabarez. Il a formé un groupe très solidaire, aux valeurs humaines bien ancrées, qui a travaillé de manière très intelligente et qui n'a cessé de progresser. Cela n'a pas été simple au début. Lors de la Copa América 2007, où l'Uruguay a terminé 4e, il y a eu beaucoup de problèmes. Et la phase qualificative à la Coupe du Monde 2010 ne s'était pas déroulée au rythme d'un long fleuve tranquille non plus, puisqu'on a dû aller jusqu'aux barrages avec le Costa Rica. Le travail a fini par payer et tous les efforts entrepris ont été récompensés par ce magnifique Mondial sud-africain et cette consécration à la Copa América. Le championnat uruguayen est assez faible, même si Peñarol a atteint la finale de la Copa Libertadores, perdue face au FC Santos de Neymar. Mais l'exode des footballeurs n'est pas un phénomène nouveau. Il y a de nombreuses années que les meilleurs Uruguayens ont quitté leur pays pour traverser l'Atlantique : il y a eu Recoba, Pablo Garcia, Zalayeta, Chevanton. Le phénomène s'est encore accentué ces dernières années, et les Uruguayens jouent aussi dans de meilleurs clubs. Le niveau d'ensemble s'est amélioré. Il n'y a plus deux ou trois individualités, mais un groupe très homogène. Plus ou moins, oui. Au fil des ans, quelques joueurs plus jeunes ont rejoint le groupe, mais la base de 2006 est restée. C'est un groupe très équilibré, capable de produire du très beau football et qui s'appuie sur une bonne base tactique. Si l'Uruguay n'est plus uniquement une équipe de guerriers parfois violents, comme autrefois, elle a gardé ses caractéristiques d'excellente équipe défensive tout en pouvant compter de grands talents offensifs. Forlán est le meilleur footballeur uruguayen des dix dernières années : le type de joueur capable de décider de l'issue d'un match par une action dont il a le secret. Il peut encore tenir quelques années : il s'est toujours soigné et est encore en excellente condition physique. Il est capable de tenir jusqu'à la Coupe du Monde 2014 au Brésil. Le jour où il arrêtera, ce ne sera pas pour autant la fin des ambitions uruguayennes. Cavani et Luis Suarez sont beaucoup plus jeunes. Et derrière, il y a d'autres joueurs prometteurs, comme Abel Hernandez à Palerme. Le football est une religion en Uruguay. Les gens ne parlent que de cela. On joue partout et pour les jeunes, c'est un débouché très intéressant. C'est historique : l'Uruguay a organisé (et remporté) la première Coupe du Monde, en 1930, et l'a remportée une deuxième fois en 1950, au Brésil. Cela ne date pas d'hier, je vous l'accorde, mais depuis lors, le rapport des Uruguayens au football est devenu très fusionnel. Un nouveau Maracana ? ( Ilrit) Ce serait fantastique, mais il faut être réaliste : les temps ont changé et ce sera difficile. D'abord, il faudra se qualifier. On entame les éliminatoires en octobre. Le Brésil, lui, est qualifié d'office en tant que pays organisateur. C'est un adversaire coriace en moins. Mais ce ne sera pas facile malgré tout. C'est l'objectif, en effet. C'est l'une des raisons pour lesquelles je suis venu au Standard : en jouant régulièrement, j'augmente mes chances d'être appelé en sélection. Je croise les doigts pour être, enfin, épargné par les blessures. nPAR DANIEL DEVOS" Mentalement, cela a été dur de tourner le bouton, de quitter un beau club comme Valence et un championnat aussi prestigieux que la Liga. " " Je n'ai pas eu de chance depuis mon arrivée en Europe. "